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Martyr
  Havoc in Quebec City :: 2 mai 2008

C’est bien connu, il aura fallu près de 5 ans au groupe Martyr pour nous offrir le successeur pourtant tant attendu à l’album Warpzone, paru en 2001. Après avoir fait le point avec ce que sont les priorités pour le groupe, les membres de la formation étaient prêts et déterminés à faire oublier la longue attente avec un album stellaire du nom de Feeding the Abcess. Puisque l’effort a eu l’effet d’une bombe au sein des amateurs de Martyr, il était plus que pertinent pour le groupe de profiter du nouveau vent dans ses voiles et d’offrir ce qui pourrait compter à la fois comme une compilation de leurs meilleurs succès, une musicographie complète et un recueil de matériel inédit. Ce document s’intitule Havoc in Quebec City et il s’agit du tout premier DVD de Martyr, enregistré le en avril 2007, à l’Impérial de Québec. Produit par les Productions Nantel et recueillant l’héritage d’un groupe actif depuis plus de 15 ans, est-ce que ce document sera à la hauteur des anticipations des amateurs du groupe depuis son annonce en 2007?

 

À première vue, avec plus de trois heures de contenu comprenant l’intégrale d’une performance survoltée à Québec, l’historique complet du groupe, des photos exclusives et 5 pièces tirées d’évènements bien propres au Québec, tout porte à croire que la cible aura bel et bien été atteinte. Havoc in Quebec City constitue un document monté de façon très professionnelle en accordant beaucoup d’importance à la qualité du contenu et à sa pertinence. À l’insertion du DVD dans le lecteur, il est possible de naviguer à travers un menu interactif aux saveurs de Feeding the Abcess, qui est très réussi d’ailleurs, pour sélectionner un des divers choix de contenu. Commençons donc le parcours avec le concert…

 

Enregistré à l’Impérial de Québec le 6 avril 2007 devant un peu plus de 300 personnes, le concert présente Martyr au sommet de sa forme, performant une sélection de pièces à la fois surprenante et nécessaire. Pas d’introduction, aucune attente, on démarre le chaos immédiatement avec Lost in Sanity, qui est probablement la meilleure pièce pour ouvrir un spectacle dans le répertoire de Martyr. Dès lors, on remarque la qualité de l’image, l’intensité de la performance et la puissance du mix audio réalisé par nul autre que Pierre Rémillard. Bien qu’un peu sombre par moment, l’image traduit bien l’ambiance de la soirée de Québec avec des prises de vue variées qui défilent à un rythme aussi frénétique que la bande sonore. Selon les goûts, peut-être certains seront un peu étourdis par la fréquence à laquelle les prises de vue changent. Évidemment, ces changements se font à des moments clés, suivant de près les diverses nuances de la musique martyrienne. Volontairement ou non, l’éclairage semble se conformer aux couleurs respectives des 3 albums studio de Martyr. Par exemple, Speechless est jouée sous un vert lugubre rappelant la pochette de Warpzone. Visuellement, l’effet est très efficace mais il semble que la chaleur des couleurs rougeâtres de Feeding the Abcess ait donné du fil à retordre à l’équipement entièrement numérique des Productions Nantel. La saturation des teintes plus chaudes réduit parfois l’expérience visuelle. Bien que cela était totalement hors du contrôle de l’équipe de caméramans, la situation aurait pu être évitée avec une meilleure balance d’éclairage ambiant et frontal complémentaire. Là où l’équipe aux caméras avait peut-être un meilleur contrôle sans y avoir porté une attention particulière, c’est au niveau du cadrage des prises de vues. Capturées dans le cœur de l’action, sur le parterre, les images sont très serrées et ne montrent souvent qu’une partie de ce qui se passe sur la scène. Heureusement, ces quelques maladresses sont vite compensées par une alternante de plans variés et interactifs. Soulignons aussi la précision de la caméra frontale qui met en évidence Daniel Mongrain dans ses élans de rage vocale les plus intenses.

 

Bien entendu, un spectacle n’est jamais seulement que visuel alors voyons donc ce que Pierre Remillard aura su faire avec la performance déjà précise de Martyr. D’abord, il est important de souligner qu’un bon nombre des amateurs est composé de gens qui sont eux-mêmes musiciens et qui scrutent au peigne fin les performances du groupe. Le rendu des compositions de Martyr saura satisfaire le plus exigeant des perfectionnistes tant le groupe est précis dans son exécution. De plus, le mix stéréo présente la musique d’une façon qui n’avait jamais été disponible avant la parution de Havoc in Quebec City. En effet, les guitares étant distinctivement séparées sur le canal gauche et droit, l’auditeur peut vraiment découvrir la subtilité des jeux de guitare dans la musique de Martyr. La structure rythmique et la voix se fondant à merveille dans une balance presque neutre, les jeux de guitares obtiennent une définition et une précision optimale. L’expérience se voit doublement impressionnante à travers une bonne paire d’écouteurs stéréo!

 

Toujours en ce qui a trait aux performances en spectacle, les cinq titres bonus présentent le groupe à différents moments dans différents évènements célèbres de notre belle scène québécoise. Puisqu’il s’agit ici de matériel supplémentaire, ne jugeons pas trop rapidement la qualité visuelle discutable de Carpe Diem, enregistrée à l’édition 2006 du festival Woodspunx, de Baie St-Paul, puisque la performance est tout aussi précise et intense. Également enregistrée à Québec, la performance de Speechless au festival Envol et Macadam 2006 montre encore une fois très bien la fougue et l’énergie de Martyr. Les véritables bijoux cependant, ce sont les enregistrements de The Fortune-Teller au Trois-Rivières Metalfest et de Brain Scan au Medley de Montréal. En plus d’offrir deux pièces supplémentaires à une sélection déjà complète, ces enregistrements présentent deux moments historiques et uniques dans l’héritage de Martyr.

 

Finalement, il serait totalement injuste de négliger la portion documentaire puisqu’il s’agit probablement du plus bel attrait du DVD. À travers le franc parler purement québécois de multiples invités et des membres du groupe eux-mêmes, l’histoire entière de Martyr est racontée de façon exhaustive en ordre chronologique. Bien qu’il y ait une forte dose d’humour et d’anecdotes savoureuses, le contenu reste entièrement pertinent. La seule facette de la carrière de Martyr qui semble avoir été mis de côté est l’expérience du groupe en sol international. Il aurait été intéressant de voir la perception du groupe de la scène américaine après y avoir mis les pieds à quelques reprises.

 

Malgré le fait que la grosse majorité des amateurs de Martyr soient des Canadiens francophones, le DVD comporte une traduction sous-titrée en anglais pour le marché international. S’il en est fait mention dans cette critique, c’est simplement pour souligner la justesse et le rendu de l’expressivité de notre langue dans les sous-titres. Qui aurait cru que l’enthousiasme de Breen Leboeuf pouvait si bien se traduire en anglais?

 

Avec Havoc in Quebec City, Martyr clôture un chapitre de son histoire qui dure depuis plus de 15 ans. Pour les amateurs de longue date, ce DVD offrira une belle balade sur le boulevard des souvenirs. Les néophytes, quant à eux, y trouveront réponses à toutes leurs questions et auront droit aux meilleurs succès de Martyr enregistrés en spectacle. Sans révolutionner le monde du DVD musical, il demeure néanmoins un ajout obligatoire à votre collection.


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Critique par Fred Laroche
Note 8.5
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