Un nouveau projet mettant en vedette Dino Cazares n’a aucun autre choix que de générer un certain intérêt au sein de la communauté métal, surtout si on y ajoute le nom de Tim Yeung à la batterie. Ce duo de choc complète la formation Divine Heresy avec la voix versatile de Tommy Vext au chant. Certes moins connu, ce dernier offre toutefois un apport tout aussi important au groupe avec la lourde tâche de placer des lignes vocales sur la défonce des deux autres. Le résultat est foudroyant. Voici donc l’analyse de ce qui pourrait bien être la révélation 2007 en matière de musique extrême.
La première chose qui frappe à l’écoute de Bleed the Fifth est la précision dans l’exécution et la production de l’album. Comme si le poignet de Dino Cazares était directement lié aux jambes capables de Tim Yeung, l’assaut rythmique de Divine Heresy est aussi juste que les coups d’une mitrailleuse bien réchauffée. L’impeccable production permet d’apprécier pleinement le jeu subtil de la batterie à travers les riffs abrasifs et accrocheurs et ce, parmi tous les changements de rythme que comportent les compositions. Le tout est tellement bien exécuté que l’absence de solos de guitare rend l’impact des chansons encore plus important. Il n’y a pas de longueur, que du bon métal bien rendu.
De son côté, Tommy Vext livre une performance vocale très diversifiée pour coller aux humeurs changeantes de la musique de Divine Heresy. L’ennui avec ce dernier, c’est que son approche ne semble pas toujours être la bonne pour se marier correctement à la musique. Bien qu’il n’y ait rien à redire sur l’efficacité de son vocal enragé, il semble que les lignes chantées soient plus ou moins bien exécutées. Parfois trop modulée et dépourvue de mélodie réelle, la voix plus propre de Vext détourne l’attention alors qu’elle devrait rester dirigée vers l’agressivité de la musique. Heureusement, cela n’est qu’à moitié vrai puisque cette voix semble bien fonctionner sur Failed Creation, alors que Savior Self est un parfait exemple d’hybride que n’atteint pas la cible.
Puisque Dino en a été une grosse partie, la comparaison avec Fear Factory est inévitable. Surtout en considérant les quelques influences industrielles omniprésentes sur le disque, Bleed the Fifth pourrait très bien être le chaînon manquant après la sortie de Demanufacture, au centuple de la pesanteur. Bien que la recette soit sensiblement la même, le guitariste prouve qu’il en est le chef en servant 10 plats de sa sauce homologuée droit dans la figure de l’auditeur. À qui donc s’adresse cet album ? Aux nostalgiques des belles années de Fear Factory ? Aux amateurs de Deathcore actuel ? Aux fans de musique brutale peut-être ? En fait, toutes ces réponses sont justes. Divine Heresy est le parfait exemple d’un métal bien exécuté et produit en puisant au maximum les ressources disponibles de nos jours. Ne retenez pas votre souffle, le métal est loin d’avoir dit son dernier mot.