Avec la réédition sur Galy Records des deux albums que sont
Imagery et
A passage into Forlorn, le groupe montréalais
Neuraxis nous prouve qu?il joue désormais dans la ligue des grands. Pas qu?il soit question d?une musique révolutionnaire ; on a un death-grind guttural et gras à souhait, intelligent et complexe, un peu à la
Cryptopsy. Toutefois,
Neuraxis a conservé, au fil de ses 10 ans d?existence, un style unique. C?est ce qui lui a permis de se démarquer et de tourner un peu partout au pays, chez nos voisins du sud, de même que sur le vieux continent.
Imagery / A passage into Forlorn, c?est plus d?une heure de brutalité extrême. 22 pistes plus deux entrevues nous permettent de cerner le groupe à la perfection. Les morceaux sont assez courts, trois minutes en moyenne. Mais on s?imagine difficilement comment ils pourraient durer plus longtemps tant les musiciens se déchaînent: l?intensité dont le groupe fait preuve en studio est une qualité qui fait défaut chez plusieurs groupes. Trop souvent, on ne sent pas cette fougue et cette passion qui donne une coche de plus à un album.
Neuraxis est un monstre en studio autant que sur scène.
En globalité,
Neuraxis a un style relativement plat. Les chansons se ressemblent assez pour qu?un extrait de vingt secondes rende son identification quasi impossible. Je nuance toutefois mes propos, puisque la complexité des arrangements donne une diversité remarquable. Il faut être attentif aux nombreuses subtilités. Et que dire des interludes acoustiques qui sont simplement excellents, qui s?imbriquent à merveille dans la violence folle des autres chansons.
A passage into Forlorn abonde dans cette voie ; c?est carrément meilleur qu?
Imagery. Le son s?y est d?ailleurs beaucoup amélioré.
Je suis assez difficile côté Death québécois, je ne peux rien y faire.
Neuraxis est cependant un des groupes qui m?attire le plus, de par son intelligence structurale, sa gratuité et son talent brut.
Imagery et
A passage into Forlorn réédités sur un seul cd est l?album à vous procurer pour les découvrir, pour autant que vous soyez un vrai craqué de death-grind, et pas trop capricieux sur le son?