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Wacken Open Air 2006
30 juillet 2006
C'est avec soulagement que mon vol se pose sur la piste de l'aéroport d'Hambourg. Après sept heures dans les airs, sans oublier un transit par l'aéroport d'Amsterdam en Hollande, j'ai hâte de prendre une douche! Et je suis fatigué, j'ai hâte de me reposer un peu. En effet, l'avion c'est épuisant. On y est à l'étroit, les sièges ne sont pas ce qu'il y a de plus confortables en classe économique (pas le choix, les finances m'y obligent) et il est pratiquement impossible d'y dormir en raison du constant va et vien des passagers, du bruit des moteurs et de mon stress en général.
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10h00 : Les pieds au sol
Aéroport Hambourg
Après une longue attente pour récupérer mes bagages et passer les douanes, me voici enfin en Allemagne! Malgré la fatigue et ma mine à faire peur, j’ai le sourire fendu jusqu’aux oreilles. Direction l’hôtel, où une douche et quelques heures de repos m’attendent (c’est du moins ce que je me dis à ce moment-là, mais les choses ne se passeront pas de cette façon). Encore une fois, j’ai réservé une chambre à l’hôtel Ibis, situé tout près de l’aéroport. Je le connais bien, car c’est la troisième année de suite que j’y loge. Les chambres sont confortables, il y a l’Internet haute vitesse gratuit, le prix de location est très bas et Hambourg est à vingt minutes de train. Gracieuseté de la navette entre l’aéroport et le Ibis, j’y arrive en moins de cinq minutes et je suis dans la douche dix minutes plus tard. Évidemment, j’ai prévu me reposer, mais j’ai faim. Comme le dépanneur Shell n’est qu’à une minute à pied, je m’y rends dans l’optique de me prendre un petit « snack » avant de me coucher pour quelques heures, histoire d’être frais et dispos pour la longue soirée qui m’attend. En effet, je dois retrouver Richard Metal, un Québécois que je connais depuis longtemps arrivé en Europe début juillet, au Ballroom (anciennement le Headbanger’s Ballroom), le bar métal le plus connu de Hambourg. Mais bon, voyez-vous, en Allemagne la bière est omniprésente. Et il y en a tout plein dans le Shell, dont la Flensburger que j’affectionne particulièrement, ce qui fait que j’en ressors avec un bâtonnet de fromage et six bouteilles de la dite bière. J’en ouvre donc une tout de suite en sortant du Shell (on peut boire dans la rue en Allemagne, d’ailleurs, on peut boire à peu près partout et à n’importe quelle heure) et c’est à ce moment précis, un peu plus d’une heure après m’être posé en sol allemand, que le party commence! Je l’avais prévu pour un peu plus tard dans la soirée mais bon, plus question de dormir maintenant. Le reste de l’avant-midi est donc consacré à boire, reboire et boire encore, tout en feuilletant un plan de la ville sur le confortable divan du hall d’entrée de l’hôtel. Bien réchauffé, je décide de me rendre en ville en début d’après-midi. Le bus qui se dirige vers la station de train passe tout près de l’hôtel, ce qui est parfait. En plus, il fait beau. Quelques minutes plus tard, bière en main, je suis dans le train de ville qui me dépose vingt minutes plus tard en plein cœur du Fishmarket. Ce gigantesque marché extérieur, situé dans le port de Hambourg, est ouvert de 5h à 9h du matin et l’on peut y retrouver une très grande variété de poissons sur les présentoirs des nombreux kiosques bordant chaque côté de la promenade. C’est dans cette partie de la ville que se trouve également le Ballroom et, tout juste à côté, un petit pub irlandais où l’on peut déguster de délicieuses Currywurst (saucisses allemandes frites dans une sauce au curry). Je m’y dirige nonchalamment, profitant de l’occasion pour prendre plusieurs photos tout en déambulant sur la promenade où de nombreux restaurants servent la spécialité du coin, les Fish’n’Chips. Le Ballroom est maintenant en vue et par le fait même, le pub irlandais. Je m’y attable, à l’extérieur, et commande une pinte de bière ainsi qu’une currywurst. Cela fait d’ailleurs plusieurs mois que j’y pense, à cette damnée currywurst. Y ayant goûté pour la première fois en 2005, je salive déjà à l’avance en sirotant ma bière en cette chaude fin d’après-midi. Et c’est là que ça me frappe. Encore une fois, j’ai réussi. Je suis en Allemagne, en train de prendre une bière dans un petit pub situé dans le port de Hambourg, il fait beau et dans trois jours je serai à Wacken ! À chaque année, ce sentiment d’euphorie me frappe de plein fouet. En 2001, c’était lorsque j’avais aperçu pour la première fois le petit signe jaune sur l’autoroute qui indiquait que le village de Wacken n’était plus qu’à cinq kilomètres. En 2004, je l’avais ressenti dans le train qui me conduisait vers Hultsfred, en Suède, où j’allais assister à la deuxième édition du Gates of Metal. L’an dernier, c’était après quelques bières, à l’intérieur du (Headbanger’s) Ballroom. Et cette année, c’est à cette table, tout juste à côté du Ballroom, où je décompresse en prêtant l’oreille aux conversations de mes voisins de table. Je n’y comprends rien du tout, et c’est tant mieux comme ça, car l’intensité du choc culturel n’en est que plus élevée et j’aime ça! Ce moment magique vaut à lui seul tous les sacrifices que requiert la préparation d’un tel voyage, sacrifices qui n’existent alors plus dans mon esprit. Oubliés, comme beaucoup d’autres choses aussi. Les amis, le Québec, le travail… Ils sont déjà loin dans mes pensée et n’y reprendront leur place qu’à mon retour. Pour les jours qui suivent, la photographie, les concerts et la bière occuperont toute la place!
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18h00 : L'incontournable
Le Ballroom
Toujours attablé au pub irlandais, dont le nom m’échappe, et quelques pintes en plus, j’aperçois Richard et deux autres personnes qui s’en viennent dans ma direction. Pas difficile de le reconnaître avec son allure de viking et son t-shirt de Running Wild, mon groupe préféré. Il est avec deux autres personnes de Québec, Jonathan et sa copine, et nous fraternisons tout en nous dirigeant vers le Ballroom, qui est à peine à trente secondes de marche. Ha, le Ballroom ! J’avais hâte d’y retourner et m’y voilà enfin ! Tout ici nous ramène au Heavy Metal. La musique, exclusivement métal, la décoration (un poster de Running Wild décore un des murs) et les nombreux « métalleux » présents à l’intérieur. Le bar est très petit, mais l’ambiance est tout simplement incroyable et totalement différente de ce que nous retrouvons au Québec. Un bon nombre de personnes « trashent » et « slamment » en levant le poing en l’air au son des nombreux hymnes de true metal qui s’enchaînent les uns après les autres et une pinte de bière n’attend pas l’autre, le bonheur total! De plus, comme ce bar est le point de vente officiel de la marchandise de mon groupe préféré, Running Wild, je me paye la traite en achetant de nombreux t-shirts, une chemise et un bandana à l’effigie de mes idoles! De plus, le gérant de la place connaît personnellement le chanteur, mais moi et Richard ne parvenons pas à le convaincre d’appeler Rock’n’Rolf pour que celui-ci vienne faire un tour au bar. Olly, le gérant, nous donne cependant plusieurs gogosses autographiées du groupe, ainsi qu’un t-shirt du Ballroom et nous paye la traite pour le reste de la soirée! Il nous encourage plus particulièrement à boire le Jagermeister qu’il nous offre, ainsi que l’étrange boisson maison noire qu’il cache sous son bar! Je ne sais pas ce que c’était, mais je sais que c’était fort, même très fort, car je sors du bar en titubant et mêlé pas à peu près vers 3h du matin. À cette heure-ci, plus de train ni de bus. Le taxi reste donc la seule solution pour me rendre à mon hôtel, toutefois je ne garde aucun souvenir de cet épisode, ni de comment je suis parvenu à me rendre jusqu’à ma chambre!
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