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Pestilence
  Resurrection Macabre :: 15 avril 2009

Est venu à mes oreilles ce printemps le retour bruyamment annoncé d’un pilier du death métal de l’ancienne école, j’ai nommé Pestilence. Loin d’être un retour que j’attendais, pour n’avoir écouté ce groupe qu’à quelques reprises, c’est sans attente aucune que le cinquième album studio du groupe mené d’une main de fer par le hollandais Patrick Mameli allait se retrouver dans mes écouteurs pour me contaminer de sa frénésie, telle une colonie de goules avides de tibias charnus.


Direct, technique, rapide et abrasif : c’est ainsi qu’on pourrait décrire ce Resurrection Macabre, un disque brutal de onze titres (14 avec les rééditions boni) qui fait l’éloge de thèmes aussi édifiants que les morts-vivants, la maladie et la mort par toutes les causes possibles, tant qu’elle n’est pas indolore ou non-violent. Fortement orienté sur la rythmique, le matériel présenté sur cet album, le premier depuis Spheres paru en 1993, est peu inspiré et assez uniforme. C’est du « gros death » bien fait, construit sur des riffs connus mais bien assemblés, entrecoupés de « grooves » malsains bien appuyés par un vocal bestial mais assez audible et des paroles guère plus évoluées qu’un néanderthalien sur le crystal-meth. Difficile de faire plus conventionnel comme death !


Les morceaux courts et intenses présentent un niveau d’exécution de moyen à élevé, de par leur rapidité. En plus d’assurer les voix, Mameli reprend un jeu de guitare rythmique coloré qui présente un bon équilibre entre les coups de plectre à la quadruple croche et les assauts d’accords disharmoniques plaqués sans vergogne. Les solos sont quant à eux assez décevants et semblent être là par nécessité. Mameli est cette fois flanqué de Tony Choy (Atheist, Cynic) à la basse, qui se contente la plupart du temps d’alourdir les rythmiques de guitare, mais qui se permet quelques jolies escapades du côté mélodique. La super vedette de l’album est sans contredit le batteur Peter Wildoer, un nom que vous avez peut-être déjà vu associé aux groupes Darkane, Soilwork et Arch Enemy. Sa précision est tout bonnement déroutante.


Ce qui est souvent un problème récurrent pour ce genre d’album est encore une fois au rendez-vous sur Resurrection Macabre : le fait qu’il passe d’«acceptable » à « bon » ne repose que sur quelques titres. La plupart des pièces sont très appropriées à une écoute destinée à se défouler, à sacrifier du bétail ou à faire déménager ses voisins. Mais l’amateur de death qui veut une musique recherchée et inventive aura rapidement fait le tour. C’est tout de même un peu malheureux, compte tenu que 16 ans se sont écoulés depuis la dernière inspiration de Mameli… On dirait que tout est passé dans Horror Detox, Fiend et In Sickness and Death, qui eux font interruption à la violence gratuite et éveillent chez l’auditeur averti le sentiment d’écouter quelque chose de nouveau.


D’un point de vue assez peu exigeant, Pestilence fait un retour réussi avec Resurrection Macabre. C’est cru, viandeux, brutal et gras. Cependant, selon des critères plus élevés en matière d’originalité et de lyrisme, on repassera. Les fans de Martyr, Suffocation et Vader ne se tromperont absolument pas avec cet album, mais une chance que c’est écrit Pestilence dessus, sans quoi ça passerait presque inaperçu.


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Critique par Jérôme St-Charles
Note 7
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