Dans la scène métal québécoise, voire canadienne, peu de gens n’ont jamais entendu parler d’Utlagr. Le groupe avait fait énormément parler de lui avec son démo Traditions Normandes qui fut réimprimé professionnellement avant même la parution de 1066. Voici que la troupe païenne nous présente, deux ans plus tard, une offrande complète digne des grosses ligues.
Le groupe s’autoproduit et si on ne lisait pas l’information dans la pochette, on n’y croirait pas. Le son est riche et parfaitement équilibré. C’est le batteur et le guitariste/compositeur qui ont accompli la lourde tâche d’enregistrer et de produire ce disque. Utlagr comporte trois guitaristes. D’emblée, cela semble superflu vu la simplicité des harmonies. Par contre, la présence de cette troisième guitare est sans doute un des principaux facteurs de la richesse du son.
Les chansons se ressemblent parfois entre elles. D’ailleurs, quand j’ai entendu Verden, tirée de Traditions Normandes, je me suis demandé si c’était une ressemblance ou si c’était bien Verden. Donc, l’ambiance est assez uniforme tout au long de 1066. Les pièces sont encore très rapides et la batterie joue toujours excessivement vite. Certains passages sont d’ailleurs à la limite du vraisemblable. Monsieur Fortin possède sans doute un troisième bras.
Une pièce ou deux se démarquent avec quelques nouveautés surprenantes, mais cet album est foncièrement semblable au démo. Utlagr est fortement influencé par les groupes suédois et scandinaves en général. Les comparaisons sont nombreuses, mais la plus commune se fait avec le légendaire Dissection. Utlagr excelle dans l’utilisation de fortes mélodies épiques.
Bien que le titre de ce disque et la présentation de celui-ci soient anglophones, les paroles de plusieurs chansons sont en français. Peu de groupes osent encore écrire dans leur langue maternelle lorsque cette langue n’est pas l’anglais. Dans l’optique conceptuelle traitant des traditions et de la culture néo-française, il était nécessaire de le faire. Je leur lève mon chapeau.
« Iron and Blood in Hastings » est disponible en digipack uniquement. Ce dernier est très attrayant quoique plutôt primaire. Mettez la main là-dessus si vous aimez les Dissection, Dawn, Vinterland et autres formations black mélodiques suédoises.