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Sacrifice
  The Ones I Condemn :: 5 août 2009

Pourquoi se fait-il que la plupart des groupes de métal canadien des années 80 à 90 aient atteint un statut de « culte » avant même de réellement connaître la célébrité? Quelle que soit la réponse à cette question, ce phénomène leur aura valu une horde des amateurs de musique les plus loyaux : ceux de la scène underground. Alors que certains groupes ont réorienté leur carrière pour viser un marché plus lucratif, d’autres ont dû se dissoudre et laisser leurs supporteurs attendre leur retour triomphant. C’est en 2006 que la scène métal canadienne accueillera un retour tout aussi inespéré qu’attendu, celui de Sacrifice. Après avoir eu un grand succès avec son spectacle de réunion, le groupe se montrait à la fois très conservateur et discret au sujet des projets à venir. Pourtant, nous voici en 2009, avec un nouvel album à écouter. Pour plusieurs amateurs de thrash metal, The Ones I Condemn sera l’album à battre cette année!

Pour les initiés, ce nouvel album est exactement tout ce qu’il devait être afin de faire honneur au nom et l’héritage de Sacrifice. On pourrait même pousser l’audace à dire que si un seul nom devait être cité comme influence pour la musique sur The Ones I Condemn, il faudrait obligatoirement que ce soit celui du groupe lui-même! Vu le personnel à l’œuvre ici, il est facile de croire que l’album ressemble d’avantages aux plus vieux efforts du groupe qu’à Apocalypse Inside, par exemple. Mais qu’est-ce que cela peut-il bien vouloir dire pour les non-initiés?

Premièrement, il faut savoir que Sacrifice est une formation de thrash. Ne cherchez pas de préfixe éloquent ou de suffixe moderne, il en n’est rien! Rob Urbinati est sûrement l’un des guitaristes de thrash les plus ingénieux pour avoir réussit donner à la scène une collection de riffs tantôt très techniques, tantôt plus accrocheurs, mais toujours précis et exécutés à la perfection. C’est donc exactement de cette façon que le contenu de l’album se fait amener avec l’introduction We Will Prevail, qui rappellera Forward to Termination sur l’album du même nom ou My Eyes See Red sur Apocalypse Inside, à l’effet que c’est une courte chanson qui, malgré sa faible quantité de paroles, défini très bien l’ensemble des dix titres sur The Ones I Condemn. Sur la pièce titre, qui suit immédiatement, Rob Urbinati crache son venin en prouvant que l’âge n’a absolument rien enlevé à son agressivité. En fait, il fait presque oublier les effets abusifs dans la voix sur Apocalypse Inside en employant un style de chant beaucoup plus cru. On remarque que l’approche n’est pas exactement aussi technique que sur Soldiers of Misfortune mais la précision et les riffs accrocheurs sont au rendez-vous.

En général, la vitesse est frénétique. Même la quelque peu progressive The Great Wall, qui commence de façon plutôt lourde et lente, s’emballe pour atteindre une vitesse plus qu’appréciable. Que ce soit les lignes de basse percussive de Scott Watts, l’assaut double de Rob Urbinati et Joe Rico à la guitare ou même les tapages de Gus Pynn, rien ne semble avoir été affecté, ni par l’âge, ni par la séparation prolongée. Les performances sont extrêmement organiques et la production est fidèle au son qui caractérise Sacrifice, et le thrash par le fait même. Pour les inconditionnels de cette musique rapide, la pièce titre, Hiroshima et The Devil’s Martyr seront un vrai délice. Il faut d’ailleurs mentionner l’apport du guitariste invité Jed Simmons (Strapping Young Lad, Tenet), dans la dernière, avec son barrage de trémolo à la guitare qui ferait rougir un certain Kerry King.

Finalement, lorsqu’on sait à quoi s’attendre, The Ones I Comdemn est définitivement un excellent album qui ne comporte pas vraiment de mauvaises pistes. Par contre, certaines des tentatives à la progressivité ajoutent des longueurs à l’album. Par exemple, Tetragrammaton et Desolation Alive sont quelques minutes plus longues qu’elles n’auraient dû l’être réellement. Sans être ratées pour autant, on a tout de même l’impression de devoir lever le pied alors qu’on roule à vive allure sur l’autoroute. Heureusement, ces moments sont vites passés et l’agressivité revient en force.

Alors que des jeunes groupes comme Toxic Holocaust, Warbringer et Hatchet surprennent avec une approche drôlement intéressante sur une musique qui ne date pas de la même génération que leurs membres, les vrais maîtres, ceux qui ont vécu, mangé et saigné le métal alors que nous nous demandions encore si c’était saint d’en écouter, reviennent en force avec des efforts comme The Ones I Condemn. Pour Sacrifice, c’est un nouveau chapitre d’un héritage pratiquement sans tache.


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Critique par Fred Laroche
Note 8.5
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  Auteur Fred Laroche
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