Prochain spectacle :: CDM (Québec) :: BCI (Montréal)    
   







Arsis
  Starve for the Devil :: 26 janvier 2010

On ne pourra pas dire que le groupe Arsis a eu la carrière la plus stable de l’histoire du métal jusqu’à présent. Avec plusieurs annulations de tournées, les rumeurs de séparation entre United in Regret et We Are the Nightmare, sans compter les problèmes personnels de son leader, James Malone, Arsis n’a pas le droit à l’erreur avec son nouvel album, Starve for the Devil. En y allant avec une approche aussi rafraîchissante que risquée, le groupe se place au centre des regards de ses fans et droit sous les projecteurs de la scène métal. Il n’y a pas à dire, Arsis en fera jaser plus d’un!


Essentiellement, le cœur de la musique d’Arsis est demeuré intact. En effet, Starve for the Devil propose encore de nombreuses envolées techniques agrémentées de mélodies mémorables et de riffs accrocheurs. La voix très caractéristique de James Malone est aussi de retour et elle est meilleure qu’elle ne l’a jamais été. Là où les différences émergent, c’est dans l’écriture des chansons. Laissant un peu de côté la pesanteur et le côté sombre des efforts passés, Starve for the Devil propose un recueil de titres de métal extravagant qui respire le plaisir. Il serait difficile de trouver un autre album de Death Metal dont la principale composante est un souffle amusant de positivisme. Il faut reconnaître le côté thérapeutique de l’album, sur lequel Malone fait beaucoup référence à ses problèmes d’anorexie d’une façon colorée et humoristique, comme pour montrer qu’il s’assume pleinement, en dépit du combat qu’il a livré récemment.


La nouvelle approche d’Arsis en surprendra plusieurs à la première écoute, certes, mais il reste que Starve for the Devil est l’album qui démontre le mieux le talent de compositeur de Malone. Tout le monde se souviendra des premières réactions de la communauté métal lors de la sortie de Slaughter of the Soul, du groupe At the Gates, ou encore de l’album Heartwork, de Carcass… tous les deux avaient engendré de fortes polémiques à l’époque mais il n’en reste pas moins qu’ils sont devenus des classiques en leur genre. Starve for the Devil est donc exactement ce type d’album. Il présente tout ce que le groupe est reconnu pour livrer, tout en mettant un accent marqué sur les qualités accrocheuses des compositions.


Il est donc peu surprenant que le premier titre de l’album en soit un qui propose un contraste quasi-déconcertant par rapport à We Are the Nightmare. Forced to Rock a plus de points en commun avec la musique de Kiss et Ozzy Osbourne qu’avec le Death Metal mais, malgré un moule différent, propose un assemblage d’ingrédients de choix! Un jeu de guitare très audacieux et des solos virtuoses viennent agrémenter la structure minimaliste de cette chanson. Il y a également un côté humoristique qui rend l’écoute amusante et augmente considérablement le facteur « tape du pied » de l’album. Peut-être les membres de Dethklok ont-ils été invités pour aider à la composition des titres?


Starve for the Devil poursuit dans la même direction que celle établie par Forced to Rock, c'est-à-dire dans une ambiance accrocheuse et d’une légèreté sournoise qui nous fait subir la technicité d’Arsis sans même que nous ne puissions nous y attarder. Malgré tout, quelques titres font preuve de plus de pesanteur. C’est le cas de A March for the Sick, qui a une petite ambiance galopante à la This Mortal Coil de Carcass. Également dans les plus lourdes, les trois derniers titres de l’album se rapprochent plus du style habituel d’Arsis, particulièrement la dernière chanson, Sable Rising, qui est plutôt excentrique. En revanche, d’autres pièces sont définitivement parmi les plus légères que le groupe a offert jusqu’ici. Par exemple, Beyond Forlorn propose une ambiance assez décontractée qui ne mise sur rien d’autre que les riffs et les crochets auditifs. D’ailleurs, qualifier le riff du refrain d’accrocheur serait une atténuation criminelle puisque le mot juste serait infectieux. Il reste dans la tête comme une tumeur inopérable!


Starve for the Devil est un album très consistant qui propose beaucoup d’humeurs, d’ambiances et de couleurs. Le problème, c’est que ces éléments ne sont pas exactement ceux auxquels on pourrait s’attendre à entendre dans le Death Metal. La surprise est grande mais l’album vaut la peine d’être approfondi. Par contre, là où il échoue alors que We Are the Nightmare avait réussi, c’est au niveau de la qualité de quelques compositions. Sick Perfection et Half Past Corpse O’Clock ne sont vraiment pas aussi mémorables que le reste de l’album… ou le reste du catalogue d’Arsis par le fait même. Également, la production aurait pu être un peu plus agressive pour rendre la pilule un peu moins difficile à avaler pour les amateurs de longue date. La qualité sonore est au rendez-vous mais Starve for the Devil aurait bénéficié d’un peu plus de mordant. Franchement, le seul pas en arrière que le groupe a fait sur ce nouvel effort est au niveau de la batterie. Le retour de Mike Van Dyne était une bonne nouvelle à la base mais son talent est cruellement sous-utilisé sur cet enregistrement. Dommage, surtout que We Are the Nightmare en mettait plein la vue côté batterie!


Voila donc le mouton noir de l’année! Voilà le vilain petit canard… Voilà la petite grosse de l’école secondaire… On en rit bien aujourd’hui mais on se la fermera tous lorsque nous la reverrons dans quelques années avec une silhouette de panthère. Starve for the Devil est un classique en devenir, le Heartwork du groupe Arsis!

  Information   Description
Critique par Fred Laroche
Note 8.5
Profil du groupe Arsis
Toutes les critiques de Arsis
  Auteur Fred Laroche
  Note 8.5
  Profil Arsis
  Toutes les critiques de Arsis
 
  Page 1 2 3 10