Prochain spectacle :: CDM (Québec) :: BCI (Montréal) Dernière confirmation: Kreator/Exodus (13/04/2009)  
   


Akercocke
  Antichrist :: 2 février 2008

Figure plus ou moins connue du death / black à tendance progressive, Akercocke nous présentait en 2007 un cinquième album fort judicieusement intitulé Antichrist. Groupe plutôt controversé s’il en est un, les Londoniens de Akercocke livrent une mouture plutôt étrange de death métal technique à la six cent soixante-sixième vitesse, parfumée de sections atmosphériques originales baignées dans des sonorités peu conventionnelles pour ce genre de musique.

 

Dès les premières secondes de Antichrist, il semble évident que la troupe pro-Satan anglaise, qui existe depuis une dizaine d’années, maîtrise bien l’art de créer des ambiances qu’on pourrait qualifier de spéciales. Prétextes à une démarche artistique poussée, des fonds de bruits parasites ajoutés ou des lectures de révélations apocalyptiques sont semés au fil des pièces, ce qui confère à l’œuvre un petit côté sombre et lugubre.

 

Du côté strictement musical, on oscille entre trois pôles : le death / black ultra rythmé « claque dans’ face » à la Behemoth, la complexité brutale et inattendue de constructions similaires à ce que fait Martyr, et la mélodie de passages acoustiques chantés qui rappellent vertement Opeth. L’amalgame de ces trois genres est plutôt réussi ; l’album s’écoute aisément et possède une unité certaine. Pour rajouter encore plus de couleur, des intermèdes de musique tribale, pour ne pas dire carrément païenne, sont insérés entre les pièces. Enfin, le chant de Jason Mendonca est extrêmement varié ; on pourrait croire à plusieurs chanteurs tant il parvient à modeler sa voix entre le cri death ultra guttural, le rauque agressif mélodique et le chant doux et clair, presque murmuré.

 

La production de Antichrist surprend par sa basse fidélité. Les guitares sont à l’avant-plan mais demeurent floues et scabreuses ; on perd une bonne part de l’ingéniosité du jeu. Une basse timide et dynamique vient toutefois arrondir le tout, pendant que la batterie, sèche et sans relief, bat la cadence tellement vite qu’on jurerait que tout est déphasé. Les « blast beats » et les roulements de grosse caisse se confondent dans une cacophonie hallucinante ; la précision en prend pour son rhume. Mais, il faut l’admettre, ce mélange sablonneux de sonorités aussi insupportables que captivantes parvient à fournir à l’album une personnalité unique.

 

Comme je l’ai évoqué plus haut, Antichrist est un album qui semble évoluer dans une visée bien précise. On sent que le moindre petit effet est étudié et volontaire, pour la plus grande gloire de Belzébuth. En effet, une oreille attentive décèlera des textes excessivement crus, vulgaires, sexuels, sataniques et engagés (dans le sens le plus noir du terme). Je n’aimerais pas être la groupie qui va rencontrer Akercocke dans les coulisses après un spectacle… De plus, la signature visuelle du groupe va à l’encontre de ce à quoi nous ont habitué d’autres groupes « sataniques » comme Gorgoroth ; pas de « corpsepaint », de bracelets cloutés, d’armes médiévales ou de mutilations. Au contraire, pour les musiciens de Akercocke, c’est chemise, cravate et veston. Encore plus inquiétant, si vous voulez mon avis…

 

Antichrist est un album que tout amateur de bon métal extrême devrait essayer. Malgré ses nombreux défauts, j’estime que l’écoute en vaut la peine, ne serait-ce que pour connaître Akercocke et prendre conscience qu’il existe bien des recettes pour faire de la musique de fou ! Pour les moins téméraires, sachez qu’Antichrist est aussi paru en édition limitée avec deux excellentes reprises en bonus : Chapel of Ghouls de Morbid Angel et Leprosy de Death !

  Information   Description
Critique par Jérôme St-Charles
Note 7
Profil du groupe Akercocke
Toutes les critiques de Akercocke
  Auteur Jérôme St-Charles
  Note 7
  Profil Akercocke
  Toutes les critiques de Akercocke
 
  Page 1 2 3 9