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Arsis
  We Are the Nightmare :: 22 avril 2008

Normalement, dès que l'on parle de death mélodique, on pense tout de suite aux groupes européens qui jouent une musique accrocheuse d'une certaine pesanteur en mettant une forte emphase sur les mélodies. Pourtant, ce style de musique fait peau neuve lorsque jouée par le groupe américain Arsis. Réinventant l'art de marier mélodie, agressivité et technicité, ce groupe pourrait très bien se voir attribuer le titre de sauveur du death mélodique avec son troisième album, We Are the Nightmare. Premier album à paraître sous l'étiquette Nuclear Blast, le dernier opus d'Arsis est de loin le plus varié et le plus riche au niveau musical que le groupe ait pondu. Ceux qui croient que le métal ne peut jamais être assez garni seront servis. En revanche, pour ceux qui sont sur la diète auditive, il se peut que la bouchée soit difficile à avaler. Par contre, nul ne restera indifférent aux mélodies omniprésentes sur We Are the Nightmare.

 

Depuis les débuts du groupe, la musique d’Arsis sort tout droit de l’imagination de James Malone, qui enregistre d’ailleurs la majeure partie des guitares, de la basse et des voix sur les projets du groupe. Les compositions de Malone mettent beaucoup l’emphase sur les mélodies et l’aspect accrocheur. À cela s’ajoute une myriade de changements de rythme et des dissonances stratégiquement placées pour ajouter à la pesanteur de la musique. Tous ces ingrédients se retrouvent dans la pièce titre, We Are the Nightmare, qui ouvre d’ailleurs l’album. À l’écoute de cette chanson, il est facile de remarquer que la guitare et la batterie mènent le bal dans cet assaut sonore. D’une part, les jeux de guitare sont très variés, exploitant diverses techniques, sonorités et harmonies. Certains morceaux de l’album comportent même des harmonies à trois ou quatre guitares. Quant aux percussions, la précision de la performance de Darren Cesca et son habileté à nuancer son jeu complimentent avec succès le reste de la musique.

 

De façon générale, Arsis emploie les mêmes ingrédients que d’autres groupes du même créneau. Il y a effectivement des ralentissements dans les refrains, il y a une quantité phénoménale d’arpèges balayés et l’occasionnelle touche néo-classique. Comment se fait-il alors que We Are the Nightmare se démarque tant des autres produits de sa catégorie? La réponse à cette question devient claire avec des pièces comme Shattering the Spell, Sightless Wisdom ou encore Servants to the Night. Ces pièces sont des collections de riffs accrocheurs agrémentés de mélodies qui se retrouvent autant dans les solos que dans les couplets. Malgré les multiples changements de rythme, la vitesse d’exécution ne semble jamais ralentir. Dans les excès, Darren Cesca fait preuve d’ingéniosité en alternant son ‘blast beat’ sur un picolo et une caisse claire, ajoutant une sonorité métallique tout à fait malsaine à la musique d’Arsis.

 

L’efficacité des efforts de Malone est également une question d’influence. Bien qu’il soit fortement influencé par les pionniers du death mélodique, certains passages feront penser à la musique d’un groupe suédois fameux pour les idéaux alternatifs de son chanteur. À l’écoute de la pièce titre, de A Feast for the Liar’s Tongue et de Failure’s Conquest, on comprend qu’il s’agisse du groupe Dissection. Outre la voix qui s’apparente beaucoup au black métal, certains passages musicaux rappellent de façon très claire la fougue de Jon Nödtveidt à l’époque de Storm of the Light’s Bane. Nous voilà donc devant un habile mélange de plusieurs influences qui donne un produit tout à fait original qui repousse les limites du genre.

 

Individuellement, les 10 titres de We Are the Nightmare ne comportent pas de faiblesse. La surprenante Overthrown ou l’accrocheuse Shattering the Spell constituent des moments très forts mais ne font d’ombre aux autres pièces d’aucune manière. C’est lorsque pris dans son ensemble que l’album semble souffrir de ce qui fait pourtant sa force. Comme il a été mentionné plus tôt, la musique d’Arsis est extrêmement diversifiée et complexe. Il se peut qu’après la première écoute, l’auditeur ait l’impression d’avoir entendu pour environ 5 ou 6 albums en riffs! Il se peut même qu’il ne retienne rien du tout de son expérience puisqu’il y a énormément de métal à assimiler. Pour cette raison, l’album ne fera peut-être pas l’unanimité. Il demeure toutefois un effort spectaculaire du groupe qui poursuit sa brillante ascension dans la scène extrême. Arsis fait définitivement partie de l’élite d’un style qui n’a pourtant jamais vraiment été prolifique aux Etats-Unis. À surveiller.


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Critique par Fred Laroche
Note 9.5
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  Auteur Fred Laroche
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