Winds of Plague Against the World
Critique par
Fred Laroche

Date de la critique: 9 juin 2011
Compagnie de disque: Century Media
Date du publication: 19 avril 2011

Pour plusieurs amateurs de métal qui ne connaissent le groupe que de nom, Winds of Plague est le groupe avec la « chicks aux keyboards ». Même en se plongeant dans la musique du groupe, on remarque que cette dernière n’est pas seulement qu’une belle figure de proue pour les photos promotionnelles du groupe mais une influence majeure sur le son de Winds of Plague. Après avoir pris une légère tangente musicale sur The Great Stone War, Winds of Plague est de retour avec un album qui se veut un très bon pas vers l’avant, mais qui n’amènera pas le groupe à la ligne d’arrivée nécessairement.

Pour faire une histoire courte, Against the World est pas mal une version améliorée de ce que Winds of Plague a à offrir en termes de musique. Avec plus de variations au niveau des arrangements vocaux, des structures plus accrocheuses et une orchestration qui habille bien les chansons, on sent que le groupe est de plus en plus en maîtrise de son art. Par contre, que ce soit en image ou dans la musique, on dirait que le groupe oscille toujours entre l’être et le paraitre. C’est d’ailleurs le côté le plus dérangeant de l’album. Il y a tellement de passages qui semblent forcés qu’il serait surprenant que les amateurs de métal qui n’ont pas déjà une affinité avec tout ce qui est « core » aient vraiment envie d’approfondir leur écoute.

Donc, tout porte à croire que Winds of Plague vise, avec son nouvel album, le public qu’il s’est créé au cours des années tout en lançant un cri rassembleur à la scène Hardcore, de laquelle le groupe se rapproche davantage. C’est exactement à cet effet que Winds of Plague demeure un groupe original. Certes, les saccades sur la grosse corde ont été faites à l’épuisement et il y en a encore tout un char sur Against the World, mais l’addition des passages symphoniques de clavier vient ajouter un vent de fraîcheur indéniable à la musique. D’ailleurs, Against the World est certainement l’album sur lequel les orchestrations sont les mieux employées. Tous les passages de clavier ont vraiment bon goût et sont pas mal moins ringards qu’ils étaient sur les albums précédents. Prenez juste l’introduction de l’album ou la pièce Most Hated en exemple, c’est bien fait, ça coule bien et ça donne le ton mélodique aux chansons du groupe.

Une autre amélioration se situe au niveau du chant de Johnny Plague. En plus de son chant inhalé facilement reconnaissable, Johnny exploite davantage le cri hardcore dans ses refrains, rendant le tout plus dynamique et participatif pour les spectacles à venir. Bien que Winds of Plague soit souvent classé sous la bannière du deathcore, il ne faut pas s’attendre à y entendre un abus de la guitare de concierge que l’on entend souvent dans ce style. Vous savez, les guitaristes qui passent tellement de temps à balayer leur manche qu’ils feraient une faveur à la musique avec un grand M en attrapant une serpillère et laisser les pauvres gammes tranquilles? Eh bien il n’y a pas de ça sur Winds of Plague. Mis à part un blast beat par-ci par-là, c’est d’ailleurs pourquoi le groupe est beaucoup plus proche du hardcore traditionnel que du deathcore. Les structures sont très simples et fluides et sont principalement supportées par des refrains rassembleurs comme celui de One for the Butcher, entre autres.

Il n’y a pas de doute, Winds of Plague démontre beaucoup de maturité sur Against the World et le résultat est très positif, mais la crédibilité du groupe est constamment mise à l’épreuve vu la quantité d’éléments qui sont soit clichés à mort, ou forcés maladroitement. Pas besoin d’écouter bien longtemps pour en témoigner, l’introduction de l’album comporte un « breakdown » et celui-ci se répète au début de la première pièce, One for the Butcher. Dire qu’il fut un temps ou les « breakdowns » étaient bien utilisés. C’est encore une chance que le groupe puisse profiter de l’apport du clavier parce que les passages de danse du robot sont encore beaucoup trop nombreux et insipides pour que la musique ait une profondeur appréciable autrement. Entre les saccades répétitives et ses allures de dur à cuire à tattoos, Winds of Plague a l’air d’un produit d’une scène qui jouit d’une belle effervescence auprès de la relève de la musique lourde et aura de la misère à se départir de celle-ci. Dommage, considérant que le groupe détient tout de même une formule qui soit relativement originale, sur papier.

Le quatrième album de Winds of Plague est indéniablement le mieux travaillé que le groupe a fait à ce jour. Bien qu’il y ait des groupes beaucoup plus distinctifs dans la scène moderne, Against the World demeure un album amusant et divertissant. Si la simplicité et la répétitivité ne sont pas des éléments qui vous agacent, il se peut même que cet album soit une révélation pour vous.

7

1
Raise the Dead
2
One for the Butcher
3
Drop the Match
4
Built for War
5
Refined in the Fire
6
The Warrior Code
7
Against the World
8
Monsters
9
Most Hated
10
Only Song We're Allowed to Play in Church Venues
11
California
12
Strength to Dominate