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Wacken Open Air 2008
  1 août 2008

Suivre les tribulations de nos confrères métalleux jusqu'en Allemagne pour le fameux festival Wacken Open Air est toujours une chose qui suscite l'intérêt, l'humour ainsi que peut-être même une certaine dose de jalousie à l'effet de ne pas y être... Alain Gagnon de Capitale du Metal raconte son périple...
 

Dimanche, 27 juillet
  Dimanche

Dernier jour avant le grand départ, dernier jour pour les préparatifs d'usage pour un voyage simple et paisible. C'est aujourd'hui que les trucs dans ma tête depuis quelques jours se mettront en pratique.

 

Histoire de bien paraître dans le voisinage, je fais mon gazon avant de quitter pour la semaine car il va sûrement encore pleuvoir chez nous et le gazon poussera pour faire changement. Ensuite, c'est l'heure d'un stop chez Wal Mart pour les achats de dernière minute qui sont bien sûr consignés sur une courte liste.

 

Une fois tout en place, ma copine et moi y allons de notre dernier moment de détente avant le grand jour et nous dirigeons vers le Cineplex Odéon Ste-Foy pour y voir le nouveau Batman en version originale ... c'eut été un pari risqué que d'attendre au retour pour cette soirée attendu étant donné le peu de films en anglais à Québec.

 

Au sortir du cinéma, nous allons récupérer mon portable flambant neuf chez Martin qui a installé certains logiciels qui devraient me permettre de couvrir le festival pour tout ceux qui voudront bien me lire sur le portail de capitale du metal. Environ une heure plus tard, nous mettons le cap sur la maison pour un dernier repas complet, un succulent Dulton de chez Ashton histoire de bien me nourrir avant l'aventure. Le dodo suivra assez rapidement car la journée de demain sera longue et je compte la passer éveillé ... au lit vers minuit en bout de ligne.


 

Lundi, 28 juillet
  Lundi

Le cadran fait son boulot et je suis debout aux environs de 8am, c'est le grand jour et je veux que tout soit parfait. Je commence par prendre mes emails une dernière fois à la maison et je prépare ensuite mes bagages. Je commence tranquillement à stresser car je ne veux rien oublier de nécessaire et je me connais trop bien. Comme je quitte seul cette fois, je ne pourrai compter sur personne pour combler les oublis, si oublis il y a.

 

Bien que j'avais initialement prévu quitter vers midi, nous quittons finalement la maison à destination de l'aéroport Pierre Elliot Trudeau vers 12:50 malgré toutes mes bonnes intentions ... c'était sans compter sur mes "bonnes" habitudes. Un court, très court car la place est remplie, au CAA pour une prise européenne car j’ai égaré la mienne quelque part. J’achèterai finalement à l’aéroport me dis-je, pourquoi payer 2.99$ quand on peut avoir le privilège de payer 6.99$ ? J’aurais aussi aimé trouver un adaptateur pour les écouteurs d’avion mais il n’y en a nulle part ou je regarde.

 

La route est quasi parfaite si l’on fait exception des nombreux travaux routiers qui ne nous ralentissent que très peu en bout de ligne. Les menaces de moyens de pression des employés d’Air Canada, pourtant annoncés en grande pompe sur le net et dans les réseaux spécialisés de nouvelles, sont sûrement ailleurs car nous entrons paisiblement dans l’aire de stationnement de ce bon vieux PET après plus ou moins 3 heures de route sans histoire. Trouver un stationnement est toutefois plus compliqué … nous optons pour l’étage du haut après une dizaine de minutes à déambuler au 2 premiers niveaux. Il est 4 :30 pm et mon vol doit quitter pour 6 :25, il est temps de gagner les guichets de service de la KLM. Une « petite » heure plus tard, c’est le temps des adieux déchirants, ma copine quitte pour Québec et le temps maussade et moi, je quitte pour le paradis du metalleux !!! À dans une semaine !!!

 

Ma porte d’embarquement est la B57 (je me demande la musique qui joue à la porte B52 …), comme j’y arrive après un paquet de gens vu l’heure qu’il est, je n’y attends que quelques minutes avant mon embarquement. Comme je suis dans la queue de l’avion, les rangées 30 à 40, j’embarque bien avant plusieurs qui « brettent » ici depuis un bon bout. 36C, voilà mon siège, mais comme une petite famille toute mignonne a été séparée sur 3 rangées différentes, nous faisons des échanges de sièges si bien que je me retrouve dans le 37B car un jeune voyage seul et que la consigne veut qu’il soit dans le siège donnant sur l’allée. Je suis donc au centre dans la portion droite de l’avion, le cul bien assis « sur la bosse », l’endroit ou même Little Beaver aurait développé des courbatures de tout genre. À ma gauche, sur le hublot, une grande blonde dans la quarantaine tellement gênée qu’elle risque d’en fondre et à ma droite le jeune voyageant seul qui écoute du Pet Shop Boys sur son PSP, ça va être tripant !!!

 

Comme j’ai investi le MD11 de KLM avant bien des gens, le temps s’écoule bien lentement pendant que les autres passagers y prennent place. J’ai le temps de lire au complet la très courte édition internationale de lundi du USA Today qui ne donne que des résultats sportifs partiaux étant donné l’heure hâtive à laquelle il est imprimé. Je me rabat donc sur La Presse qui nous offre en une la très jolie Ana Ivanovic, de passage à Montréal pour la coupe Rogers. Encore là, bien peu à se mettre sous la dent même si les résultats sportifs sont à jour. Je me tappe donc l’excitant jeu des 8 erreurs auquel j’excelle avec un resplendissant 7 sur 8. Vient ensuite le sudoku moyen que je négocie en 15 maigres minutes … ma journée s’annonce palpitante alors que notre avion prends son envol !!

 

On nous sert rapidement un léger snack alors que les nouvelles sont à l’écran et que je couche mes pensées et mes idées sur le papier. On nous présente ensuite un épisode pathétique de la série « Everybody hates Chris » avec en vedette … Chris Rock de même qu’un épisode potable de la série « Back to you » mettant en vedette Kelsey Grammar. Le repas est alors servi pour faire oublier ces inepties, le traditionnel : « Chicken or pasta sir ?? ». J’opte pour le poulet qui est pas mal du tout, comme quoi la bouffe d’avion est souvent, même très souvent, mangeable.

 

Le film suit ensuite, mes dernières interrogations sont maintenant derrière, « The other Boleyn girl » sera notre présentation principale. En français, le titre est « Deux sœurs pour le roi » ou quelque chose du genre et ça décrit plutôt bien le propos du film qui porte sur le Roi d’Angleterre et sa façon de tenir un pays entier au creux de sa main de par ses décisions portant souvent à réflexion. Vraie en partie ou en totalité, ce récit est certes fort intéressant et le recommande aisément à tous ceux que l’histoire intéresse quelque peu.

 

Une fois le film terminé, je tente tant bien que mal de me reposer quelque peu mais c’est sans compter sur la mauvaise volonté des imbéciles occupant la rangée derrière moi. Il ont bien du se lever un minimum de 15 fois au cours des 2 dernières heures de vol et la seule manière d’y arriver semblait être de se « pendre » littéralement à mon siège par l’arrière. Au diable le repos, c’est après tout ce à quoi sert la nuit et il y en aura assurément une ce soir encore. Je ferme donc simplement les yeux en attendant que l’avion daigne se poser à Amsterdam, ce qui arrive finalement vers 7am heure locale.


 

Mardi, 29 juillet
  Mardi

L’avion se pose aux environs de 7am à Amsterdam, on attends 10 minutes une fois à terre car la rampe est inaccessible et 15 autres minutes sont nécessaires pour que tous quittent l’avion. C’est donc vers 7 :30 que je fais mon entrée dans l’un des plus gros aéroport du monde, le Schipol. Comme mon vol pour Hambourg est censé quitter à 9 :35, je vais juste vérifier la porte d’embarquement (C21) et fais ensuite une promenade dans ce qui ressemble parfois plus à un centre commercial qu’à un aéroport. En chemin, je dois passer les portes menant aux quais d’embarquement et la douanière me demande en riant où est rendue ma barbe car la photo sur mon passeport date quand même de 2004 !!

 

Une fois les boutiques hors de prix derrière, je prends une pose et ouvre le portable pour la première fois du voyage pour m’avancer quelque peu dans le report que vous lisez présentement. Tout en écrivant, je regarde autour de moi le nombre incroyable de gens qui passent dans les couloirs, on se croirait presque dans une petite ville. À environ 10 pieds de moi, sous le calorifère qui borde la fenêtre, j’aperçois une minuscule souris qui semble bien perdue, à moins qu’elle ne joue que trop bien son jeu … elle se promène à la recherche d’une occasion pour traverser de l’autre côté du couloir, projet illusoire s’il en est un.

 

Une fois quelques mots dans un bon vieux document Word, je descends vers ma porte d’embarquement pour apprendre que mon vol sera retardé pour des circonstances encore inconnues. J’apprendrai plus tard qu’en raison des conditions, il pleut à Amsterdam, une seule piste est disponible et presque tout le monde est retardé. Nous embarquons finalement dans l’avion avec 1 :10 de retard et attendons ensuite un autre 20 minutes que la piste soit nôtre … nous décollons donc avec environ 1 :30 de retard, une chance que c’est mon dernier vol et que je n’ai pas de correspondance à attraper une fois à Hambourg.

 

Sur le vol, je fais la connaissance d’un groupe de 4 québécois, 2 gars et 2 filles, qui font le trip vers Wacken pour la première fois de leur vie et se promettent tout un party. Le hasard faisant bien les choses, nous sommes tous sur la même rangée (la 8) et pouvons converser pendant le vol d’un peu moins d’une heure. Dans la jeune vingtaine, mon compagnon de banc dont je n’ai pas le nom, pas plus que ses 3 autres compagnons d’ailleurs, me confie avoir bien hâte de voir Obituary et Carcass entre autres. Une fois le festival terminé, ils iront tous les 4 passer une couple de jours à Berlin pour terminer leur voyage en beauté.

 

Une fois au sol à Hambourg, il est alors environ 12pm, nous attendons un autre court 15 minutes pour la rampe de débarquement. Il est donc finalement midi trente quand vient le temps d’aller vérifier si les bagages nous ont suivi au terminl 1. Comme tout est là, je me dirige vers la porte du terminal de départs un étage plus haut après avoir téléphoné pour que le shuttle bus du Ibis de l’aéroport vienne me chercher. Le ciel d’Hambourg est d’un bleu sublime et le soleil d’une puissance jusqu’ici inconnue chez nous cet été. Il fait 20 degrés celsius et l’humidité est au maximum, c’est chaud en bâtard mais je suis la dernière personne qui va s’en plaindre après les deux premiers mois « d’été » à la maison.

 

J’arrive à l’hôtel vers une heure et la seule idée qui meuble mes pensées au moment du « check in » est qu’il y a une douche dans la chambre qui m’attends … ça m’aide à combattre la fatigue qui m’envahit peu à peu. Une fois en règle, je me dirige vers la chambre 326 et réalise alors mon souhait en prenant une bonne douche relaxante. Je file ensuite au bon vieux Shell au bas de la rue pour quelques bretzels et quelque chose à boire … pas de doute, je suis au bon endroit, les repères tombe tranquillement en place.

 

De retour à ma chambre, je prends place à la fenêtre et écrit les mots que vous lisez à l’instant, je souhaite prendre le moins de retard possible car la suite des choses va être occupée au possible. Légèrement tendu au bas du dos, je me couche sur le lit et m’assoupi pour environ une heure. Sans cadran puisque cette sieste n’était pas prévue, je me demande encore ce qui à bien pu me réveiller afin que ne bousille pas ma soirée.

 

Je quitte l’hôtel en direction de la ville vers 17hrs, il m’en coûte 2,60 euros pour le trajet mais je ne suis pas certain que ce soit également pour le retour car ça me semble peu dans les circonstances. Je débarque à la station Landungsbrucken et fais une promenade de 2 heures en solitaire dans le port. J’observe les gens pressés qui courent pour attraper le traversier alors que moi je suis relax, aux aguets de tout ce qui se passe autour de moi. J’attrape une currywurst (grosse saucisse Allemande) et des pommes (frites) au même petit resto que l’an dernier et je me dirige ensuite vers le Ballroom Hamburg où je dois ce soir rencontrer les potes Jonathan et Richard.

 

Il est 8pm, un paquet de metalleux peuple les restos aux abords du Ballroom. Fait à signaler, peut-être en raison de la température clémente, presque tous sont ouverts et les terrasses sont pleines contrairement aux années passées ou il était difficile de trouver un endroit pour manger. Il y a un cover (5 euros) ce soir au bar car c’est soir de spectacle, Stone Cold Black y fait son lancement d’album en compagnie de Destructor, un bon vieux band thrash old school de Cleveland, Ohio aux États-Unis.

 

La place se remplie peu à peu plus l’heure du premier set (9pm) se pointe, les gens prennent place devant la toute petite scène de cet endroit mythique autrefois nommé Headbangers Ballroom ou plusieurs ont faits leurs débuts à Hambourg.  

 

Stone Cold Black prends la scène d’assaut avec moins de 5 minutes de retard, les gens sur place leur réservent un fort bon accueil, on sent que plusieurs sont venus encourager des connaissances qui font ce soir leur lancement. Bien que tights au possible dans un style old school assez simple, l’immobilité des musiciens ne permet aucunement d’entrer dans leur musique à plein. Leur chanteur manque de voix en ouverture mais c’est sa présence qui manque encore plus, il se teint sans grande conviction derrière le micro et tappe du pied dans des bottes de cowboy presque neuves pour l’occasion. Intéressant certes mais comme un million de bands de partout dans le monde, y compris chez nous.

 

Destructor fait son entrée en scène gros maximum 15 minutes après les dernières notes de Stone Cold Black. D’entrée de jeu, on constate leur puissance par rapport à leur prédécesseur. Du thrash old school agréablement bien interprété pour des gars dans la quarantaine qui oeuvrent dans le métier depuis plus ou moins 30 ans. La foule est moins dense que pour les openers, mais quelques irréductibles au jackets de patchs sont sur l’avant scène et ils thrashent avec une fougue peu commune qui donne au groupe une énergie intéressante. Une excellente prestation en bout de ligne entachée par contre par les nombreuses cordes cassées du second guitariste qui prends un temps fou à chaque fois pour les remplacer brisant ainsi le tempo pourtant rôdé au quart de tour … il finira même le rappel avec une corde manquante pour terminer en continuité avec la prestation entière.


 

Mardi, 29 juillet (suite)
  Mardi (suite)

Il est 11 :10 quand Destructor quitte la scène, je décides alors de quitter pour ne pas manquer les derniers trains et autobus sans avoir rencontré Richard et Jonathan. Qu’a cela ne tienne, je quitte malgré tout car je les verrai demain de toute façon à Wacken. Je jase en chemin avec un  gars qui a remarqué ma casquette Capitale du Metal et qui passe son temps personnel entre Québec et Ottawa. Il se nomme Fél ix et c’est lui qui écrira cette année le report que vous pourrez lire dans Arsenic car le copain Steven Henry brille par son absence. On échange quelque peu sur nos expériences de voyage et se donne rendez-vous pour le festival qui débute jeudi avant de quitter pour nos trains respectifs.

 

Je suis alors « contrôlé positif » pour la première fois de ma vie dans le transport en commun européen. Mon ticket dont je n’étais pas trop certain tout à l’heure n’est évidemment bon que pour l’aller et je risque une amende (40 euros) pour mon illégalité du moment. Constatant mon statut de touriste innocent (je me trouve un peu trop convaincant dans la chose !!!), l’inspecteur me donne toutefois un break et m’invite simplement à sortir et à acheter en sa compagnie le ticket manquant. Il m’explique gentiment que j’aurais du prendre le ticket de 5,10 euros pour avoir droit à l’aller et le retour. Je peux ensuite prendre le train suivant et le bus qui me mènera à l’hôtel pour une nuit de sommeil bien méritée qui s’amorce vers 1am une fois les trucs d’usage en place pour la nuit. Chanceux dans ma malchance, je considère toutefois que c’est une façon adéquate de traiter les gentils touristes comme moi si on veut qu’ils reviennent nous voir dans le futur.


 

Mercredi, 30 juillet
  Mercredi

Le « wake up call » est plus matinal que prévu et le téléphone sonne à 8 :15am, soit 5 minutes avant mon cadran personnel. En vilain garçon épuisé, je snooze jusqu’à 9hrs, heure à laquelle je m’habille pour ne pas manquer le déjeuner qui termine à 10am. Une douche, la dernière « vraie » douche avant dimanche, est par la suite de mise après la chaude soirée d’hier. Ayant le ventre plein et la craque propre, je prends le temps qu’il reste avant le départ pour me mettre à jour dans le report que vous lisez. J’éteint littéralement l’ordinateur quelques minutes à peine avant de quitter pour le shuttle bus qui me mènera à Wacken via Remedy Records.

 

Le bus et le train se pointent en un temps presque record si bien que je suis en route en un rien de temps sans aucun problème avec les sacs et la tente, mon principal souci jusqu’ici. De mon siège, j’observe la publicité dans les stations et constate encore cette année que les cigarettiers sont encore très présents ici. Je suis contrôlé à nouveau ce matin mais cette fois je suis en règle. Le changement de ligne via la station Berliner Tor se fait aussi simplement que tout ce qui a précédé et je suis rendu sans même m’en rendre totalement compte.

 

Le temps est couvert et les nuages qui nous ont donnés de la pluie la nuit dernière tardent à s’en aller. Malgré la pluie, l’humidité est toujours très palpable et la chaleur encore une fois difficilement soutenable.

 

Comme mon billet fut imprimé à partir d’Internet car on ne pouvait pas aller les chercher d’avance, il ne me reste plus qu’à attendre Pierre qui doit être stressé car il est déjà environ 1 :30pm et notre bus doit quitter pour 14hrs. Il se pointe finalement vers 13 :50 et le bus décolle tout juste après avec quelques metalleux du bus de 16hrs qui remplissent les 3 ou 4 places qui restent.

Comme nous sommes maintenant en direction de Wacken, plus aucun stress n’est présent, plus rien ne peu désormais nous freiner dans notre conquête !!! Pierre et moi jasons tout le long du trajet de ses deux semaines en Italie et en France en compagnie de Josiane, sa douce moitié … le temps passe si vite qu’il est temps de débarquer du bus dans les tout nouveaux stationnement désignés environ 1 heure plus tard et peut-être même moins.

 

On se dirige rapidement vers le kiosque de merch qui borde les bureaux de Wacken car il manque souvent de souvenirs dans ce genre de gigantesque festival et c’est déjà le cas au moment ou Pierre peut enfin poser la question après plus ou moins une demi heure d’attente. Tous les gilets comptant les groupes du festival ne sont plus disponibles que dans de tailles XL ou plus grand. On verra plus tard sur le site même. Les DVD de l’édition de l’an dernier ne sont pas non plus encore arrivés et ne seront disponibles qu’un peu plus tard. On repart donc de plus belle vers l’accréditation pour les médias où nous devrions retrouver Jonathan et Richard.

 

La marche prends environ 20 minutes, peut-être un peu plus, pour s’y rendre et les boys sont bien là, tout près d’un kiosque d’alcool local dont ils semblent déjà avoir abusé allégrement. On prends nos passes, achète un peu de bouffe pour le souper et se dirige vers les espaces de camping réservés aux médias et au V.I.P., une autre marche d’une bonne demi-heure.

 

Une fois sur place, les tentes et le petite gazébo sont installés en un rien de temps et le temps de relaxer un brin est enfin arrivé. Comparé aux autres, la tente que j’ai traînée pour moi et Pierre ressemble à un immeuble, nous y seront confortable. On se débouche quelques bières qui ne sont déjà pas très fraîches mais ça nous est égal car on est à Wacken et rien ne peut nous faire suer. Jonathan allume le petit grill et nous cuisine une batch de curry wurst qui ont l’air bien bonnes, voire excellentes.

 

Nos voisins s’installent, ils sont également canadiens, de Victoria au B.C. et l’un d’eux à un tattoo du Canadien de Montréal complètement fou. Sa jambe droite est couverte au complet avec les autographes du rocket et de Guy Lafleur en prime. Nous prenons une photo alors que j’exhibe fièrement mon tattoo de Bruins de Boston t parlons hockey un brin pendant qu’ils s’installent.

 

Mercredi, 30 juillet (suite)
  Mercredi (suite)

Le souper est excellent et c’est maintenant le temps d’aller investir le terrain du festival même car on y présente ce soir le 2e film de Sam Dunn et Scott Mcfaden, « Global Metal » sur les écrans du terrain de soccer. On y rencontre 2 Finlandais de 16 ans que Richard et Jonathan ont connu à Hambourg ainsi que Liam, un autre gars de chez nous, de Calgary cette fois. Comme ce n’est pas sur le site du festival même, nous avions le droit d’y aporter nos bières et c’est avec plaisir que nous débouchons les quelques breuvages que nous avons trainés avec nous.

 

Le film est précédé d’une présentation du trailer allemand du DVD en boucle pendant au moins 10-15 minutes si bien qu’on y a droit au moins 15 fois et que tous se bidonnent sur la finale montrant une asiatique scandant « I love metal » et pouffant de rire par la suite. Le trailer version hyper longue, probablement même des extraits du produit lui-même en fait, d’une foule de DVD de Metal God entertainment nous sont ensuite offerts pendant environ une heure. On y voit entre autres un DVD sur FIGHT et sur HALFORD in Rock in Rio III qui semblent fort intéressants.

 

La présentation du film des 2 canadiens débute vers 23hrs. Le film est simplement excellent et on y aperçoit même Richard à Wacken en 2006 !! Le montage est foutument bien fait et le propos encore une fois ultra pertinent et respectueux de tous les metalleux du monde entier. Les transitions sont habiles et tous semblent y avoir trouvé leur compte une fois le tout terminé vers 1 heure du matin, alors que l’heure de la prochaine bière à sonné.

 

Les boys se dirigent vers le biergarten qui est encore plein cette heure alors que je tente ma chance au kiosque de merch tout près. J’y prendrai finalement le dernier gilet qui me plait, directement du board ou la fille doit monter à l’aide d’une échelle sur le côté. Les items promotionnels s’envolent comme des petits pains chauds et les préposés ne fournissent quasiment pas à la demande. Je rejoins les autres pour quelques bières et nous allons également faire un tour au karaoke metal sur le W.E.T. stage. On y voit à l’œuvre quelques canadiens qui interprètent du Maiden, du WASP et du Alice Cooper da façon fort impressionnante. On retourne pour quelques bières et c’est ensuite le retour à la tente pour moi car la fatigue me gagne et qu’il est quand même passé 3 heures du matin. Une couple de shots près du feu et c’est l’heure du dodo à exactement 4am … à demain !!


 

Jeudi, 31 juillet
  Jeudi

La levée du corps se fait vers 10am alors que la chaleur devient insoutenable dans la tente, il faut de toute façon se lever pour profiter de la seule journée moins chargée du festival. C’est le moment rêvé pour le traditionnel tour au Metal Market où il est possible de dépenser tout les sous qu’il nous reste en poche si on ne fait pas trop attention et écoute trop bien nos passions. J’évite le pire alors que tout semble encore plus cher que pas les années passées. 3 ou 4 CDs plus tard et une foule d’idées en tête il va sans dire, je suis de retour à la tente pour une couple de petits sandwichs simple mais succulents.

 

Pierre et moi faisons ensuite une marche forcée vers le village pour acheter de la bouffe et aussi des trucs pour réparer le gazebo qui est parti au vent plus tôt en journée. Arrivés à l’ancien SPAR market tout juste à côté des accréditations, nous choisissons d’aller au village à la place car il y a une file d’au moins 30 minutes et c’est juste pour entrer à l’intérieur. Nous faisons donc les emplettes et Pierre mange quelque peu près de l’autre petite épicerie sur la rue principale du village. Les gens sont partout sur la voie publique et les trottoirs et l’atmosphère est décidément à la fête !!!

 

J’abandonne Pierre à sa bouffe car les spectacles sont sur le point de commencer et je ne veux pas manquer Girlschool à 4pm. Je fais quand même un petit stop aux bureaux de Wacken pour voir si de nouveaux gilets sont arrivés mais sans succès. J’y achète par contre 2 copies limitées du DVD de l’an passé, une pour moi et l’autre pour l’ami Deadzone qui a dû rester à la maison et qui manquera ce soir Maiden avec 80000 personnes ;-)

 

De retour à la tente, je constate que Richard et Jonathan sont déjà partis vers le terrain principal du festival pour les concerts ce que je fais immédiatement car j’entends la musique depuis déjà un moment et il est hors de question que je manque Girlschool.

 

Girlschool
  Girlschool

Comme c’est mon baptême de Girlschool après pourtant 30 ans de carrière, je suis fébrile bien que pas trop certain de ce qui m’attends. Arrivé tard de mon périple au village, j’attrape la fin du set (environ 20 minutes) et constate que le rock empêche le vieillissement et que je suis donc toujours jeune. Les filles sont tights comme je ne l’avais pas espéré dans mes plus beaux rêves et dans une forme resplendissante. Elles bougent bien, chantent bien et offrent du hard rock qui fait sourire et rend heureux. L’atmosphère est bon enfant, tout le monde regarde et tappe du pied alors que le festival prend un de ses plus beau envol. La prestation se termine sur la pièce « Take it all away » en rappel. Du bon vieux stock !!!

 

En nous rendant ensuite vers le party stage pour le show de Nashville Pussy, nous stoppons aux kiosques sur le site offrant des t-shits, articles officiels W.O.A. et CDs de toute sortes à rabais. Nous y faisons quelques trouvailles plus qu’intéressantes et quelques euros quittent à nouveau le confort de nos poches … pour une bonne cause quand même. Je fais le plein de CDs, dont le nouveau live CD + DVD de Tarot, à la tente Nuclear Blast et me procure des serviettes des éditions précédentes de Wacken.


 

Nashville Pussy
  Nashville Pussy

Du foutu bon rock n’ roll qui embrase le site du Party Stage pour un bon 45 minutes. Plus habitués aux petites scènes, ils sont quand même très à l’aise sur une scène de cette taille qui est cette année aussi massive que celles du Black et du True Metal Stage. Ruyter est comme une folle sur scène, elle occupe toute la place à elle seule et les autres semblent tout petits à ses côtés. Ils nous offrent des pièces du prochain CD qui sortira à l’automne sur SPV … je me rappelle avoir bien aimé le nouveau titre : « It ain’t your business ». Le test est passé, Nashville Pussy peut tenir son bout n’importe où dans le monde, peu importe la scène et l’auditoire devant eux.

 

Je retourne ensuite à la tente pour un break bien mérité car la journée est aussi chaude et humide que la veille. J’y prends une bonne bière chaude (pas tablette … chaude) en compagnie des Norvégiens qui crèchent tout juste derrière nous. Au retour pour aller voir Airbourne du coin de l’œil sur le Black Stage, nous arrêtons à la tente de presse et y rencontrons les filles de Girschool et prenons des photos avec elles. Quand ont leur parle de jouer au Québec elle nous répondent qu’elles sont déjà venu chez nous … en 1981 !!!


 

Airbourne
  Airbourne

Tout comme Nashville Pussy, on les sait plus habitués aux petites scènes mais comme ils sont probablement nés sur une scène, rien n’y paraît. C’est tout aussi professionnel et intense que lors de leur passage à l’Impérial mais en plus gros, beaucoup plus gros. Ils prennent la foule en otage et lui font faire ce qu’ils veulent quand ils le veulent avec une fougue qui rend dingue tellement elle est contagieuse. Le chanteur est un véritable mix entre Bobby Blitz et de Dan Lilker, pas mauvais pour un jeunot qui veut prendre la scène d’assaut et qui le réussira assurément !!! Je cours au village pour les derniers souvenirs tout en écoutant la fin de leur prestation enlevante … mission accomplie !!!

ALESTORM

 

Quasiment uniques dans le genre depuis que Running Wild se tiennent on ne peu plus tranquilles, il fallait bien sûr s’assurer d’attraper la prestation de ces pirates provenant de l’Angleterre. J’avais mis de la couleur sur l’horaire pour ne pas oublier d’arriver tôt car ils œuvraient dans la tente du W.E.T. Stage qui est souvent difficile d’accès car plus petite malgré certains bands assez gros qui s’y donnent en spectacle. Malgré la foule massée à l’entrée, je me faufile derrière 2 gros metalleux et me rends même au beau milieu de la foule où c’est bien moins tassé qu’à l’entrée. Je vis alors un de mes beaux moments du présent festival, témoin privilégié d’un groupe qui brule la scène malgré son jeune âge. Ils interprètent l’une après l’autre les chansons de leur premier album et elles sonnent déjà comme des classiques à mes oreilles. Vêtu d’une chemise blanche un peu bouffante et parlant avec un petit quelque chose au fond de la gorge, le chanteur est certes dans son élément pirate, au grand plaisir des fans présents. Les poings et les cornes sont dans les airs et la fête continue pendant environ 45 minutes très intenses … je repars conquis vers le clou de la soirée : Iron Maiden.


 

Iron Maiden
  Iron Maiden

Headliner du night to remember, ils sont également considérés comme les headliners du festival au grand complet et sont sans contredit le plus gros band à être passé par ici le premier week-end du mois d’août. Seule ombre au tableau, vous devrez vous contenter des photos des photographes de Wacken car Pierre n’a pas été autorisé à entrer dans le pit photo comme la très grande majorité des photographes présents. Seuls les médias locaux et les photographes de l’organisation ont pu prendre des photos de cette prestation unique en soi.

 

Ils commencent à 9 :30 exactement, sous un éclairage qui opère enfin à son maximum maintenant que le soleil nous à foutu patience après une épuisante journée. Pas de surprise en entrée de jeu, on a droit à « Aces high » et à « 2 minutes to midnight » dans la plus pure tradition Dickinson. Bruce fait ensuite une crise qui me restera longtemps en mémoire, il engueule le gars qui contrôle la caméra perchée au bout d’un genre de bras canadien. Il lui demande de se retirer car comme c’est là les gens à gauche de la scène doivent regarder le spectacle sur les écrans et non directement sur scène, ce qui rends, encore selon le sieur Dickinson, la chose plus documentaire sur Iron Maiden que spectacle en direct. Le gars s’exécute mais ça lui prends quand même un peu de détermination que Bruce semble fin prêt à lui fournir à grand coup de fuck this et fuck that.

 

Le spectacle se poursuit ensuite de plus belle avec « Revelation », « The Trooper », « Waysted years » et le classique « The number of the beast ». Bruce s’adresse une fois de plus à la foule car les images sur les écrans montre celle-ci assez mouvementée dans la portion avant et même un peu plus reculée. Il leur demande de ramasser les gens qui tombent s’ils semblent en avoir besoin et de leur donner une bière s’ils semblent morts !!!

 

Suit « Can I play with madness » et « Rhyme of the ancient mariner » qu’il présente comme une pièce au sujet d’un albatros. La scène est à cet instant superbe mais aucunement différente de ce que nous avons vu à Montréal il y a environ 5 semaines. Le groupe poursuit sa prestation avec certains autres de ses nombreux classiques : « Powerslave » avec un masque un peu bizarre, « Heaven can wait », « Run to the hills » précédée d’un « … you should know this one » et « Fear of the dark », la toune de show par excellence !!! Le premier « SCREAM FOR ME WACKEN !!! » retentit par la suite et la réponse est instantanée … le spectacle prends alors « fin » sur la pièce « Iron Maiden ».

 

Bien sûr, ils sont de retour quelques instants plus tard pour en offrir encore un peu plus et présenter les musiciens même si tout le monde les connait déjà depuis toujours. La soirée se termine une deuxième fois sur « Moonchild », « The clairvoyant » et « Hallowed be thy name » et tous semblent heureux mais pas moi car je m’attendais à une surprise qui n’est jamais venue. Ce spectacle, bien qu’impeccable en tout points, est exactement le même que celui présenté en tournée depuis maintenant un bon moment et l’effet Wacken tant souhaité n’aura finalement pas opéré. Dommage mais bon, je pourrai quand même dire que j’étais là !!!

 

On termine la soirée à l’arrière scène près du bar et accompagné du copain Stéphane Paré (ex-Quo Vadis) qui est aussi de passage dans le sanctuaire du metal. On y rencontre quelques personnages connus et prends quelques photos pour bien se souvenir de tout une fois de retour. Je prends une photo en compagnie de Gaal de Gorgoroth sans toutefois lui demander de me dire SATAN après une gorgée de vin … De retour à la tente, on grille quelques saucisses Bockwurst et prends une dernière bière avant le coucher qui survient plus tôt qu’hier, soit 3am.


 
 
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