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Hammerfall
  No Sacrifice, No Victory :: 30 mars 2009

Il devient de plus en plus difficile de critiquer un nouveau disque de Hammerfall tant ils se ressemblent. En fait, j’aurais pu prendre une ancienne critique, changer les noms des pièces et le titre du disque, que l’essentiel du propos serait demeuré vrai. Exagéré ? Bon d’accord, peut-être un peu. N’empêche que Hammerfall, avec un septième album intitulé No Sacrifice, No Victory, confirme son appartenance à la liste des groupes qui sortent toujours un album passablement égal au précédent et au suivant ; un peu comme avec Dragonforce (c’est l’exemple le plus probant qui me vient en tête), on prend le vieil album, on le donne à son petit frère et on le remplace par le dernier. C’est parti !

Ce septième opus s’ouvre avec l’extrait ayant fait l’objet d’une vidéo promotionnelle, Any Means Necessary. Malgré la production sonore optimale, la chanson est générique et le refrain vengeur vous fera peut-être lancer la serviette dès le départ. Même cas de figure pour la seconde Life is Now, qui prend des airs lurons à la vieux Helloween. Décidément, ça commence plutôt mal pour ce No Sacrifice No Victory… espérons que le titre soit porteur de sens pour la suite de l’écoute !

Il ne faudra pas attendre trop longtemps avant d’entendre un vrai bon morceau de Hammerfall à la Heeding the Call des belles années. Legion s’amorce sur une trame ridicule de rugissements gutturaux venus des fins fonds des abysses, mais la chanson est vraiment bonne et l’excellent chanteur Joacim Cans donne des ailes à un refrain accrocheur au possible qui reprend presque toute l’intégralité du Petit Manowar Illustré (vous savez bien, le dictionnaire du métal épique). Pour l’innovation on repassera, reste que Legion est désormais la bienvenue après un  début d’album  qui tombe plutôt à plat. Et juste comme on pense que les bons moments sont déjà finis, c’est l’inévitable ballade qui s’amène sur une intro d’orgue très sombre. Cependant, c’est là une des plus belles surprises de ce disque, la poignante et très réussie Between Two Worlds, encore une fois portée à bout de bras par le flamboyant Cans. Une pièce qui rappelle sans peine l’excellente Glory to the Brave de 1997 qui a fait frémir toute une génération de true-metalleux !

Lentement mais surement, la situation se redresse et culminera au son de l’incroyable Something for the Ages, une pièce instrumentale pleine de gueule, l’unique apport du nouveau guitariste d’expérience Pontus Norgren à l’album. Jamais Hammerfall n’aura sonné si grandiose et « métal », si je puis m’exprimer ainsi. Même instrumentale, c’est le genre de pièce qui plante le reste de l’album au complet. Comme un coup de pelle en pleine face.

Cette phénoménale montée en puissance aura toutefois le défaut de rendre le reste du disque cruellement banal, notamment la pièce titre qui a tout de même une certaine valeur mais qui ne parvient pas à renverser la vapeur. Rajoutez à cela la « toune de marteau » Bring the Hammer Down et une reprise ô combien inappropriée du hit commercial My Sharona de The Knack, et vous obtenez une fin d’album passable mais qui ne comporte aucun moment fort. Une meilleure organisation des titres sur l’album aurait indéniablement changé toute la dynamique et rendu l’expérience d’écoute plus uniforme.

Il serait tout de même injuste de prétendre que No Sacrifice, No Victory est un mauvais album ; dire qu’il est inégal serait plus adéquat. En plus, le groupe ne cesse de fracasser ses records de ventes en Europe grâce à cet album… peut-on prétendre que nos cousins des vieux pays ont cessé d’évoluer ? Je pense plutôt que c’est l’intarissable désir de « nouveau », «d’original » et de « fraîcheur » nord-américain qui nous aveugle et qui nous fait parfois oublier ce qu’est le métal simple, efficace et sans compromis.


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Critique par Jérôme St-Charles
Note 7
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