Mmmh? Pas évident de juger d?un groupe ou, devrais-je plutôt dire, d?une légende du métal telle que
Judas Priest. Il est autant plus difficile d?en faire la critique quand il n?est pas question d?en faire l?éloge. Ne devrions-nous pas tous slammer de joie au retour de
Rob Halford, le « Metal God » en personne? Ne devrions-nous pas aller tout de suite ressortir notre vieux perfecto et nos espadrilles à grosses langues puis lever notre poing dans les airs et clamer haut et fort « The Priest is back » !!?
Désolé, mais à l?écoute de
Angel of Retribution, je n?ai été que déçu de constater à quel point le groupe désirait retourner en arrière, afin d?effacer ses rides et de retrouver sa taille svelte d?antan. Oui, cet album aurait pu être la suite logique de
Painkiller. Ça sonne exactement comme du vieux Priest. Un peu trop vieux, même. C?est bien beau de retourner à ses racines, mais pas obligé de ressortir tous les vieux clichés et c?est ce à quoi l?on a droit avec cet album. Les conservateurs seront bien contents, mais ceux qui s?attendent à du nouveau seront vite déçus.
Il faut bien faire attention, ça reste quand même un très bon album mais pas au point d?être considéré comme étant mémorable.
Angel of Retribution n?est pas un nouveau
Painkiller, même s?il en est proche, et je dirais même qu?il est une coche en dessous d?un album comme
Jugulator. Je m?abstiendrai de parler du controversé
Demolition, mais Priest aurait quand même pu garder un peu de fraîcheur dans son style au lieu d?auto caricaturer ses bonnes vieilles années.
Techniquement, il n?y a rien à signaler. Le tout est impeccable. La production est solide et est à la hauteur de la réputation du groupe. On a le feeling des années 80? concocté avec toute la technologie des années 2000. La prestation de
Tipton et
Downing à la guitare ne laissera pas les puristes indifférents avec le retour des solos « old school » qui avaient été un peu délaissés sur les derniers albums. Seul le résultat de certaines compositions laisse un goût plutôt amer?
Des chansons clichées comme
Deal with the Devil,
Worth Fighting For,
Wheels of Fire et l?interminable
Lochness (tentative de chanson épique) sont loin de montrer
Judas Priest sous son plus beau jour. Bien que sans être mauvaises, elles sont plutôt? très ordinaires.
Par contre, le groupe est capable de nous démontrer qu?il est encore capable d?écrire des hits. Les fulgurants
Demonizer et
Hellrider (avec son intro de guitares en « tapping ») laisseront les fans sur le cul. Ces chansons sont visiblement plus énergiques et couillues comparées aux autres chansons. C?est davantage dans cette optique que le groupe aurait dû orienter son tir.
Angel of Retribution est un album qui frappe, peut-être pas aussi fort qu?on l?aurait souhaité, mais l?impact laisse tout de même des traces. Le tout rendu dans la pure tradition de
Judas Priest.