Anthrax Worship Music
Critique par
Francis Lucifuge
''Belladonna a travaillé en studio avec Anthrax et force est d'admettre qu'il est en grande forme''

Date de la critique: 28 septembre 2011
Compagnie de disque: Megaforce
Date du publication: 13 septembre 2011

J'ai contracté le virus de l'Anthrax à l'automne 1987 à la polyvalente lors d'un attentat durant mon émission de radio. Le terroriste a hurlé « I'm The Man! » et « I Am The Law! » avant de sauter dans le studio. Il est devenu mon co-animateur et j'ai donc agréablement souffert du virus jusqu'en 1992, année où Joey Belladonna fut congédié. Il en aura coulé de l'eau sous le pont noir du métal depuis. Véritable saga, l'accouchement du nouvel opus d'Anthrax est bien connu: constamment reporté dans les dernières années suite au départ de Dan Nelson et du retour de Belladonna, les pièces furent retravaillées et voici donc le premier album studio d'Anthrax depuis le très ordinaire We've come for you All paru en 2003.

Il y a un nombre incroyable de similitudes quand on regarde les carrières des plus grands bands métal. Ils débarquent avec un look et une attitude nouvelle, naïve, un son innovateur, plusieurs bons albums s'en suivent et arrive l'inévitable pente descendante. Le son change ainsi que le look, un mouvement de personnel vient tout bousiller, on fait des compromis et de « mauvais » albums sont pondus. On se ressaisit, fait un ménage, question de confirmer que l'on est pas mort, juste un peu errant. La gloire passée revient avec une nouvelle galette en main, constituant un point tournant d'une durée indéterminée. Ça vous dit quelque chose? Ça devrait, car 3 des bands (incluant Anthrax), qui forment le Big Four correspondent à ce profil. Ce qui m'amène à poser la question suivante: est-ce que Worship Music est le point tournant pour Anthrax?  Oui.

Débutant avec un interlude (nombreux et variés sur l'ensemble de l'album), Anthrax ouvre les hostilités avec Earth on Hell, une pièce intense et agressive qui confirme que les boys du Bronx sont de retour. The Devil you Know est aussi un des meilleurs titres de Worship. Elle est accrocheuse et fera rapidement partie des classiques d'Anthrax. 20 années se sont écoulées depuis que Belladonna a travaillé en studio avec Anthrax et force est d'admettre qu'il est en grande forme. Sa voix n'est plus tout à fait ce qu'elle était, mais l'émotion, la rage et le charisme sont au rendez-vous. Son registre est encore vaste. À preuve, sa performance sur Fight'Em 'Til you Can't nous fait oublier les paroles un peu simplistes et apprécier les différents falsettos qui ponctuent la pièce.

Tout le band semble rajeuni. On se croirait à l'époque du mythique Among the Living (1987), mais en plus mature. La production est nickel, Scott Ian a des riffs bourrés d'adrénaline alors que Rob Caggiano s'en tire très bien sur certains solos. La section rythmique est bien assurée par la fluide basse de Frank Bello et par les battements fous de Charlie Benante, un des batteurs les plus sous-estimés de la scène métal nord-américaine. Malgré quelques pièces qui traînent en longueur, il n'en demeure pas moins que Anthrax frappe fort et récolte une reconnaissance de ses pairs et des fans de par le monde entier. Ce virus est contagieux et le hochement rapide de la tête de haut en bas en est le premier symptôme.

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Worship