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Rage
  Carved in Stone :: 27 janvier 2008

En 2008, il n’est plus nécessaire qu’un album soit l’archétype même de l’originalité pour avoir la cote. L’innovation est devenue risquée ; obtenir la faveur populaire par la nouveauté est devenu un jeu bigrement dangereux. Cependant, rares sont ceux qui disent ne pas aimer le changement… paradoxe ? Peut-être! La vérité, à mon humble avis, c’est plutôt que les consommateurs de musique métal ont développé un réflexe, alors qu’ils sont submergés par une vague de groupes de toutes sortes et tous acabits ; celui, parfois très agaçant, de tirer à boulets rouges sur tout ce qu’ils n’aiment pas, au lieu de mettre en relief ce qui leur plait vraiment. Pour le « créateur » de métal avisé, il est donc légitime de contourner la fâcheuse probabilité d’être crucifié sur les forums et dans les magazines, en y allant d’une musique plus « prudente », directe et sans fla-fla. Un bon exemple ? Carved in Stone. Rage.

 

Mélodies abrasives, martelage gratuit, virtuosité lourde et abusive, vitesse et efficacité brute : Carved in Stone vous rentrera dedans telle une boule de démolition en feu qui fonce dans une réplique du mont Rushmore en bâtons de pop-sicle. Puis-je être plus clair ? Heavy métal moderne dans sa forme la plus pure, Carved in Stone passera sans doute au second plan des « gros » albums de l’année… mais ceux qui auront pu s’en délecter s’en souviendront longtemps – et quittes pour une bonne visite chez le chiro.

 

Comme je le postulais en introduction, Carved in Stone est un album qui surprendra par sa grande crudité. Dix pièces, trois quarts d’heure de bon métal tout usage signé Victor Smolski et Peavy Wagner. En fait, cet opus aurait pu figurer intégralement comme la suite logique des dernières pièces de Speak of the Dead, qui étaient très rectilignes dans leur approche. Donc, très peu d’orchestrations ont été amalgamées aux pièces, peu de claviers, bref, que de la guitare, de la basse, des mélodies et des accompagnements vocaux en quantité industrielle et des percussions signées Andre Hilgers, nouveau membre de Rage et digne successeur de Mike Terrana. Son travail est absolument irréprochable.

 

Alors que les quatre ou cinq albums précédents de Rage donnaient autant de place aux compositions de Smolski que de Wagner, Carved in Stone voit la proportion basculer. En effet, Victor Smolski (celui à qui on a demandé de composer la totalité des chansons de l’album compilation Into the Light pour les 20 ans de Nuclear Blast… pas n’importe qui) a écrit presque toute la musique sur Carved in Stone. Pourtant, celui qui a fait renaître l’aspect orchestral de Rage s’adapte admirablement bien au style inimitable de Peavy Wagner. Smolski ne s’énerve pas trop, reste relativement sobre, se contentant d’utiliser des effets courants appliqués à des riffs simples et accrocheurs. Pour ce qui est de la voix, Wagner se surpasse avec des mélodies on ne peut plus mémorables.

 

Carved in Stone est donc un album qui plaira à tous les amateurs de heavy / thrash bien rythmé et surtout, bien mélodique. Ceux qui affectionnaient particulièrement le côté symphonique de Rage seront probablement déçus ; la fibre grandiloquente que procurait   le Lingua Mortis Orchestra a presque complètement disparu. C’est un peu la même chose en ce qui a trait aux sons un peu futuristes qui pimentaient Speak of the Dead. Carved in Stone se classe aisément aux côtés de Unity et de Soundchaser, bien qu’il soit plus pesant et moins tape à l’œil que ces derniers.


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Critique par Jérôme St-Charles
Note 8
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