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Children of Bodom
  Blooddrunk :: 11 mars 2008

Ah, tous ces groupes qui deviennent un peu trop gros, trop rapidement pour les amateurs qui veulent absolument conserver le privilège d'écouter leur musique pendant qu'elle est encore méconnue. Children of Bodom fait partie de ces formations qui se retrouvent sous les projecteurs à chaque action posée. Le périple autour de Blooddrunk commence par la sortie de la vidéo pour la pièce titre de l'album qui a littéralement soulevé un scandale quand les masses d'amateurs de métal y ont aperçu, couteau entre les dents, une ESP ornée d'un lignage rose. Dès ce moment, une chose est devenue claire, Children of Bodom n'a plus rien de métal!

 

Assez le ridicule! La seule chose que la musique de Children of Bodom a faite avec les années est de devenir de plus en plus lourde et agressive. Blooddrunk continue exactement dans la même ligne que ses prédécesseurs. Depuis Are You Dead Yet? on a pu remarquer que les compositions comportaient de moins en moins d’influences néo-classiques qui avaient pourtant charmé tant d’amateurs à la sortie d’Hatebreeder. Sur Blooddrunk, il y en a encore moins. Pire encore! Il y a maintenant des dissonances malsaines pour rendre le métal de Children of Bodom encore plus violent. Malgré toutes les différences, l’essence du groupe est encore omniprésente sur l’album. Alexi Laiho demeure un compositeur extrêmement efficace quand vient le temps d’écrire un succès.

 

Vous êtes invités à une fête, il y a des centaines de personnes dans la salle et vous entrez en défonçant la porte avec un char d’assaut qui arrête sa course dans la collection d’œuvres d’art de votre hôte. L’image est claire? C’est comme cela que l’album ouvre! Hellhounds On My Tail ouvre le bal à une vitesse encore que très peu exploitée par les finlandais. Un poignet aussi précis que celui de James Hetfield, qui se fait aller à la vitesse de celui de Kerry King, voici ce qu’il aura fallu pour jouer le riff principal de la pièce en question. Ensuite, on passe aux choses sérieuses : Blooddrunk poursuit l’assaut de façon certes moins rapide mais combien plus pesante et efficace. Gageons que le refrain de la pièce titre fera lever plus d’un poing et déployer plus d’une gorge en spectacle.  

 

Pour poursuivre la tradition, il fallait bien un morceau avec un titre comportant un jeu de mot avec Bodom. À cet effet, l’album poursuit avec Lobodomy, une pièce qui a été écrite sous l’influence d’une frustration sociale intense. Non, le contenu lyrique de Children of Bodom n’a toujours pas évolué. On a encore droits aux recueils de poésie enragée d’Alexi Laiho qui la chante avec une haine peu commune. Encore une fois, la voix du chanteur et guitariste de la formation fait un pas en avant. Les paroles sont de plus en plus claires et la voix semble avoir de plus en plus de couleurs. Rappelons qu’il est difficile de déceler de la mélodie dans le style criard de voix employée par Children of Bodom. Pourtant, Alexi pousse son venin avec un dynamisme qui était inexistant sur les premiers efforts du groupe.

 

Bien que les trois premiers morceaux soient excellents, Blooddrunk comporte quand même ses failles. La première se nomme One Day You Will Cry. La pièce se résume à une absence de riff accrocheur, des jeux de guitare douteux, un refrain peu entraînant mais un sacré bon solo de clavier, qui ne réussit malheureusement pas à sauver la chanson. Avec Smile Pretty for the Devil, la vitesse revient et il semble que l’inspiration l’accompagne. Malgré sa courte durée, la pièce laisse place à un savoureux échange de solos entre le clavier et la guitare comme Children of Bodom sait si bien le faire.

 

Autrement, Blooddrunk comporte d’autres excellents morceaux qui se rendent justice lorsque pris comme ils sont présentés, sans pour autant laisser leur marque sur le reste du catalogue de Children of Bodom. Tie My Rope et Banned From Heaven sont deux bons exemples de pièces qui s’écoutent bien sans nécessairement être des succès. La dernière surprise de l’album réside dans l’envoutante Done With Everything, Die For Nothing. En effet, cette pièce au tempo modéré comporte un riff mélodieux répété de façon presque hypnotique qui en fait une solide composition qui reste dans la tête.

 

Assez! C’est le temps de rembarquer dans le char d’assaut et de poursuivre le carnage puisque l’album conclut exactement de la même façon qu’il a commencé : à la vitesse frénétique d’une droite à la mâchoire! Roadkill morning est une autre pièce qui fait sa marque. Somme toute, Blooddrunk est un autre excellent chapitre dans la discographie de Children of Bodom qui saura rencontrer les attentes des amateurs du groupe et mettra le feu aux poudres parmi les détracteurs. Bref, du bon Children !

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Critique par Fred Laroche
Note 8
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  Auteur Fred Laroche
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