Primal Fear Unbreakable
Critique par
Jerome St-Charles
''Une force d'impact aussi convaincante qu'un percuteur hydraulique dans le front d'un blanchon...''

Date de la critique: 30 janvier 2012
Compagnie de disque: Frontiers
Date du publication: 24 janvier 2012

Ah, Primal Fear. Toujours bien foutu mais jamais au sommet, le quintet allemand poursuit sa course comme un panzer effréné, laissant sur son chemin des tympans écorchés, des cous luxés et des dents brisées, mais surtout un impressionnant éventail de clichés tous plus admirables les uns que les autres : cuir, motos, voitures, feu, périples interstellaires, cataclysmes, armes à feu, aigles, motifs camo, acier… Juste : wow. C’est à en pleurer de rire et d’émerveillement à la fois, on ne sait plus trop.

Unbreakable, c’est le titre donné au neuvième album de la formation au parcours sans faille mais sans coup d’éclat. Et la tradition se poursuit. Ils auraient le slogan « Primal Fear, providing generic steel since 1998 » qu’on ne saurait être moins loin de la vérité. Je ne vous surprendrai donc pas en disant que cet album est puissant et accrocheur mais ô combien prudent. Comme son prédécesseur et comme son successeur, Unbreakable enligne les assauts heavy/power construits sur des riffs simples, de la gratte prévisible, des mélodies vocales connues, des refrains rassembleurs, bref, du fuckin’ réchauffé réconfortant. Tiens, un autre slogan pour eux : « Primal Fear, comfort sound for metalheads! »

Histoire de rehausser un peu le niveau d’analyse de cette critique, notons une performance vocale époustouflante de Ralf Scheepers, qui semble s’améliorer avec l’âge (le gars est rendu à 46 ans), mais qu’on sent toutefois très technique et pas aussi passionné qu’il l’a déjà été. C’est d’ailleurs cet aspect un peu machinal dans l’exécution générale que l’on sent : une perfection dans la technique mais un manque flagrant de tripes. Dommage, puisque quelques morceaux sont réellement bien réussis malgré un agencement élémentaire des figures de base du heavy métal.

La dynamique de la sélection proposée varie entre le power métal rapide et le mid tempo redondant en passant par l’épique de plusieurs minutes. On n’atteindra toutefois jamais le niveau de Fighting the Darkness, Nuclear Fire, Mind Control, Final Embrace ou Seven Seals, pour ceux qui connaissent bien le back-catalogue du groupe. Mais on s’en approchera fréquemment sur Unbreakable.

Étrange dualité donc que la recette des Allemands de Primal Fear : une simplicité déconcertante mais une force d’impact aussi convaincante qu’un percuteur hydraulique dans le front d’un blanchon. On ne se pose pas de questions et on se prépare pour les longs périples en voiture dans la voie de gauche, une brique sur l’accélérateur et le volume au fond.

7



16.6 (Before the Devil Knows You're Dead)
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