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Royal Hunt
  Paradox II: Collision Course :: 17 juin 2008

Tel un joyau oublié dans un tas de pierres semi-précieuses, la formation danoise Royal Hunt scintille de plus belle avec la parution d’un neuvième effort studio intitulé Paradox II – Collision Course, dix ans après la sortie bombastique de Paradox qui l’a fait connaître à sa juste valeur. Présentant depuis toujours un métal progressif riche à forts accents néoclassiques, le groupe émerge une fois de plus des oubliettes et s’impose comme un incontournable aux côtés des Dream Theater, Symphony X et cie. Voici l’histoire d’un groupe qui a réussi à survivre dans un océan sursaturé de compétiteurs de toutes sortes… mais comment ? La chasse est ouverte !

 

Piloté depuis le début des années 90 par le claviériste moscovite Andre Andersen, le groupe Royal Hunt aura connu plusieurs incarnations, particulièrement au niveau du chant (citons les sommités D.C. Cooper et John West, rien que ça !) avant de voir le vétéran Mark Boals prendre le contrôle du micro. Fort de son expérience avec Yngwie Malmsteen et Ring of Fire, c’est avec une confiance désarmante qu’il donne toute sa personnalité à ce Collision Course. Sans être complètement indispensable, Boals parvient à ajouter ce petit bonus à l’amalgame musical colossal que constituent les dix titres de cet album franchement génial. 

 

Accumulant les mélodies et les thèmes accrocheurs et mémorables, l’album coule tout d’un bout comme une entité à savourer de la première à la dernière note. Bien que chaque chanson puisse se tenir debout toute seule sans aucun problème, l’écriture incite à une écoute soutenue et ininterrompue au travers de sonorités allant du power métal bien pesant aux orchestrations néoclassiques originales, en passant par des sections hard rock de la vieille école. Tout cet ensemble est extrêmement viable et bien ficelé, rehaussé encore une fois par la performance inspirée de Boals. Les arrangements vocaux superbes élèvent les compositions – toutes excellentes – à quelques pouces au dessus de la réalité. Le clavier d’Andersen, principal compositeur, demeure étonnamment subtil et bien placé ; on aurait pu être tenté de le mettre plus en avant, mais son importance reste discrète et non exagérée. La guitare n’a pas une place principale au sein de l’album, malgré un jeu vraiment approprié et plusieurs solos à donner des frissons dans le dos. La basse, quant à elle, détient une position privilégiée et pertinente, dominant la section rythmique lourde, la plupart du temps à la remorque des bass-drums mais toujours dans un souci d’ajout au « mood » global de chaque pièce. Il faut dire que l’ensemble sonore est extrêmement dense et compact pour du métal à tendance progressive, mais la première écoute n’est pas pour autant déstabilisante. En effet, on a opté pour une production grandissime et large, aux frontières entre un son un peu chaotique d’aréna et la réverbération naturelle d’une voûte de cathédrale.

 

Paradox II – Collision Course poursuit son exploration d’un thème très sérieux et mature, celui de la religion et de la perception de Dieu au cours des époques et des lieux. Les paroles et le titre de l’album évoquent le plus souvent la cassure qui existe entre la pratique occidentale – le christianisme – et celles d’ailleurs, notamment l’islam et le judaïsme. À cet effet, on entendra des chœurs plus grands que nature et de l’orgue d’église, du clavecin, mais aussi du sitar et des percussions exotiques. Bien que les sujets abordés par un disque ne guident que très rarement mon jugement, je dois reconnaître le travail de composition et de recherche derrière les mélodies vocales qu’on adopte dès la première écoute.

 

Je n’hésite pas à placer Paradox II – Collision Course parmi les albums majeurs de 2008 dans le créneau du métal mélodique à saveur progressive. C’est efficace, impressionnant, intelligent, frais et puissant ; comment ne pas aimer ça ? Un vrai monstre dans son genre, ce neuvième album de Royal Hunt réjouit par sa force d’impact après quelques albums plutôt moyens depuis 2000. Allez-y, n’ayez pas peur et préparez-vous à savourer en boucle cet authentique bijou de musique. « Cause they replaced religion with the rock » : Difficile d’imaginer des paroles plus convaincantes !


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Critique par Jérôme St-Charles
Note 9
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