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Destruction
  D.E.V.O.L.U.T.I.O.N :: 8 septembre 2008

Savez-vous ce qu’est un dur à cuire ? Un dur de dur ? Savez-vous ce qu’est un vrai soldat de métal? Regardez aller l’élite des premières vagues de thrash métal, ceux qui continuent encore aujourd’hui d’offrir leur venin au monde entier, et vous en aurez peut-être une idée. Alors que le thrash métal américain a failli succomber de ses blessures après une guerre ouverte contre le grunge au début des années 90, le thrash européen aura perdu la bataille aux mains de tendances musicales plus mélodiques. Heureusement, malgré le forfait d’une manche, la guerre n’était pas perdue pour des vétérans comme Destruction, dont les membres auront profité de leur manque de visibilité pour reprendre des forces et revenir en 2000 avec un album surprenant du nom de All Hell Breaks Loose. Huit ans plus tard, le groupe célèbre son 25ième anniversaire et lance son nouvel album, D.E.V.O.L.U.T.I.O.N.

 

La motivation du groupe à continuellement offrir du thrash métal de qualité ne semble pas s’atténuer avec l’âge. Malheureusement, ce groupe autrefois d’une avant-garde impressionnante semble mijoter dans un bouillon qui a été laissé trop longtemps sur le feu sans être brassé. En effet, depuis le fracassant The Antichrist, en 2001, le groupe semble tourner autour du pot en terme de compositions. Cela dit, rien n’empêche Destruction de nous servir de sacrés bons titres tout à fait mémorables. Passons vite sur Metal Discharge et rappelons qu’Inventor of Evil avait ses moments, quoique dans les trois premières chansons, mais des bons moments néanmoins, et regardons aujourd’hui ce qui est offert sur cet acrostiche de thrash métal.

 

Premièrement, comme l’un pouvait s’y attendre, l’album débute avec l’obligatoire introduction tranquille exempte de distorsion. Une voix fortement synthétisée annonce le titre de la pièce et c’est parti, Devolution s’abat sur nous comme une tempête. Cette véritable réussite de métal bien rendu est un bon exemple du fait qu’il ne faut jamais expérimenter avec une recette qui fonctionne. Un peu comme le Motorhead du thrash allemand, Destruction nous offre cette même structure frénétique agrémentée de dissonances absurdes dans le refrain. On y reconnaît là tout le jeu de guitare de Mike. Que dire de son solo saccadé qui ne fait aucun sens mais qui fonctionne pourtant si bien ? Déjà un moment fort de l’album vient de se terminer. Peut-être un peu moins efficace, Elevator to Hell poursuit dans la même lancée linéaire que la pièce titre avant elle. Le portrait se gâte légèrement quand le groupe semble s'aventurer sur des sentiers plus glissants et expérimentaux. En effet, Vicious Circle – The Seven Deadly Sins et Offenders of the Throne sont certainement plus axées sur la technique mais on s’ennuie rapidement du mal de cou infligé par les deux premiers titres.

 

Heureusement, l’intérêt revient avec cet autre aspect du thrash dans lequel Destruction excelle : la modération! Last Desperate Scream est un hymne contestataire au tempo modéré qui mise tout sur un refrain qui donne le goût de sauter dans le "mosh pit" avec des bottes à crampons juste pour le plaisir de se la jouer accrocheur!

 

Il est hors de question que Destruction célèbre son 25ième anniversaire seul. D’ailleurs, l’élite du thrash métal est au rendez-vous sur Urge (The Greed of Gain) pour un véritable festival de solos aussi énergiques que possible. Gary Holt d’Exodus ouvre le bal sur le premier alors que Mike se charge du deuxième et Jeff Waters lui-même vient perdre les deux précédents dans un nuage de fumée de doigt suite à un solo magistral. De bien beaux solos en effet, dommage que la pièce n’ait rien d’autre pour réellement briller.

 

Une chose est claire: Destruction ne fait plus dans le thrash qui fracasse tout en surpassant les limites de notes à la seconde permises par la loi de la compréhension humaine. Pensez à du thrash avec des gants blancs. Une espèce de mélange de classe et d’agressivité. Ne vous y méprenez pas, un coup de pied à la fourche par un homme à cravate fait tout de même très mal! À cet effet, Destruction est encore parfaitement capable de servir une correction auditive à ses amateurs et encore très capable d’en montrer aux jeunes fringants qui se croient thrash en s’habillant dans les poubelles. Ces jeunots n’ont-ils pas compris que les fringues qu’ils y trouvent ont été portées par Schmier et sa bande avant eux? Dans le meilleur des mondes, Destruction a encore quelques bonnes idées et elles seront peut-être éparpillées sur quelques autres albums. Cependant, il faudrait un miracle pour revivre la consistance des vieux jours ou même de The Antichrist, qui en aura convaincu plus d’un.

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Critique par Fred Laroche
Note 6.5
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  Auteur Fred Laroche
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