Annihilator
  Annihilator :: 27 mai 2010

Il n’y a pas beaucoup d’absolus dans l’Univers.  La vitesse de la lumière dans le vide, la constante gravitationnelle, mon opinion et la conservation de l’énergie en sont des exemples. Une chose est cependant certaine, on pourra toujours compter sur le radotage du type « c’était mieux dans le temps » et « l’ancien chanteur/musicien était meilleur » à chaque fois qu’un album d’un groupe ayant connu un grand succès à ses débuts paraîtra.  Et vous pourrez toujours compter sur moi pour m’en plaindre à chaque occasion. C’est donc pour accompagner la sortie du nouvel album d’Annihilator (album éponyme soit dit en passant) que je me prononcerai une fois de plus sur la façon de recevoir une nouvelle parution.

Premièrement, il est important de se rappeler deux choses. 1) 1990 est terminée depuis plus de 20 ans maintenant et 2) la dégradation d’un disque compact peut se produire de façon importante à partir de 18 mois de la date de presse selon les conditions d’entreposage, mais la durée de vie peut aussi être de près de 100 ans.  Je peux donc comprendre que certains aient peur que Never, Neverland ne disparaisse à jamais si Jeff « le shredder d’Ottawa » Waters ne reproduit pas un album équivalent au plus vite.

Étant bien conscient des possibilités de copie et de maintien des bibliothèques des distributeurs, Jeff Waters poursuit sa carrière et continue d’explorer sa musique en nous offrant des albums relativement distincts les uns des autres. Son avant-dernière aventure, Metal, était plus une compilation qu’un album en soit.  Le nouvel album en est bel et bien un.  Nous avons droit à 9 nouvelles compositions et une reprise d’une pièce de Van Halen toutes interprétées par Annihilator (qui ces jours-ci se résume pas mal à Jeff Waters et Dave Padden).  Qu’en est-il donc ?

De prime abord, la pochette nous montre la jeune Alice qui s’est gravée « Annihilator » à l’exacto dans le front, faisant rougir de honte le gars s’étant gravé « Slayer » à l’intérieur de l’avant-bras à l’époque de Divine Intervention.  Alors avis aux fans de Slayer, le défi est lancé.  Afin de désengorger nos urgences, les « photoshops » seront acceptés.  Tout ça pour dire qu’on peut espérer avoir droit à une expérience brutale.  

Après un délire d’intro devant bien contenir 40 des soi-disant 66 solos de l’album, « The Trend » débute proprement dit et le reste de l’album ne vous laissera que rarement reprendre votre souffle. « Coward » et « Ambush » contiennent certainement autant de coups de pics qu’Alive in Athens de Iced Earth.  On se calme un peu par la suite pour tomber en mode « headbanging » jusqu’à la fin de l’album. Bien qu’il lui soit impossible de gagner le cœur des puristes, malgré une incroyable performance sur le live au Masters of Rock paru l’an dernier, Dave Padden, qui sonnait parfois comme Noel Gallagher sur « All for You », nous arrive avec une performance qui aurait sa place sur un album de « The Haunted », par exemple.  

Bien que son chant « clean » très puissant soit toujours de la partie, Padden utilise encore plus son chant « gras » qui colle très bien aux lignes : « Listen up you Bastard!  I’m on to your game » ou «I am the last thing you’ll ever see».  Ceci m’amène donc au coeur de l’album et à la chose qui fait que je l’apprécie particulièrement dans son ensemble.  Personnellement, j’ai toujours eu un faible pour les chansons d’Annihilator qui ont une saveur Maverick et Iceman dans le sens où on parle de destruction et d’annihilation tout en transmettant une sensation ludique et joviale assez prononcée.  Je pense entre autres à des pièces comme Set the World on Fire, King of the Kill, Bloodbath, Bathered, Striker, Warbird, Detonation, etc.  On n’a pas de difficulté à s’imaginer un pilote de chasse ou de char d’assaut tout bousiller devant lui sur cette trame sonore.

Annihilator distille carrément cette idée dans ce nouvel album.  On n’essaie pas de composer des pièces complexes, on reste sur des 4/4 la majorité du temps et on ne se perd pas dans de longs interludes.  Vous aurez raison de dire que d’autres groupes ont offert des performances plus pertinentes récemment du point de vue du Thrash (Overkil, Destruction, Testament, Kreator, etc.), mais je ne crois pas qu’il soit utile de mettre Annihilator dans le même panier.  À mes yeux (ou plutôt oreilles), Annihilator est comme le Nine Inch Nails du métal.  On ne sait jamais trop à quoi s’attendre, ça dépend de l’humeur d’un homme et ça gravite autour de plusieurs styles.

Je conclus donc en affirmant que ce nouvel album éponyme est loin d’être un des pires albums d’Annihilator, il est aussi loin d’être le plus inspiré musicalement, mais il est certainement l’un de ceux qui s’écoutent le mieux d’un bout à l’autre.  On se concentre sur une chose : annihiler les tympans, et on le fait bien, accompagné d’une excellente production, d’une énergie et d’un cachet très unique et d’une orgie de riffs et de solos.  Alors, mettons-nous en mode Motorhead, montons le volume et faisons-nous botter le derrière!


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Critique par Steven Harbour
Note 8
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