Septicflesh The Great Mass
Critique par
Jerome St-Charles

Date de la critique: 26 mai 2011
Compagnie de disque: Season of Mist
Date du publication: 18 avril 2011

Le groupe grec Septicflesh est de retour ce printemps avec un huitième album dans leur catalogue fort respectable qui remonte à aussi loin que 1994 ! Il y a de quoi allumer un cierge pour souligner la persévérance de cette formation death métal qui a un parcours obscur pour plusieurs d’entre nous. En effet, Septicflesh n’a jamais atteint l’avant-plan de la scène métal extrême malgré la qualité de leur matériel. The Great Mass pourrait bien être l’album qui mettra fin à leur statut d’éternel second et les propulsera dans la lumière !

Septicflesh est un groupe, je trouve, qui a toujours montré un fort contraste entre des antipodes classiques : vitesse et lenteur, cacophonie et mélodie, noirceur et clarté, laideur et beauté, etc. The Great Mass suit cette tendance en proposant un death métal somme toute assez simple juxtaposé à des lignes orchestrales et des segments instrumentaux magistraux. Mais attention, on ne parle pas d’un travail d’amateur ici : comme la ligue des grands l’exige, les parties symphoniques sont exécutées par le célèbre orchestre FILMharmonic de Prague et rehaussent, à mon avis, le niveau atteint par les Dimmu Borgir et autres brutes sensibles de ce monde en termes de puissance et de qualité d’écriture. La dimension symphonique de The Great Mass est absolument indissociable de son squelette métal et les deux se complètent mieux que jamais dans un bal troublant où sensibilité et brutalité se confrontent, sans pourtant qu’aucun ne sorte gagnant.

A Great Mass exploite encore une fois des thèmes historiques, mythologiques, fantastiques et occultes dans une fresque majestueuse en dix morceaux épiques. La musique de Septicflesh sur cet album prend une tournure presque narrative, où l’accent est mis sur l’évolution du récit plutôt que sur une structure classique intro – couplet – refrain – couplet – solo – refrain. Pour cette raison, les chansons se suivent et ne se ressemblent pas, au cours d’une écoute (qui paraît un peu courte) de 43 minutes. Les solos sont rares et laissent plutôt l’espace à des lignes de chant très variées et toujours très appropriées. En effet, le chant caverneux de Seth (basse) et l’envoûtante voix de Sotiris (guitares) se complètent mieux que jamais dans ce qui prend des airs de trame sonore pour la rébellion des dieux mésopotamiens de la mort et de la destruction.

Un chœur immense accompagne l’orchestre (lui aussi immense) et les performances des musiciens (que vous devinez, elles aussi, immenses). La production signée Peter Tagtgren déclasse toute compétition et fait de ce disque un incontournable en matière de death métal atmosphérique. Ajoutez à cela un sens aigu de l’image et du packaging et vous obtenez un produit qui mérite amplement, sinon obligatoirement, d’être placé sur le podium des grands du genre, aux côtés de Behemoth, par exemple.

Tantôt lourde et inquiétante, tantôt pure et incarnant la quintessence de la mélodie, la musique de A Great Mass révèlera, après plusieurs écoutes certes, une subtilité et une force de création rarement atteinte dans le genre. S’adressant à un public habitué aux très basses fréquences, aux sonorités lugubres et aux contrastes, Septicflesh passe au niveau supérieur et livre un album à la hauteur des précédents et excellents Communion et Sumerian Daemons, et poursuit son parcours sans faille.

9

1
Vampire from Nazareth
2
A Great Mass of Death
3
Pyramid God
4
Five - Pointed Star
5
Oceans of Grey
6
The Undead Keep Dreaming
7
Rising
8
Apocalypse
9
Mad Architect
10
Therianthropy