Mayan Quarterpast
Critique par
Fred Laroche
''Quarterpast ne parviendra pas à rencontrer l'étendue du potentiel qu'il promettait d'avoir''

Date de la critique: 23 août 2011
Compagnie de disque: Nuclear Blast
Date du publication: 20 mai 2011

Tous ceux qui ont déjà entendu Epica ont certainement déjà remarqué les influences passagères de Death Metal mélodique dans la musique du groupe, tout spécialement sur les plus récents albums. Les fans d’Epica savaient donc tous que ce n’était qu’une question de temps avant qu’un projet connexe, exploitant davantage cet aspect, ne fasse surface. Arrive donc Mayan, le groupe du guitariste d’Epica, Mark Jansen, dans lequel il occupe la position de guitariste et chanteur principal. Ayant déjà fait ses preuves en tant que compositeur grâce à son travail avec Epica, il ne reste plus qu’à voir comment Mark s’en sera tiré pour cet album, intitulé Quarterpast, que Mayan a étiqueté comme étant un opéra de Death Metal symphonique.

D’entrée de jeu, malgré l’appellation « opéra », on remarque qu’un très fort accent a été mis sur l’aspect instrumental de l’album. Bien que les voix occupent une très grande place sur l’album, le niveau de complexité des compositions et les performances sont un peu plus remarquables que dans Epica. Les riffs emploient des accords plus recherchés et les compositions montrent des progressions un peu plus complexes que dans les chansons de Death Metal mélodique typiques. À ça s’ajoutent des voix très bien agencées qui racontent les textes de cet album concept sur la culture Maya avec beaucoup de conviction. Le tout semble prometteur, certes, mais il semble que Quarterpast ne parviendra pas à rencontrer l’étendue du potentiel qu’il promettait d’avoir.

Tout d’abord, attardons-nous au terme « death metal opera ». Mis à part la voix grognée de Mark Jansen sur l’album, qui est d’ailleurs ennuyeusement monotone et basse, il n’y a absolument rien d’un opéra de death proprement dit, que ce soit au niveau de la variété ou du personnel. À la place, le côté opératique est accompli par la panoplie de chanteurs et chanteuses qui viennent apposer leur voix chantée sur la musique de Mayan. Ça sonne familier? …exactement! La recette de métal symphonique avec des voix claires a été faite à l’épuisement. La seule chose que Mayan apporte de plus à l’équation est son côté technique. À ce niveau, il y a vraiment plusieurs passages intéressants, comme la pièce d’ouverture, Symphony of Aggression, ou alors la tuerie que propose la pièce Bite the Bullet, mais encore là, il y a d’autres occasions où le groupe ne fait que répéter ses bonnes idées au lieu de les multiplier.

Côté production, on est devant quelque chose d’assez rafraîchissant, à vrai dire. Bien qu’il faille s’y faire l’oreille au départ, la production offre un bel équilibre entre la musicalité, la pesanteur, l’émotion et la douceur. Le ton de la guitare est juste assez doux pour ne pas empiéter sur les autres instruments et les accents très intéressants du clavier et des orchestrations sont bien amenés à l’avant plan. La fraîcheur dans la production est surtout dans son côté légèrement imprévisible, qui fait que certains passages sont très atténués alors que, musicalement, c’est l’apocalypse. Nous en arrivons donc à une production multicouche qui a été mise au service de la musique.

Quarterpast offre donc une collection de titres de métal symphonique qui ne semble pas avoir beaucoup de nouveauté à offrir si ce n’est de la production et de l’ambiance de l’album, engendrée par les thèmes. Les performances sont honnêtes mais les vraies vedettes de l’album ne sont pas celles que nous aurions cru voir briller avec une formation réunissant des membres d’Epica et d’Obscura. Néanmoins, Mayan offre un album qui mérite les quelques écoutes requises pour bien l’apprécier.

7

1
Symphony of Aggression
2
Mainstray Of Society - In the Eyes of the Law: Corruption
3
Quarterpast
4
Course of Life
5
The Savage Massacre - In the Eyes of the Law: Pizzo
6
Essenza Di Te
7
Bite The Bullet
8
Drown The Demon
9
Celibate Aphrodite
10
War On Terror - In the Eyes of the Law: Pentagon Papers
11
Tithe
12
Sinner's Last Retreat - Deed Of Awakening