U.D.O. Rev-Raptor
Critique par
Steven Harbour

Date de la critique: 12 juin 2011
Compagnie de disque: AFM Records
Date du publication: 20 mai 2011

Pauvre Udo Dirkschneider.  Il essaie tant bien que mal de faire la promotion de son nouvel album, Rev-Raptor, et tout le monde ne fait que lui parler d’Accept (a-t-il écouté l’album ? le trouve-t-il bon ? regrette-t-il de ne pas en avoir fait partie ?). Je ne suis pas au fait de tous les potins et je ne sais pas si je dois me dire « Bien fait pour toi, ça t’apprendra » ou avoir de la compassion pour un musicien qui doit vivre dans l’ombre de son ancien groupe.  On a beau ne pas vouloir en parler, avec le monstre qu’Accept a lancé l’an dernier, on ne peut y échapper.

Pour ceux qui viendraient de se joindre à nous, l’histoire d’U.D.O. suivant le (premier) départ d’Udo d’Accept a suivi le chemin de la plupart des groupes de cette époque : des classiques dans les années 80, des moments à oublier dans les années 90 et un lent retour à la vie dans les années 2000.  La résurrection d’U.D.O. fut plutôt tardive (2007) avec l’excellent Mastercutor.  Nous en sommes déjà au troisième album depuis et U.D.O. a toujours le gaz au fond.

L’album commence avec la pièce titre et je ne m’attends à rien de moins lorsque j’écoute un album de bon, de pur et d’incorrompu heavy metal : du 4/4 rapide, intense qui fait hocher de la tête et qui fait monter la testostérone pour l’heure qui suit.  Lorsque je regarde le logo puissant et métallique d’U.D.O. et la pochette de l’album, c’est exactement ça que j’ai le goût d’entendre et c’est-ce qu’on nous livre. L’album comporte 13 chansons qui sont bien balancées entre balades, mid-tempo et rapidité.  U.D.O. était le roi de la « power balade » gênante qui arrive comme un cheveu sur la soupe à travers du puissant heavy metal. Cette fois on y échappe puisque les chansons plus lentes restent des pièces de heavy metal et évitent les clichés (le meilleur exemple est l’excellente I Gave as Good as I Get).

Une constante depuis Mastercutor est le son de guitare très « fuzzy » utilisé.  Je n’en suis vraiment pas un fan et le tout résulte en une production qui semble bien nue et mince.  Tout sonne très bien, mais on entend qu’il n’y a pas eu un effort de production derrière l’album semblable à ce qu’on entend chez la compétition.  Après toutes ces années, j’ai toujours l’impression qu’on a droit à la production d’un projet solo fait pour le fun entre deux albums véritables…

J’ai aussi l’impression qu’il manque un peu de travail au niveau du jeu des guitares. La base est très bonne, les idées sont là, mais il manque un petit plus (définition des riffs, solos et cie) que je retrouvais par le passé (par exemple, le jeu de guitares sur Faceless World était tout simplement hallucinant). D’un autre côté, on retrouve toujours le même flair pour les refrains mémorables et les mélodies accrocheuses qui sauvent la mise.  Les thèmes, l’imagerie et la musique convergent vers un tout qui dégage à la fois le sérieux du métal, mais aussi un côté « funny » (Dr. Death, Motor-Borg) qui est parfaitement mesuré et exécuté sans tomber dans le cabotinage impertinent (tousse-Edguy-tousse).

En terminant, la seule chose qui ne permette pas à cet album de monter au même niveau que Blood of the Nations est le fait qu’il dégage une atmosphère « rétro » due à la production, à la sonorité choisie et à la finition.  L’album d’Accept est CE QUE DOIT ÊTRE un album de heavy métal aujourd’hui. Rev-Raptor est un bon album de heavy métal en 2011, mais qui aurait pu paraître n’importe quand au cours de la longue carrière d’Udo Dirkschneider…

7.5

1
Rev-Raptor
2
Leatherhead
3
Renegade
4
I Give As Good As I Get
5
Dr. Death
6
Rock 'N' Roll Soldiers
7
Terrorvision
8
Underworld
9
Pain Man
10
Fairy Tales of Victory
11
Motor-Borg
12
True Born Winners
13
Days of Hope and Glory


Dominator
2009