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Wacken Open Air 2006
2 août 2006
Le jour « J ». Réveil assez tôt pour me préparer au départ, remballer toutes mes affaires, avaler quelques morceaux de fromage (acheté comme toujours au Shell du coin) et prendre le train de ville qui m'amènera jusque chez Remedy Records. Ce réputé magasin de disques/label organise en effet chaque année un autobus qui mène vers Wacken de nombreux métalleux et les ramène à la fin du festival.
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9h00 : Le jour J
Hambourg
C’est bien organisé et ça enlève un stress de moins, l’autobus nous laissant directement face à l’entrée du festival le jour avant le début des hostilités et nous reprenant à la même place vers la fin de l’avant-midi suivant la fin du festival ! Donc, encore cette année, j’ai réservé ma place. J’arrive assez tôt en face de chez Remedy Records et j’installe toutes mes affaires sur le trottoir en face du magasin, question d’aller jeter un coup d’œil à l’intérieur. Bon, il faut le dire tout de suite, aucun magasin du Québec ne peut se comparer à Remedy Records ! Y’a vraiment beaucoup de stock, en fait on peut y trouver à peu près tout ce qu’on veut (mais pas autant qu’au Metal Market de Wacken… plus d’infos là-dessus à venir)! Vinyls, shape cd, copies japonaises, bootlegs en tout genre, limited edition… Y’en a trop ! Mais bon, je reste sage, question de pouvoir dépenser le maximum d’euros à Wacken, où les cds se vendent pas mal moins cher! Fait à noter, Remedy Records est situé tout juste à côté de l’usine/brasserie Holsten, la bière vedette de la région et celle dont j’ai abusé et abuserai encore passablement pour le reste de mon périple ! Bon, tout ça me donne soif et j’en profite pour aller m’acheter quelques bières à la station de train située tout près, car il est à peine 11h et le bus n’arrivera qu’à 16h. Faut bien faire passer le temps et au prix où se vend la bière (aussi peu que 0,67 euros pour une bouteille d’un demi-litre), aussi bien en profiter! Malgré l’heure, beaucoup de métalleux sont arrivés et j’en profite pour fraterniser et parler métal avec ceux-ci. D’ailleurs, je rencontre même trois Québécois qui en sont à leur première visite à Wacken! Ça tombe bien car Richard et les autres, n’ayant pas réservé leurs billets d’autobus à l’avance, doivent se rendre en train au festival. J’aurai donc quelques amis de chez nous pour faire passer le temps lors du voyage (plus ou moins une heure) vers le petit village de Wacken! Le bus arrive à 16h tapant et le trajet se déroule bien, malgré le fait qu’il n’y ait aucune toilette dans le bus et que j’ai bu un bon 6-pack avant de monter à bord ! Nul besoin de dire que je me tortille passablement sur mon banc tout au long du trajet ! Mais bon, il fait très beau dehors, tout un contraste avec le temps pluvieux de l’an dernier. En fait, ça ne pourrait être pire que l’an dernier où il avait plu et fait froid durant tout le festival, de la vraie merde ! Cette année toutefois (selon le site de Météomedia que j’ai dû consulter au moins 50 fois en trois jours sur l’ordinateur de l’hôtel), ça s’annonce beaucoup mieux et j’espère une température semblable à celle de 2004, où nous avions eu chaud à en mourir!
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17h00 : La terre sainte
Wacken
17h et des poussières, je pose pied sur la terre sainte du heavy métal ! ENFIN ! De retour à la maison! Il fait chaud et le ciel est dégagé, espérons qu’il en sera de même pour les trois jours qui vont suivre! Je suis à l’entrée du village et comme d’habitude, des milliers de « Metalheads » vont et viennent dans tous les sens, y’a des gilets noirs partout ! Oui, à ce moment précis, je me sens vraiment chez moi ! Mais bon, j’aurai le temps d’explorer le village plus tard, car je dois me rendre assez rapidement (avec ma tonne et demie de bagages) à l’autre bout du village et à pied en plus, un bon deux kilomètres de marche! Je vous explique pourquoi. Chaque année, plus de 3000 journalistes provenant des quatre coins de la planète font le pèlerinage vers Wacken pour couvrir le festival et profiter de l’ambiance unique qu’on y retrouve. Ce qui fait 3000 journalistes qui ont besoin d’une accréditation pour entrer sur le site, se promener dans le backstage, interviewer les groupes et prendre des photos, quoiqu' il n’y ait que 90 passes photos en tout, je suis donc très chanceux d’en avoir obtenu une à chacune de mes quatre présences ici. Comme je suis photographe, ça me prend moi aussi une passe. Et bon, imaginez la file d’attente pour se la procurer! Comme nous somme le jour avant le début du festival, je veux installer ma tente juste à côté de la bâtisse où les passes seront distribuées demain matin et celle-ci est complètement à l’autre bout du village ! De toute façon, je n’ai pas accès au site ce soir et je préfère me taper la longue marche tout de suite, plutôt que de devoir me taper la file d’attente en plus demain! À 7 heures du matin, je serai prêt et comme à chaque fois, je n’attendrai presque pas alors que beaucoup de journalistes rateront les premieres prestations qui débutent à 6h pm parce qu’ils attendent toujours pour obtenir leur passe « press/backstage »! Mais finalement, deux kilomètres de marche avec un sac à dos qui pèse trois tonnes, ce n’est pas si mal quand il fait beau, une bière en main et que l’on est témoin de l’arrivée de milliers de métalleux (qui font route vers les campings principaux, complètement à l’opposé de l’endroit vers lequel je me dirige) ! En fait, l’ambiance est incroyable et il est terriblement bon de pouvoir déambuler au travers de cette masse humaine métallique ! Mais j’explorerai les alentours plus tard, une fois débarrassé de mon fardeau et ma tente en place pour la nuit. Ainsi, près d’une heure plus tard, ma tente est installée tout juste derrière le bâtiment d’accréditation et je suis prêt à partir m’imprégner de l’ambiance complètement débile du village de Wacken… Et de bières ! C’est d’ailleurs à ce moment que Richard et compagnie arrivent et après avoir fait provision du précieux breuvage (plusieurs cannettes de Holsten pour moi, de la bière officielle du Wacken pour les autres), nous partons vers 19h découvrir (re-re-re-redécouvrir dans mon cas) Wacken et ses alentours!
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18h00 : Wacken 101
Wacken
Alors, le village de Wacken, ça a l’air de quoi comme place ? Hé bien ça a l’air petit, très petit même ! En fait, le village ne compte pas vraiment plus de 2000 habitants, dont beaucoup de vieillards. Pas vraiment la place idéale pour tenir le plus gros évènement dédié aux heavy metal sur la planète, pourrait-on penser ! Les villageois, ça doit bien les déranger à quelque part qu’entre 50 000 et 60 000 pouilleux envahissent leur petit coin tranquille, laissant des détritus partout à la grandeur du village, et faisant le party toute la nuit pendant une semaine (certains crinqués arrivent sur le camping de cinq à six jours avant le début des concerts…) au son d’une musique agressive et extrêmement forte ? Hé bien, aussi incroyable que cela puisse paraître, la presque totalité du village apprécie cette semaine de débauche. En fait, les villageois participent activement aux festivités, beaucoup d’entres eux allant même jusqu’à tenir des « bars » sur leur gazon et dans leur cour, offrant nourriture (et même des déjeuners !) et bières à un prix ridicule ! Et le plus beau dans tout ça, c’est que la police ne dit rien ! Tu veux te partir un bar dans ta cour, pas de problème mon homme ! En fait, à part le rarissime villageois stressé qui surveille constamment sa pelouse (heille, on ne chiera quand même pas dessus, ton gazon !), le tout se déroule dans l’harmonie et la bonne humeur! Après tout, c’est qu’ils font quand même pas mal d’argent avec nous ! En fait, je soupçonne que l’économie du village de Wacken profite passablement de la tenue du festival. Ils peuvent bien sourire en en nous voyant arriver ! Blague à part, les villageois sont presque tous très sympathiques et nous font sentir chez nous. Il n’y a rien à redire, ils savent accueillir les gens en Allemagne ! Alors que nous marchons, nous rencontrons Sam Dunn (Metal : A Headbanger’s Journey) qui est de retour à Wacken pour tourner un segment de son prochain documentaire dédié au métal ! Le projet, nous apprend-t-il, se nomme Global Metal et porte sur l’impact du heavy metal à travers le monde et sa place au sein des diverses cultures et peuples composant notre planète. Encore une fois, ça risque d’être vraiment intéressant ! Suite à cette rencontre fortuite, il est temps de manger quelques bratwursts (miam!) tout en nous dirigeant vers le « Wacken Office ». Celui-ci, situé en plein cœur du village sur la rue principale, est entièrement dédié au festival. On peut y acheter toutes les gogosses imaginables en lien avec le festival (j’en profite pour acheter le DVD double de l’édition 2005 du festival, ainsi que le programme officiel, des posters, des t-shirts et des long sleeves, etc.), mais on peut également y obtenir toute l’information nécessaire dont le nouveau venu à Wacken, souvent un peu perdu, a définitivement besoin ! Question de profiter de l’ambiance, nous nous assoyons en avant du Wacken Office pour boire bière sur bière tout en regardant plusieurs jolies métalleuses défiler sur le trottoir devant nous ! Il y a aussi un nombre impressionnant de saoulons dans le coin et un de ceux-ci manque nous tomber dessus tout en commençant à nous parler. Comme je ne comprends rien de ce qu’il me dit, je décide de le filmer car il est assez comique avec son casque de viking tout croche et ses culottes de cuir trop ajustées. Et il reste quand même vingt bonnes minutes à nous jaser ça, sans qu’on n'y comprenne grand-chose! Bière aidant, je suis passablement de bonne humeur ,alors tout le monde est mon ami de toute façon. Ce qui est une autre caractéristique du festival, c’est-à-dire l’ambiance amicale et détendue qui plane sur les lieux. Pas de batailles, peu d’agressivité (sauf musicalement évidemment), tout le monde est content de faire connaissance avec son voisin en fait !
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21h00 : Le Spar Market
Wacken
21 heures (plus ou moins), retour à la tente. Plusieurs autres journalistes sont maintenant arrivés et un bon nombre d’entre eux ont eu la même idée que moi cette année ! Maudit ! Mais bon, au moins il y a de l’ambiance dans le stationnement du Spar Market et de nombreuses radios d’auto crachent du métal à plein volume et on en profite pour faire connaissance avec la presse métal du monde entier. Et pour boire aussi. En effet, depuis le début de ce texte vous avez pu remarquer qu’il a été souvent question de « boire de la bière » et de « je suis un peu chaud » ou encore de « je suis plein/scrap/débâti/à moitié mort ». Et c’est normal ! Car en Allemagne, ça boit de la bière (et autres alcools), on ne peut pas vraiment y échapper. Boire de la bière à outrance fait partie de la culture de ce pays de fou, ça « tinque partout »: dans la rue, dans le train, à bicyclette, PARTOUT ! Hey, l’eau en bouteille coûte plus cher qu’un demi-litre de bière ! Pas difficile de choisir non ? Alors, imaginez comment c’est dans le plus gros festival de métal de toute la planète ! Ça boit et ça reboit, le jour et la nuit, de 8h le matin à 7h du matin, en fait 24h sur 24. C’est assez démentiel… et difficile pour le foie! Mais j’en ai vu d’autres. Je suis une bête ! Ainsi donc, le reste de cette superbe soirée d’août sera consacré à boire avec un groupe de journalistes français rencontrés une première fois en 2005 (et dont j’ai malheureusement oublié le nom de leur fanzine) en parlant de métal… jusqu’aux premières lueurs de l’aube ! Ouf, je suis magané (pour faire changement…), mais je suis vraiment heureux d’être de retour! Aucune sensation ne se compare à celle-ci, je me sens véritablement chez moi ici, dans ce petit village du nord de l’Allemagne. Et pour ajouter à ma joie, demain c’est Scorpions! Ça va rocker (aussi fort qu’un ouragan… Ishhh)!
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