J’imagine que tout le monde a été, ne serait-ce qu’un peu, intrigué par les dernières nouvelles concernant le prochain album de Metallica. Nul ne peut rester, en toute honnêteté, indifférent à ce groupe. Je ne crois pas, par contre, que les affirmations relatives à la saveur Master of Puppets en aient convaincu plusieurs. Malgré que Rick Rubin ait très bien compris ce qui a fait de cet album un classique et qu’il tente, probablement avec sincérité, de remotiver les musiciens, il n’en demeure pas moins un beau rêve dans lequel il ne faut pas placer trop d’attente.
Ces nouvelles, combinées au bla bla habituel entourant les nouvelles chansons de In Flames et Children of Bodom, me donne envi d’y aller de mon propre bla bla sur le sujet. Ainsi donc naît ce Dr. Metal qui a pour but de discuter du vieillissement des groupes de Metal (gardons le mot évolution pour les paléontologues). Qu’est-il arrivé à ces groupes qui subissent les foudres des fans ? Qu’est-ce que les groupes qui semblent être plus stables possèdent que les autres n'ont pas ? Pourquoi d’autres s’améliorent-ils en vieillissant ?
Certains diront que je manque d’originalité, car je vais commencer cette argumentation de la même façon qu’à l’habitude. Nous pouvons critiquer, discuter et reprocher autant qu’on veut ce que les groupes font, au bout du compte, c’est ce que les groupes veulent qui compte. Et ça, on ne le sait pas toujours. En fait, rarement... C’est donc selon cette optique que nous allons aborder le problème et voir où cela nous mènera.
Tentons premièrement de voir combien de catégories orthogonales d’individus nous pouvons identifier. Il est aussi possible qu’un individu puisse être exprimé à l’aide d’une combinaison de ces états (je dois m’ennuyer de mes cours de maths…).
1) Les égoïstes : Plaçons dans cette catégorie les individus qui font un travail d’artiste afin d’en retirer des profits personnels (matériels ou non).
2) Les opportunistes : Ici, nous aurons les groupes qui, pour une raison ou une autre, produisent un produit original et populaire.
3) Les idéalistes : On entendra par idéalistes, la catégorie de musiciens qui voient en la musique une forme d’expression qui doit être étudiée et raffinée.
4) Les symbiotistes : Bon… ce n’est pas vraiment un mot, mais ça signifie : qui se placent en symbiose avec la musique pour atteindre un objectif plus général.
En regardant ces catégories, je vois immédiatement la réponse au problème. Au fond de nous, nous aimerions que tous les groupes soient des idéalistes car c’est, en théorie, ce qui nous rapporte le plus à nous, les fans. Nous allons généralement en vouloir aux égoïstes et aux opportunistes, car ils auront des richesses que nous envions. Étant jeunes nous les idolâtrons, mais en vieillissant et en étant confrontés à la réalité de notre monde, nous leur en voulons intérieurement d’avoir tant de choses que nous désirons. Cependant, les groupes étant formés d’humains, il y aura une majorité d’égoïstes et d’opportunistes. Et il n’est pas certain que les rares idéalistes feront de la musique qui nous plaira. Petite note, la communauté métal n’ayant que très rarement affaire aux symbiotistes (contrairement au domaine classique par exemple), nous les laisserons de côté pour aujourd’hui.
Il ne faut pas non plus oublier qu’un idéaliste, face à la gloire et à la richesse, n’aura pas nécessairement la force de caractère pour demeurer intègre face à son art. Mais il est tellement facile de traiter James Hetfield de vendu ou Alexi Lahio de pute alors que nous jouons bêtement de la guitare devant notre ordinateur. Quels arrogants personnages que ces musiciens qui donnent à d’autres une musique aimée et qui nous laissent tomber. Où est la musique que nous aimons ? Nous ne voulons pas qu’ils profitent de leur popularité pour vivre dans l’excès, pour visiter le monde ou donner des concerts devant des foules immenses.
Ce qui n’aide pas notre cause, c’est que d’autres groupes réussissent tout cela en nous donnant ce que nous voulons. Il devient alors difficile de rester objectif et de laisser partir les groupes qui ne nous plaisent plus. La musique est une relation intime impersonnelle. Il faut comprendre qu’il s’agit d’êtres humains des deux côtés qui partagent une connexion émotionnelle sans se connaître. Je ne dis pas que nous devons être indifférents. Il est normal de ressentir de la frustration. Cependant, il faut prendre conscience de son origine et l’extérioriser de façon utile et ne pas embêter les gens sur les forums de discussion (hic).
Blague à part, je veux dire que nous laisserions aussi très probablement la popularité nous monter à la tête. Certains musiciens sont peut-être en effet des vendus et certains le sont peut-être volontairement. Et après ? S’ils aiment plus l’argent et les voyages que la musique, est-ce que ça en fait des monstres ? De plus, rien ne nous oblige à aimer ce qu’ils font ni à les encourager. Comme je le disais dans le dernier épisode de Métalogie, si personne n’aimait leur musique, ils ne seraient pas populaires… Donc, si Metallica, In Flames ou Children of Bodom sort un nouvel album qui ne vous dit rien, respectez ceux qui aiment ça et parlez-leurs en au moins sans les insulter. Car après tout, il y a tous ces gens qui semblent aimer ça. Dire que la musique est de la merde et que ces gens-là sont des épais dépasse le champ d’expertise de la plupart d’entre-nous il me semble.
- Steven Harbour