Dance Laury Dance Living for the Roll
Critique par
Fred Laroche
''L'album commence un peu de la même façon qu'un loup mâle commence sa période de rut...''

Date de la critique: 7 juillet 2011
Compagnie de disque: Indépendant
Date du publication: 12 juillet 2011

Il ne pourrait pas y avoir de meilleur moment pour la sortie de Living for the Roll de Dance Laury Dance que le milieu de l’été. Il tombe à point dans la période de l’année à laquelle c’est le plus facile de pratiquer ce qu’il encourage ardemment, c'est-à-dire, faire le party! A mi-chemin entre une parodie tirée par les cheveux et un solide groupe de rock, la formation Dance Laury Dance propose un album de 11 titres qui sont à cet effort ce qu’un fond de vodka est à un Molotov: un excellent moyen d’allumer des choses!

Il ne sert absolument à rien de tenter de voir autre chose dans la musique de Dance Laury Dance que du rock and roll pur et simple. Il n’y a pas de grandes prouesses démonstratives ou quoi que ce soit du genre, il n’y a que des chansons et c’est exactement là-dessus que les membres du groupe ont travaillé, et c’est précisément ce qui leur permet d’avoir une identité marquée. Quand la technique n’est pas dans le décor et qu’il n’y a que le feeling qui guide les compositions, on en arrive à une musique qui est imprégnée de la personnalité du groupe et c’est la première chose qui saute aux oreilles en écoutant l’album. Living for the Roll est rempli de sonorités familières et d’influences connues, mais portent indéniablement la signature des membres de Dance Laury Dance. Parmi ces influences, on retrouve Motorhead, AC/DC et Airbourne de façon assez évidente, en y ajoutant peut-être une petite touche de Guns N’ Roses au niveau du jeu des guitares.

L’album commence un peu de la même façon qu’un loup mâle commence sa période de rut, soit par un hurlement qui fend l’air et allume les femelles avoisinantes. Très bon choix pour ouvrir un album, la pièce Burning Hot, qui est également le premier extrait pour Living for the Roll, représente fidèlement ce que le groupe a à offrir. On y retrouve d’ailleurs tous les thèmes récurrents qui se retrouvent tout au long de l’album : l’alcool, le party, les filles, l’abus… et s’assumer dans tout ça! Musicalement, à part Death Train et Revolver, le rythme de l’album est généralement assez modéré. Pour l’ensemble des pièces de Living for the Roll, cette formule fonctionne très bien. Il y a les tubes fantastiques comme Burning Hot, Out With Rockers, Living for the Roll et Hell’s Rock n’ Rollers, qui illustrent et représentent très bien les thèmes et, malgré la répétition de ceux-ci, ne les rendent pas redondants pour autant.

Cependant, il y a quelques moments sur l’album où on ressent une étrange impression de déjà-vu. Il est difficile d’expliquer pourquoi cette impression survient. Peut-être serait-ce que les titres en question sont un peu plus minimalistes et trahissent la récurrence des sujets lyriques par manque de nuance. Les pièces en question sont Montreal Hooker et Revolver. On pourrait comparer ça au fait de baiser quotidiennement avec plein de partenaires différentes ; même si on le fait de la même façon à chaque fois, ça reste cool puisque c’est avec des partenaires différentes, mais le jour oz on appelle son ex pour une petite vite, eh bien c’est là qu’il y a répétition. C’est un peu la même chose avec quelques petits passages isolés sur Living for the Roll, qui passent toutefois assez vite.

Si d’une part on a quelques très bonnes chansons et que de l’autre on a quelques passages moins intéressants, que reste-t-il entre les deux? Très simple : ce sont 3 petits bijoux très différents les uns des autres qui ajoutent vraiment de la couleur et de la variété à l’album. D’accord, la musique d’un groupe comme Dance Laury Dance n’a pas besoin de passer par quatre chemins pour bien paraitre, mais c’est vraiment grâce à la présence de ces chansons à contrepoids que Living for the Roll n’est pas un album qui passe d’un bout à l’autre sans laisser d’impression. Il est d’abord question de Bad Motherfucker, qui est probablement la plus lourde de l’album, mais qui comporte un refrain qui ne peut être chanté sans faire la moue et avoir l’air d’un dur à cuire. Il y a ensuite l’ambiance très « vintage » dégagée par la pièce Leather, sur laquelle il y a un effet réverbérant dans la voix qui rappelle vraiment les vieilles productions rock de la fin des années 70 et début 80. Finalement, il y a la troisième du trio, qui est probablement la chanson que tous les rockeurs voudront chanter autour d’un feu de pneus en étant sévèrement affectés, la chanson acoustique To Be Drunk. À ce trio de choc pourrait s’ajouter l’hymne à ceux qui brulent la chandelle par les deux bouts, intitulée Death Train, qui est un autre des moments forts de l’album.

Il est important de spécifier que Living for the Roll reprend plusieurs chansons qui se retrouvaient déjà sur l’enregistrement précédent du groupe, Out With Rockers. Cependant, avec tout le dynamisme dans les performances et la production de ce nouvel effort, il est clair que les versions sur Out With Rockers sont maintenant désuètes et ont presque été rétrogradées au statut de démo! Living for the Roll est donc le nouveau point de départ définitif pour suivre ce groupe très coloré qui pourra accompagner les soirées arrosées de tous les rockeurs!

7.5

1
Burning Hot
2
Montreal Hooker
3
Sex Wolf
4
Out With Rockers
5
Death Train
6
Bad Motherfucker
7
Revolver
8
Living for the Roll
9
Leather
10
Hells Rock'N Rollers
11
To Be Drunk