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Destroy Destroy Destroy
  Battle Sluts :: 26 janvier 2009

Le métal ne connaît pas de frontières, et à l’instar des pirates écossais d’Alestorm, les Vikings du sud-est des États-Unis de Destroy Destroy Destroy nous en font la preuve admirablement. En effet, le groupe du Tennessee vient de lancer un album assez réussi qui démontre clairement que le viking métal n’est pas qu’une affaire de Scandinaves ! Bien qu’il soit inégal, ce disque si élégamment baptisé Battle Sluts permettra certainement à Destroy Destroy Destroy d’attirer l’attention des amateurs de power métal et de commencer à se démarquer à une échelle plus importante.

 

Il est intéressant de voir des groupes qui n’ont pas peur de se remettre en question et d’explorer de nouvelles avenues. Paru en 2006, le précédent album de Destroy, Devour the Power, représentait une avancée incertaine en territoire du death métal qui a connu un succès mitigé. Au lieu de s’entêter, les six musiciens ont eu la bonne idée de se réorienter vers une étonnante combinaison de black et surtout de power métal, enrichie de touches éclectiques allant du thrash au symphonique, pour créer un cocktail curieusement cohérent et agréable à découvrir.

 

En fait, l’exploit de Destroy aura été d’avoir établi un son qui est lui est déjà propre. L’originalité n’est pas toujours au rendez-vous, mais l’amalgame des différentes particularités du groupe donne tout de même un résultat assez unique (pour le meilleur et pour le pire). Tout au long de l’album, les percussions hyperactives ne ralentissent qu’à quelques occasions, et les riffs de guitares efficaces, à défaut d’être toujours intéressants, se multiplient. Malgré ce rythme effréné, en général plus rapide que celui de Devour the Power, certains passages contiennent des accalmies très bien rendues et qui semblent arriver toujours au bon moment. C’est le genre de nuances qui permettent à un album de demeurer intéressant, même après plusieurs écoutes. Il arrive également que le claviériste Brian Shorter vole la vedette avec des sonorités qui peuvent parfois rappeler Dragonforce (notamment sur Born of Thunder). Alors, prenez tout cela, ajoutez une tonne de solos de guitares grinçantes, des paroles franchement peu inspirées traitant à la fois d’exploits légendaires et de scatophagie, des cuivres, des chorales… et vous trouverez peut-être que les amis de Destroy aiment beurrer épais. Certains passages semblent carrément présomptueux, mais supposons que cela vient avec le genre que Destroy veut adopter. D’ailleurs, il est très fréquent de retrouver des introductions instrumentales rappelant la musique de film sur les albums de ce type de métal, dans le but d’ajouter un côté épique et grandiose aux chansons largement inspirées de la mythologie nordique, de l’univers de Tolkien, etc. Eh bien, les deux passages instrumentaux de Battle Sluts sont vraiment dignes de mention. Très bien réalisés et d’une longueur parfaite (moins de trois minutes au total), ils démontrent un véritable talent pour ce genre de compositions.

 

Battle Sluts contient également d’autres belles surprises, qui illustrent la belle variété dont Destroy est capable. Citons par exemple l’introduction de Agents of Hypocrisy à la guitare acoustique, ou le chant féminin sur The Winged Panther qui détonne sans pour autant nuire à la chanson (bien que la voix de la chanteuse elle-même soit terriblement banale). De plus, il est impossible d’écrire sur Destroy sans aborder la question de la voix « incomparable » de Bryan Kemp. Ses grognements bien plus aigus que ce que les métalleux ont l’habitude d’entendre sont assez désagréables, souvent inintelligibles et surtout lassants à la longue. En fait, même si Kemp fait l’effort de chanter plus bas vers la fin de l’album, il faut admettre que ce point constitue probablement la plus grande faiblesse du groupe. Personnellement, ça passe encore vu les autres qualités de l’album, mais je comprendrais bien que certains aient de puissantes réactions allergiques. Puristes, méfiez-vous !

 

On peut aussi reprocher aux chansons de Battle Sluts d’être inégales, mais si on prend en considération que le groupe n’est qu’à ses débuts, la faute est facilement pardonnable. La mélodique et énergique pièce Battle Upon the Artic Plains débute très bien l’album, alors que The Wretched Forrest et The Berserkers Field of Whores donne un second souffle plus proche du death métal vers la fin. Il est dommage que cet album aux titres si poétiques finisse quelque peu en queue de poisson avec Return of the Geishmal Undead, une pièce faible et particulièrement peu originale qui, à plus de cinq minutes, est la plus longue du disque… dans tous les sens du terme. Finalement, si vous faites preuve de patience, vous aurez droit à une petite chanson à répondre de Vikings soûls, aussi pénible qu’inintéressante. Dommage de finir sur une telle note !

 

Bref, Destroy Destroy Destroy n’a pas manqué son coup avec Battle Sluts, même si l’album risque de passer inaperçu dans la présente avalanche de nouvelles parutions provenant de groupes déjà plus établis. Il sera quand même intéressant de voir dans quelle direction ces Vikings américains mettront le cap au cours des prochaines années. En attendant, si vous appréciez le style et que la voix de couinements de porc du chanteur ne vous irrite pas trop, prenez la peine de découvrir cet album qui vous réservera probablement quelques belles surprises.


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Critique par Hugo Vandal
Note 7
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