Iced Earth Dystopia
Critique par
Steven Harbour
''En tout et pour tout, on a finalement droit Ó un album d'Iced Earth qui sonne comme du Iced Earth.''

Date de la critique: 18 octobre 2011
Compagnie de disque: Century Media
Date du publication: 1 novembre 2011

Wow, je dois dire que ça fait une éternité que je n’avais pas été aussi anxieux et énervé d’entendre un nouvel album d’Iced Earth.  Cela fait exactement 10 ans. Depuis, John Schaffer a beaucoup tripoté la « franchise » et j’ai perdu de vue le groupe que j’avais déjà tant aimé. Schaffer est comme le George Lucas du métal. Par contre, Schaffer n’est pas devenu riche avec son premier album.  Lorsqu’il s’est mis à parler de ne faire que des festivals et que rien de bon ne sortait du retour de Barlow en 2007, je croyais vraiment qu’Iced Earth était fini.

Lorsqu’il a réenregistré Dante’s Inferno, j’avais le goût d’hurler ! Non mais, ça suffit les compilations, les albums live vieux de 5 ans, les remasters de remasters, les covers, les hommages, les box set qui ne contiennent rien de nouveau, etc.  Cette fois au moins la raison était de recréer une « click track » pour pouvoir jouer la chanson en spectacle. Disons qu’il (Schaffer) était en probation. Il remet toujours tout en question et le groupe n’avance pas, tout le monde claque la porte ou se la fait montrer. Là il s’en va embaucher le chanteur d’Into Eternity.  Déjà que je trouvais que Tim Owens n’avais pas trop livré la marchandise et qu’il n’avait pas su conserver la saveur Iced Earth (oui c’était une bonne performance, mais ça ne respectait pas la « franchise », Demons and Wizards sonnait plus Iced Earth que Glorious Burden), je ne me doutais vraiment pas que nous allions recevoir le meilleur Iced Earth depuis Horror Show.

Premièrement, Stu Block, nouveau et probablement futur ex-chanteur, est parfait.  Lorsque j’ai entendu la nouvelle version de Dante’s Inferno, j’ai pardonné tous ses péchés à Schaffer.  Certains disent qu’il tente d’imiter Barlow (à la demande de Schaffer ?). Je ne sais pas, mais je n’ai pas cette impression. Je crois plutôt que Stu Block est capable de chanter dans tous les registres et que ça leur permet d’appliquer la recette « Iced Earth » aux arrangements vocaux et le résultat parle pour lui-même. Lorsqu’il chante seul et qu’il n’y a pas trois/quatre étages d’harmonies, on ne le confond pas du tout avec Barlow. Il est beaucoup plus agile dans les registres intermédiaires et aigus que ses prédécesseurs. Sa performance est plus contrôlée, mieux articulée et plus variée. Il n’est pas aussi « badass » que Barlow, mais dans les circonstances, on ne pouvait demander mieux.  Il a bien repris le flambeau et réussi à faire vivre le son que Barlow et Schaffer avaient créé, ce qu’Owens n’avais pas pu faire à mes yeux.

Par contre, l’album précédent avait Barlow derrière le micro et c’était le plus gros somnifère qu’Iced Earth a jamais produit.  J’étais donc toujours sceptique, mais avec une petite palpitation au cœur. J’appuie sur play.  Après 4 secondes, je croyais que l’album commençait avec une reprise d’Am I Evil. Heureusement, on a plutôt droit à Dystopia, pièce titre, qui regroupe en six minutes tout ce qu’il y a de bon du vieux et du nouveau Iced Earth et nous le balance en pleine figure et sans retenue. Est-ce que le reste de l’album est si efficace ? Pas vraiment.

De façon générale, Iced Earth revient à une formule d’album plus simple s’apparentant à Dark Saga ou Something Wicked. On a droit à des chansons rapides, lourdes, épiques, mid tempo et à deux ballades. On a droit à l’ensemble complet. C’est une très bonne chose car, mis à part Night of the Stormrider, j’ai toujours trouvé que c’était dans les deux albums mentionnés plus haut qu’Iced Earth s’était le plus illustré par sa diversité et son efficacité à livrer des chansons poignantes, puissantes et accrocheuses. Par contre, nous n’avons pas droit à autant d’excellence cette fois-ci.  Dystopia et Dark City sont excellentes et ensuite ça varie entre du bon et du très bon. Point positif, il n’y a pas, pour le moment, de chansons qui m’ennuient.

Anguish of Youth est la « I Died For You » de l’album et Days of Rage la « Violate ».  Par contre, Days of Rage semble avoir été composée rapidement simplement pour pouvoir dire qu’il y avait une chanson de triolets trop rapide « comme dans l’temps »… End of Innocence est plus originale, mais ça ressemble beaucoup à du Evergrey par moments. Mais bon, si ça prend Iced Earth pour faire une bonne chanson d’Evergrey, je vais la prendre… Notez finalement qu’une fois de plus nos amis les distributeurs nous incitent à acheter l’édition spéciale qui n’est pas spéciale pantoute. On a droit entre autres à deux compositions supplémentaires et c’est ce qui pour moi représente l’album complet. Il y a donc la version des pauvres, la version complète et la version pour ceux qui se rentrent le t-shirt dans les jeans et qui veulent se montrer la boucle de ceinture (… don’t break my heart, my icy Iced Earth heart…).

En tout et pour tout, on a finalement droit à un album d’Iced Earth qui sonne comme du Iced Earth.  C’est plus mélodique, mais ça reste en ligne avec la tradition. Le seul problème d’Iced Earth en est un de cohésion, de stabilité, de fraternité et d’inspiration. Ok, ce sont peut-être quatre problèmes, mais qui peuvent s’écrire Sc-ha-ff-er. J’aimerais vous dire que tout va repartir en montant, que Stu va devenir le chanteur officiel, que le groupe va faire une superbe tournée à la suite de laquelle un autre album encore meilleur va voir le jour, mais à moins de voir Paul le Poulpe aller se poser sur la tête de Stu Block, je vais me retenir de faire des prédictions.

8

1
Dystopia
2
Anthem
3
Boiling Point
4
Anguish of Youth
5
V
6
Dark City
7
Equilibrium
8
Days of Rage
9
End of Innocence
10
Soylent Green
11
Iron Will
12
Tragedy and Triumph
13
Anthem


Plagues of Babylon
2014
Live in Ancient Kourion
2013
The Crucible of Man
2008
Framing Armageddon
2007
Overture of the Wicked
2007
The Glorious Burden
2004