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Cooper Alice
  Along Came a Spider :: 29 juillet 2008

Comme un cauchemar récurrent, il semble que le roi de la controverse, Alice Cooper, ne disparaîtra jamais complètement. Même si on semble parfois le perdre de vue lorsqu’il lance un album légèrement en dessous des standards de qualité auxquels il nous a habitués, ce chanteur de rock « guenillard » semble toujours revenir avec une nouvelle histoire tordue mariant l’épouvante, l’amour et la controverse d’une façon aussi malsaine qu’appréciable. C’est armé de huit pattes velues et d’un appétit insatiable qu’Alice Cooper nous offre son nouvel opus, Along Came A Spider. Quand on sait à quoi s’attendre de la part de Cooper, ce nouvel album ne peut pas vraiment décevoir, mais il ne ramènera pas pour autant la pesanteur de Constrictor ou l’énergie de Raise Your Fist and Yell.

 

Roulant un peu sur le pilote automatique depuis quelques années déjà, Alice Cooper semble toujours parvenir à élargir son catalogue de succès afin de renouveler son répertoire en tournée. Along Came a Spider ne fait pas exception, il comporte quelques excellents tubes. Le premier titre, par exemple, est un excellent morceau de rock des plus crasseux, évoquant les belles années d’Alice Cooper de par sa sonorité et ses forts accents accrocheurs. L’ambiance ne demeure pas ainsi longtemps. En effet, la lourde et envoûtante Vengeance is Mine ajoute une saveur à cheval entre le grunge et le stoner. La carrière d’Alice Cooper remonte à si loin qu’il est normal de retrouver des influences temporelles remontant aussi loin que les années 60 dans ses compositions. D’ailleurs, le prochain titre, Wake the Dead, semble être un clin d’œil à cette décennie et les groupes l’ayant marquée. Bien que les paroles ajoutent un aspect humoristique, voire sarcastique, au concept selon lequel Alice Cooper incarne un meurtrier émulant la façon de chasser des araignées, la pièce n’est pas aussi solide que les deux précédentes. En fait, à peine plongé dans l’album, on semble déjà aux prises avec le terrible remplissage dont souffre plus d’un album d’Alice Cooper.

 

Le milieu de l’album est assez consistant. Avec Catch Me if You Can, (In Touch With) Your Feminine Side et Wrapped in Silk, le tempo ainsi que l’intérêt semblent demeurer constants même si les pièces paraissent souffrir d’un manque d’impact. Au moins, le facteur accrocheur est présent et les pièces en question permettent au concept d’évoluer afin de laisser l’ambiance s’installer pour ce qui pourrait être l’un des meilleurs morceaux de l’album : Killed by Love. Il se pourrait qu’un certain McCartney ait eu une certaine influence sur ce cher Alice lorsqu’il a écrit cette excellente ballade. L’intérêt demeure de façon plus ou moins constante jusqu’à la fin, avec des titres soit passables, soit tolérables. L’album se termine donc de façon correcte, sans pour autant avoir rassasié totalement les amateurs les plus exigeants. Il est un peu ironique de voir Alice Cooper incarner un personnage qui semble  incapable de satisfaire son appétit pour le meurtre sur un album qui laissera ses fans sur leur faim…

 

L’ambiance, la production et le son de Along Came a Spider sont bien exécutés. L’histoire tordue d’Alice Cooper est bien racontée et bien illustrée. Musicalement, toute la place est laissée à la voix nasillarde d’Alice pour qu’il puisse chanter sa prose déjantée sur huit pattes. D’ailleurs, il semble que la performance musicale soit un élément résolu depuis longtemps dans la musique d’Alice Cooper. Ce n’est pas sur Along Came a Spider qu’on pourra entendre des solos mémorables joués sur une guitare pouvant également faire office de lance-flammes!

 

Certainement mieux que Brutal Planet, peut-être inférieur à Dirty Diamonds et définitivement moins consistant que Raise Your Fist and Yell ou Hey Stoopid, Along Came a Spider est un album qui s’harmonise bien avec le matériel récent du chanteur à sensations. Avant de l’écouter, il est important de savoir à quoi s’attendre : de l’humour noir, de l’ambiance, de la simplicité et quelques tentatives à l’efficacité. Gageons que les titres les plus marquants de cet effort prendront tout leur sens en spectacle! Pour être une bonne araignée, il faut emprisonner, tuer et manger…


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Critique par Fred Laroche
Note 7
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