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Wacken Open Air 2007
  4 août 2007

Le réveil est plus aisé ce matin, bien que nous n'ayons que peu dormi, nous sommes en pleine forme pour affronter cette dernière (déjà !!!) journée de ce mammouth qu'est Wacken. Sérieux, matures ou peut-être moumounes, toujours est-il que Martin et moi avons arrêté le "beer count" à 1 hier et nous en sommes bien heureux ce matin. En contrepartie, Pierre, dont c'était le 30e anniversaire hier, semble trouver la levée du corps plutôt ardue. Le soleil est perché tout en haut et ses rayons nous brûlent déjà la peau, gageons que nous allons aujourd'hui suer à des endroits que nous ne connaissons pas encore. Et c'est parti... En espérant que vous nous suivrez au fil de cette journée !!!
 

11h00 :: De nouveau sur le site
  Wacken

La tente de presse est de nouveau ouverte, on prend quelques minutes pour mettre le site à jour… En fait, j’écris le texte que vous avez lu à 10:00, car on veut débuter la journée avec quelque chose. On sait trop bien que la journée est ultra chargée et qu’il se peut fort bien que nous n’ayons pas trop de temps pour les mises à jour aujourd’hui. On quitte la tente en vitesse puisque le spectacle de Disillusion débute à 12:00 sur le Party Stage, à l’autre bout du site.

 

Disillusion
  Party Stage

Nous sommes fidèles à notre endroit de prédilection, tout à gauche de la scène, directement sur la barrière de sécurité, pour le spectacle de Disillusion. Comme c’est une musique « spéciale » et difficile à livrer en spectacle, les attentes sont mitigées pour cette performance. Sauront-ils tirer leur épingle du jeu, on le saura très bientôt. Ils débutent avec une pièce du très décevant 2e album, les nombreux moments lourds sont impressionnants et laisse présager le meilleur quand ils choisiront de « meilleures » pièces. C’est somme toute très réussi, même si le choix des pièces laisse à désirer puisque surtout puisées sur le 2e album. Nous quittons après une interprétation fort intéressante de la merveilleuse « Back to Times of Splendor » en nous disant que même si ce fut parfois ardu, nous avons vu là l’un des bijoux caché de cette 18e édition du Wacken Open Air.


 

Sacred Reich
  True Metal Stage

Nous attrapons une pâtisserie avant de nous diriger vers le True Metal Stage pour le premier spectacle de Sacred Reich en plus de 10 ans. Plusieurs semblent encore endormis ou simplement peu intéressés, car nous parvenons presque à nous accoter à la barrière de cette gigantesque scène. Ils entâment leur prestation par un « Wacken, no truth, no justice… The American Way !!! ». C’est parti et ça fesse fort, le vocal est intégral, la guitare et la batterie sont incisives, comme s’ils n’avaient jamais arrêtés pendant toutes ces années. Tout sourire devant tant d’amour de la foule qui soudainement répond à l’appel, ils y vont de plusieurs interventions directement du cœur dont celle-ci : « Great to be playing again after 10 years… You made a bunch of old guys feel great !!! ». Ils enchaînent « hits après hits », nous avons droit à « Ignorance », « Who’s to Blame ? », « Independance », de même qu’une reprise inspirée de Black Sabbath, « War Pigs ». Ce véritable coup de pied au derrière se termine sur une « Surf Nicaragua » à couper le souffle. Je vous le confirme, Sacred Reich est de retour, peut-être même plus efficace encore qu’il y a 10 ou même 20 ans… Assurément mon show du festival et aussi celui de Richard Metal qui décerne même un 11/10 ! Ça va maintenant être difficile de déloger cette pure expérience de mon top personnel de Wacken 2007.



 

Moonspell
  Black Stage

Les ayant ratés à la fin 2006 pour des raisons liées au travail, il n’était pas question que je manque Moonspell une autre fois en si peu de temps. Même si je ne suis pas un maniaque de cette formation portugaise, il faut quand même avouer leur importance sur la scène metal mondiale. C’est sur une intro pseudo symphonique que le groupe fait son entrée, les premières notes sont toutefois à des années-lumière de toute cette douceur. Oh comme c’est lourd… Peut-être les notes les plus lourdes jusqu’ici. L’effet de lourdeur est en plus atténué par la force impressionnante du soleil qui nous tape dessus, j’ose à peine imaginer ce que ça donnerait en pleine soirée. C’est « tight » au possible et la balance est encore et toujours impressionnante au possible. Un arrêt plutôt court, mais combien intense. Je cours vers l’arrière-scène compléter les comptes rendus de la journée d’hier et manger un bon burger au steak pendant la fin de Moonspell et la prestation entière de Stratovarius. Martin y est déjà à mon arrivée, on se doit d’être efficaces si on ne veut rien manquer de Dimension Zero qui débutera dans une heure trente sur le Party Stage.


 

Dimension Zero
  Party Stage

« Wacken, this is your darkest hour …”, c’est ainsi que débute ce qui pourrait bien être l’une des performances les plus agressives de la fin de semaine. À ma grande surprise, ça manque de « power », la voix est presque perdue derrière l’assaut de décibels déployés par les instruments. C’est ultra rapide, ultra soutenu et ultra agressif à la fois, mais la magie n’opère pas pour moi. Ils offrent deux pièces de leur album à paraître à l’automne au travers des autres déjà connues. Comme si je manquais d’attention, je trouve toutes les pièces semblables au possible et suis finalement déçu par cette performance que j’attendais pourtant. Peut-être est-ce aussi à cause des effets du puissant maître soleil que je suis si abattu, ses rayons sont à leur plus fort en cette 3e journée du festival.


 

Rage
  True Metal Stage

J’attrape un plat de riz aux légumes avant de prendre place devant le True Metal Stage pour le spectacle de Rage en compagnie du Lingua Mortis Orchestra. Peavy  et Victor font leur entrée au son de l’orchestre et la foule réagit immédiatement. Ils sont, après tout, eux aussi parmi les enfants chéris du festival depuis nombre d’années. Le son est encore une fois impressionnant, tant pour les parties orchestrales que pour celles électriques. Ils interprètent « Alive But Dead », « Turn the Page » et « Higher Than the Sky », en plus de montages plus spécifiques au Lingua Mortis Orchestra : « Lingua Mortis Medley » et « Lingua Mortis Suite ». Même si c’est superbe et fort bien rendu, la magie n’opère pas ici non plus, ça manque de rock, de puissance et d’attaque. Ce serait sûrement meilleur en salle, dans une ambiance différente et avec un public plus attentif. Même si cela ajoute à la prestation, la présence de l’orchestre limite aussi le choix des pièces et les plus rock sont majoritairement laissées de côté. Vivement un autre spectacle de Rage sans fioritures pour me rassasier !!!


 

Norther
  Party Stage

Aussitôt Rage terminé, je cours vers le Party Stage pour y voir Norther à l’œuvre. Le soleil est encore hyper intense sur cette partie du site, le bassiste demande même de l’aide pour se cacher du soleil afin d’accorder son instrument. À la blague, le groupe se pointe sous des enregistrements "dance" plutôt mauvais, ils sourient avant d’y aller à fond la caisse. D’entrée de jeu, le son est plus fort et plus efficace que lors du spectacle de Dimension Zero. Ils frappent fort pièce après pièce et la foule y met encore plus d’ardeur pour les encourager. Peut-être mes attentes sont-elles trop hautes, mais toujours est-il que je trouve ça correct, sans plus… Certes solide, mais pas nécessairement impressionnant. On quitte en vitesse après une vingtaine de minutes afin de tenter une autre saucette dans la tente du W.E.T. afin d’y voir Turisas à l’œuvre.


 

Turisas
  W.E.T. Stage

Armés de détermination et de beaucoup de courage, nous trouvons la force de faire un petit bout à l’intérieur, pas très loin mais quand même assez loin pour voir quelques pièces. L’amusement doit aisément se lire sur mon visage lorsque j’aperçois les gars se pointant habillés en guerriers poilus sur la scène. Je sais que ça donne de foutues bonnes photos mais, pardonnez-moi si ça vous gêne, je trouve le tout énormément quétaine. Peu importe le style scénique, j’assiste probablement au spectacle le plus intense du festival en ce moment. Les Allemands et leurs amis métalleux du monde entier chantent tous en chœur au rythme de l’accordéon et des guitares électriques. La fête s’intensifie au fil des pièces et le « crowd surfing » part même de l’extérieur de la tente…Probablement par des métalleux intenses voulant s’approcher de la scène à tout prix. Le chanteur lance un marteau barbare gonflé dans la foule tout en invitant tous et chacun à « Let the beer flow, it’s time to dance with the beautiful ladies in the audience ». Je sors après quatre pièces, car la chaleur y est insoutenable et que je ne raffole pas énormément de l’odeur qui m’entoure… En espérant qu’elle ne vienne pas de moi et que je ne la traînerai pas avec moi vers le spectacle de Destruction sur le Black Stage.


 

Destruction
  Black Stage

Ayant déjà assisté à Norther et Turisas dans la dernière heure, nous nous pointons pour la conclusion du spectacle de Destruction. La foule est nombreuse, mais il reste encore de la place un peu partout pour apprécier ce spectacle unique avec tous les anciens membres de la formation. Schmir y va d’une tirade à propos des années ’80 et de l’unité du métal à cette « époque » magique où il n’y avait que du heavy metal et où tout le monde formait une union parfaite peu importe la couleur ou le pays. Harry et Tommy sur scène, 25 années de Destruction réunis pour nous offrir « Bestial Invasion » en conclusion avec le Mad Butcher sur la scène. Une partie d’histoire du métal devant nous dans un spectacle qui verra probablement le jour un de ces quatre sur DVD. C’est le temps d’une pause bien méritée après tout ce métal concentré, je saute la performance de Type O Negative pour manger et aller voir si je suis dans le « back stage ».


 

Stormwarrior
  Party Stage

Même si c’est la reformation d’Immortal à Wacken ce soir, je me dois quand même d’aller faire un mini tour sur le Party Stage pour voir Stormwarrior à l’œuvre avec l’ami de tous, Kai Hansen. Ça « fume » pas à peu près en commençant, si bien que les photographes doivent rester à l’écart pour un moment… Pas étonnant que la pièce suivante s’intitule « Heavy Metal Fire » !!! Même si c’est plus ou moins mon genre, je trouve néanmoins que ça sonne assez bien sous un ciel étoilé où les lumières opèrent à plein régime et font compétition aux flammes du début. Peut-être est-ce l’effet Immortal, mais la foule m’apparait moins dense que je l’aurais imaginé. Ça pète de plus en plus au fur et à mesure que le spectacle progresse et l’arrivée de Kai Hansen constitue le pétard ultime que tous attendaient. Il entre en scène à la 6e ou 7e pièce pour interpréter « Ride the Sky » suivie de « Murderer » devant une foule en délire. Je quitte malgré ce moment mémorable devant moi, car je désire voir une partie du spectacle d’Immortal même si ce n’est pas trop mon genre de musique. Richard Metal reste jusqu’au bout pour cet autre moment historique qui se termine sur « Heavy Metal is the Law ». Espérons tous très fort que Mr Hansen nous prépare plus souvent de belles surprises du genre. Sur ce, direction Immortal …


 

Immortal
  Black Stage

J’écoute mes premières notes de ces géants en mouvement vers l’extrême gauche du site, c’est plus lent et plus intéressant que mes lointains souvenirs. La foule est dense, si bien que ça me prend un bon 15-20 minutes à passer du Party Stage au Black Stage. Le son est tellement fort que même les gens tout au fond du site portent des bouchons jaunes pour se protéger les oreilles. C’est intense en malade, les éclairages sont majestueux et ultra efficaces, traduisant habilement l’essence de cette musique certes agressive, mais également mélodique par moment. La place entière est tellement éclairée que je souris en imaginant la vitesse à laquelle la « roulette d’Hydro » doit tourner en ce moment. C’est certain que je ne tombe pas par terre devant ce spectacle, mais je peux quand même affirmer qu’ils livrent la marchandise sans trop avoir peur de me tromper.


 

In Flames
  True Metal Stage

C’est assis dans les copeaux de bois devant le Black Stage, bière en mains, que nous écoutons le spectacle d’In Flames. Il y a tellement de monde assis de notre côté de la scène que c’est possible de suivre le spectacle à la fois sur la scène et sur l’écran pendant que le "staff" prépare la scène pour Cannibal Corpse. Anders est encore et toujours l’un des meilleurs "frontman" qu’il m’ait été donné de voir sur scène, il prend la foule dans sa main et la dirige là où il le désire avec une aisance peu commune. Le choix des pièces ne m’impressionne guère, car les pièces sont surtout puisées sur les albums les plus récents, oubliant malheureusement les classiques de la belle époque de la formation. Ils nous offrent bien « Pinball Map », « Embody the Invisible » et la très réussie « Only for the Weak » pour sauver un peu la mise. Leur portion de soirée se termine sous un feu d’artifice alors que j’assiste aux tests de son d’Haggard au Party Stage. Comme je sais trop bien qu’ils sont capables de nous en donner beaucoup plus, il s’agit là de l’une de mes déceptions du festival jusqu’à maintenant.


 

Haggard
  Party Stage

Histoire de mettre la foule déjà nombreuse dans sa poche, Haggard interprète un grand bout du classique de Judas Priest « Breaking the Law » au violon en test de son. Trop nombreux sur scène, une bonne vingtaine, ils doivent se préparer devant nous, à notre plus grand plaisir. Je décide de délaisser ma place habituelle sur cette scène afin de mieux voir la scène entière étant donné le nombre de musiciens présents. Les superbes mélodies classiques se mêlent à l’agression des guitares et de la voix du chanteur. Tantôt subtile, tantôt à l’emporte-pièce, cette musique unique a de quoi décoiffer… Ça jette par terre de voir quelque chose d’aussi compliqué si bien interprété sur une scène. Bien qu’à moindre échelle, c'est supérieur à la prestation de Rage plus tôt en après-midi, les ambiances sont plus feutrées et les  moments électriques mieux contrastés. J’en profite à plein pour me remplir les oreilles, car le festival tire à sa fin et je veux traîner le plus de souvenirs possible dans ma toute petite tête. Je quitte plutôt heureux après un moment pour aller voir Cannibal Corpse à l’autre bout du site.


 

Cannibal Corpse
  Black Stage

J’ai beau les avoir vu 7-8 fois, un spectacle de Cannibal Corpse en Allemagne demeure toujours un événement avec tout ce qui leur est arrivé ici dans le passé. À mon arrivée devant la scène, un gros calzone au pepperoni en main, Corpsegrinder y va du petit bout amusant qui va comme suit : « This is about our favorite subject which happens to be dead bodies. This is about getting rid of the mess … Disposal of the Body ». Suivent ensuite “Make them Suffer” et “Devoured by Vermin” avant l’ultime assaut de “Hammer Smashed Face” pour la première fois en Allemagne. Corpsegrinder demande alors la collaboration de tous ou il descendra personnellement étouffer ceux refusant de collaborer. Je ne suis pas sur le derrière ici non plus, mais je dois quand même avouer qu’un spectacle de C.C. est toujours un événement digne de mention. Vite, je cours à l’arrière-scène voir la foule s’y masser avant de revenir faire un dernier tour pour la conclusion du Wacken de cette année avec Subway to Sally.


 

Subway to Sally
  True Metal Stage

J’y viens plus par curiosité qu’autre chose, car on m’en a souvent parlé en bien. Laissez-moi vous dire que je ne suis pas déçu d’avoir pris cette décision, car je suis à la fois surpris et impressionné par cette clôture du festival. Ils sont 10-12 sur scène, dont une très jolie violoniste qui charme aisément par son jeu gracieux. On retrouve aussi un autre type de violon (ou est-ce autre chose ??) qu’un musicien crinque à gauche de la scène de même que des lance-flammes et une très belle guitare à trois manches. Les pétards sont bien sûr nombreux et intenses devant tout ce beau monde et une foule encore nombreuse malgré l’heure tardive. Tout est en allemand, mais ça ne me dérange pas du tout car c’est  "foutument" bon, à la fois classique et traditionnel. Je quitte pour retourner à l’arrière-scène après une pièce a capella en canon qui me laisse le frisson tellement c’est bien rendu. J’ai définitivement du rattrapage à faire au sujet de cette surprenante formation.


 

3h00 :: C'est la fin...
  Wacken

On prend quelques bières froides en compagnie d’une foule de musiciens et de membres de la presse avant d’aller faire un dernier dodo en terre sainte. De bons amis rencontrés au fil des nombreux spectacles organisés par Capitale du Metal nous saluent et prennent le temps de nous causer un brin avant l’ultime adieu… Jusqu’à la prochaine fois évidemment !!! On court se coucher vers 4:30, car il se fait tard et que l’on doit se lever vers 9:00 afin d’attraper notre navette vers Remedy Records à Hambourg. Bonne nuit…


 
 
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