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Helloween
  Unarmed - Best Of 25th Anniversary :: 5 janvier 2010

Il y a plusieurs raisons pour apprécier un groupe. On peut l’aimer pour la qualité de ses compositions. On peut aussi l’aimer pour ses grandes prouesses techniques. On peut même l’aimer pour son côté humoristique… mais il y a quand même une limite à ne pas se prendre au sérieux ! Il ne faudrait surtout pas prendre les fans pour des imbéciles. Mais quelle idée tordue le groupe Helloween a-t-il bien pu avoir de produire une aussi ridicule perversion des chansons qui représentent une immensité pour les amateurs de longue date ? La tâche de faire avaler les nouvelles versions en spectacle avec Andi Deris n’a-t-elle pas déjà été assez difficile ? Il fallait vraiment pousser l’audace plus loin ? Quel gâchis…


Lorsque l’on retourne la pochette de Unarmed, on croit n’avoir affaire qu’à une autre compilation des meilleurs succès du groupe… mais il en est tout autrement. En effet, ce qui se trouve sur cet album, ce sont des réenregistrements complets de plusieurs chansons tirées de toutes les ères d’Helloween. Les compositions ont été retravaillées de façon acoustique, en y ajoutant des influences diverses comme des saveurs purement folkloriques ou alors des orchestrations épiques. Oui, dite comme ça, l’idée aurait pu sembler intéressante mais encore aurait-il fallu que l’idée principale des compositions soit conservée.


Avouons-le immédiatement, il n’y a absolument rien de métal là-dedans ! L’essence même des chansons que nous aimons tous est totalement perdue. Quand le groupe semble être sur une voie prometteuse, il fout tout en l’air avec des arrangements si inappropriés que ça en devient déconcertant. If I Could Fly est une ballade à l’origine, n’est-ce pas? Comment Weikath et sa bande ont-ils réussi à ne pas faire une bonne version acoustique avec une ballade ? Non, au lieu de ça on a droit à des orchestrations commanditées par les petits claviers rouges Casio qu’on recevait pour Noël à l’âge de 3 ans et qui finissaient entre nos mâchoires édentées… Et ne parlons surtout pas du rythme pop-rock radiophonique qui brise toute la cadence de la pièce, ce serait gênant !


Heureusement, il y a quand même quelques petits passages intéressants sur l’album. Risquons-nous même jusqu’à dire qu’il y a une chanson réussie! En effet, Where the Rain Grows est drôlement bien exécutée lorsque comparée aux autres… peu importe ce que cette phrase peut valoir (!). The Keeper Trilogy comporte aussi quelques moments forts mais, encore là, il faut chercher bien loin! Entre le solo de percussion cabotin dans Future World et les La La La qui remplacent la mélodie du grand classique I Want Out, Helloween a vraiment manqué une bonne occasion de se taire. Oh, et puisqu’on parle de se taire… Andi Deris s’est bien payé notre gueule depuis les 5 dernières années. En effet, alors que plusieurs de ses plus grands supporters avaient fait paix avec la disparition de sa puissante voix rauque sur Keeper III et Gambling With the Devil, il a le culot de l’utiliser sur la nouvelle version de Forever & One. Deris, pour la prochaine tournée, tu es mieux de beugler à t’en époumoner parce que tu t’es vendu sur ce coup…


Une belle trahison, voilà ce qu’est Unarmed. Helloween est loin d’être le genre de groupe qui peut se permettre une fantaisie comme celle-là. Ce n’est pas comme s’il y avait un bon extrait radio pour sauver la mise et faire mousser les ventes quand même. En effet, Helloween doit pouvoir compter sur la loyauté de ses fans pour survivre et continuer d’avancer. La loyauté, ça va dans les deux sens…


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Critique par Fred Laroche
Note 4
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