Saint Deamon est un jeune groupe formé de musiciens d'expérience. D'origine à la fois suédoise et norvégienne, la formation est le fruit de l'éclatement de la formation Dionysus. Le premier album, In Shadows Lost from the Brave, est un effort considérable qui, malheureusement, arrive dix ans trop tard...
Le Heavy/Power métal, malgré une santé plutôt chambranlante, parvient tout de même à nous surprendre régulièrement grâce à la ténacité des groupes qui refusent de le voir mourir. Saint Deamon fait certainement partie de cette catégorie et nous projette dans le passé à la douce époque de Hammerfall, Sonata Arctica, Helloween, etc… Une chose est claire, pour faire du bon Power métal, ça prend de bonnes compositions. Bien sûr, de gros orchestres et des invités peuvent aider la cause, mais pour une courte durée seulement. On l’a entendu et vécu au cours des dernières années… Saint Deamon ne tombe pas dans le panneau et se concentre sur le métal.
Au niveau de la guitare, pas de surprise. L’exécution est juste, mais on ne fait pas de détour pour nous en mettre plein les oreilles. Au niveau du chant, on a droit à un style très standard dans le créneau. Cependant, malgré qu’il ait un timbre de voix assez typique, Jan Thore Grefstad est un excellent chanteur qui surprend par sa maîtrise, par sa puissance et par sa versatilité. C’est vraiment au niveau du chant qu’on réussit à gagner des points.
Au niveau de l’écriture, on n’a pas pris de risques et on évolue dans un environnement très familier avec des structures qui sont parfois prévisibles. Cependant, comme le tout est fait très humblement et que la qualité et l’intégrité sont au rendez-vous, on se laisse facilement embarquer par plusieurs chansons (My Judas, The Burden, No Man’s Land et Run for your Life par exemple) qui auraient toutes pu être des classiques à une certaine époque.
Je dis à une certaine époque car c’est en effet l’impression que j’ai en écoutant Saint Deamon. Si cet album avait vu le jour en 1997, il se serait certainement frayé un chemin sans problème aux côtés des autres groupes de Power de l’époque. Cependant, plus de dix ans plus tard, est-il possible d’y croire encore? Maintenant que la bulle de l’orchestral fantastique a fait son temps, il est difficile pour un groupe comme Saint Deamon de se démarquer. Le Power métal est un style plutôt froid qui ne laisse pas beaucoup de place aux textures et à la subtilité. Il faut que les mélodies prennent le dessus. Nous vivons hélas à une époque où les « features » dominent et où le contenu est relégué aux oubliettes.
Malgré que In Shadows Lost from the Brave soit aussi bon que plusieurs de ses prédécesseurs, il n’a pas la chance de profiter de la vague d’engouement de la fin des années 90. Il plaira donc aux amateurs du genre et va planer sous le radar en ce qui concerne le reste de la communauté. Est-il encore possible de trouver du nouveau Power métal intéressant en 2008? Oui. Saint Deamon en est un bon exemple. Il s’agit d’une formation sérieuse offrant un album uniforme et de qualité, se débarrassant des clichés et ne tombant pas dans le superflu.