Charred Walls of the Damned Cold Winds on Timeless Days
Critique par
Fred Laroche

Date de la critique: 24 octobre 2011
Compagnie de disque: Metal Blade
Date du publication: 11 septembre 2011

Quand Richard Christy a annoncé qu’il revenait à la scène musicale avec Charred Walls of the Damned, la communauté métal était toute ouïe, et pour cause! L’un des batteurs ayant contribué à possiblement l’un des plus prolifiques héritages métaliens de l’histoire était enfin de retour derrière sa batterie pour nous servir un métal songé, pensé, et surtout, ressenti. Ayant travaillé principalement dans l’ombre sur son premier album, il bénéficiait peut-être bien de l’effet de surprise mais il faut dire que le premier effort était d’une qualité à la fois impressionnante et prévisible, étant donné le personnel impliqué. Charred Walls of the Damned est de retour avec son deuxième album et, cette fois, malgré l’absence de l’effet de surprise, prouve que son métal de grande qualité présenté sur le premier album n’était pas un coup de chance! Cold Winds on Timeless Days est un pas vers l’avant dans à peu près tous les départements.

L’album ouvre avec une pièce portant une version « light » de titre de l’album, Timeless Days, sur laquelle il est possible d’être témoin de tous les éléments qui font de cet album un recueil très complet de poésie métallique. Il y a de la mélodie à ne plus savoir laquelle siffloter, et il n’est pas question de mélodie ringarde qui rappelle le Nintendo 8 bit ici, que des mélodies ambiantes, soutenues par une rythmique lourde et très dense. Évidemment, la principale contribution au côté rythmique de Charred Walls of the Damned est apportée par Richard Christy mais, cette fois, contrairement au premier album, Steve DiGiorgio est bel et bien audible! Ces deux mastodontes des basses fréquences s’en donnent à cœur joie pour s’assurer que le métal de Charred Walls of the Damned s’empile sur une fondation solide et ferme. Pour le reste, c’est riff après riff, mélodie sur mélodie!

Il serait totalement faux de penser que l’abondance de mélodie annonce un manque au niveau de l’agressivité. La preuve se présente d’ailleurs dans le premier extrait de l’album, Zerospan, qui comporte une sévère dose de vitesse vicieuse. Quelques blast beats, quelques solos où les notes se multiplient et s’empilent et nous en sommes aussitôt à une coupure épique et planante. Les pièces sur Cold Winds on Timeless Days sont à ce point complètes. Même Ripper Owens ne semble pas sur l’autopilote comme c’était le cas sur le chapitre précédant, en y allant d’une performance plus honnête et plus ressentie.

En réalité, on dirait le monde à l’envers. Avec cet album, Charred Walls of the Damned montre une fraîcheur et une fougue qui éclipsent l’impression de réchauffé que les groupes pour qui les albums se succèdent rapidement montrent souvent. Cela vient directement du fait que la formation a maintenant l’air de fournir un effort de groupe à part entière. Tout est à sa place. Il n’y a pas de « Regarde ça, je suis l’ancien batteur de Death et je suis capable de ça ». Pas plus qu’il n’y a de « Écoute comment je balaie bien mon manche… pas pire hein? ». Les chansons sont tout juste de la bonne longueur et les nombreuses parties s’enchaînent d’une façon suffisamment linéaire pour assurer un entrain infectieux. Heureusement, rien de cela n’empêche les membres d’avoir leur moment de brillance individuel.

Mis à part quelques petits passages qui ne rejoindront pas nécessairement tous les goûts, il n’y a pas de pièce de moindre valeur. L’album est d’une densité qui le rend appréciable sur toute sa durée et toutes les pièces ont tout à fait leur place, même placées sur la sélection aléatoire de n’importe quel Ipod appartenant à un métalleux. Cependant, malgré son côté accrocheur indéniable, il requiert tout de même un certain nombre d’écoutes puisqu’il est ficelé d’une façon dont les pièces sont difficilement discernables entre elles. Vu l’abondance des différentes parties et différentes humeurs qui se dégagent tout au long de l’album, le début et la fin de chaque composition devient difficile à identifier.

Le futur semble très prometteur pour ce jeune groupe de vétérans de la scène métal, surtout en considérant que Richard Christy ait exprimé ses intentions de rendre le groupe plus visible en l’amenant sur la route davantage. Avec l’originalité et la créativité dont fait preuve Charred Walls of the Damned, les amateurs de métal ne peuvent que sortir gagnants de découvrir et approfondir le groupe.

9

1
Timeless Days
2
Ashes Falling Upon Us
3
Zerospan
4
Cold Winds
5
Lead the Way
6
Forever Marching On
7
Guiding Me
8
The Beast Outside My Window
9
On Unclean Ground
10
Bloodworm
11
Admire the Heroes
12
Avoid the Light


Charred Walls of the Damned
2010