Le travail le plus intéressant d’un critique musical est certainement de décortiquer les albums de nouvelles formations. Il est encore plus agréable lorsque ces groupes proviennent de la scène locale. Ceci me demande par contre un effort particulier d’objectivité. En effet, lorsque je découvre un groupe venant de n’importe où, sauf d’ici, j’en venterais les mérites si tel était le cas, mais n’en ferait pas un plat dans le cas contraire. Cependant, s’il s’agit d’un groupe d’ici, les réactions sont toujours amplifiées.
Il y a un peu plus d'un an, je vous présentais un jeune groupe de Rimouski nommé Vortex. Premier album relativement satisfaisant, je terminais ma critique en mentionnant que j'avais déjà hâte au prochain. C'est donc en ce très enneigé début de décembre que j'ai le plaisir de vous faire part de mes impressions concernant la deuxième parution du groupe, In Movement.
Commençons par les formalités et regardons ce qui s’est produit durant ces deux dernières années au niveau des ressources humaines. Premièrement, un nouveau guitariste, Denis Couillard, s’est joint à la formation, portant à trois le nombre de guitaristes. Finalement, ça n’aura pas été trop long, Gabriel D’Amours prend possession du siège du tapageur et se charge des percussions. Parfait. Allons-y.
Pas d’introduction cette fois et on démarre immédiatement la scie à chaîne avec Room of a Thousand Deaths. Après cette première pièce, j’ai tout de suite retiré le disque du lecteur... J’étais certain que je m’étais trompé de disque. Ça sonnait beaucoup trop bien pour un groupe local. Bien vilaine réflexion de ma part et manque de foi total en nos producteurs et musiciens. Je ne sais pas pourquoi, lorsqu’un groupe vient d’ailleurs, je le vois toujours plus gros qu’il est et j’ai tendance à prendre pour acquis que notre pauvre province ne peut pas suivre.
Et bien c’est faux. Je sais qu’il y a beaucoup d’autres exemples et je ne veux rien enlever aux autres groupes. Disons simplement que j’ai la mémoire courte... Somme toute, ce nouvel album de Vortex possède une qualité sonore incroyable. Alors chapeau aux producteurs, mixeurs et à Vortex car, on le sait, il faut aussi que la source soit bonne... Mais la production n’est que la surface. Qu’y a-t-il plus en profondeur ?
Premièrement, de la brutalité. Une fois acclimaté, on y retrouve du Death mélodique bien québécois. Certains diront qu’on y retrouve aussi du Métalcore. À vous de décider. La ligne est mince. Histoire de mieux se situer, disons qu’on a une part Kataklysm, une part Devildriver et une part Quo Vadis. Je n’enlève rien à l’originalité du groupe en disant cela. Malgré qu’on nage en eaux connues dans la plupart des structures musicales, je me fais accrocher régulièrement par des « riffs » très efficaces, des revirements de situation (si vous me comprenez...) et des rythmes très lourds. Je n’ai pas l’impression d'entendre du réchauffé du tout.
Vortex ne tombe pas dans la voltige inutile et l’album s’écoute d’une extrémité du disque à l’autre sans embûches. Le chant de Nicolas Tremblay s’est amélioré depuis Imminence of Death et a gagné en puissance. Il reste un peu cru à mon goût, mais vu la saveur générale de l’album, je dois admettre que c’est approprié. Tout le reste est sans faute pour tout le monde. Mais où sont les solos? Bien que je sache que cette absence soit intentionnelle, je ne peux m’empêcher de reprocher ce petit manque. Peu importe le style, je crois que tout le monde s’entend pour dire qu’on aime les solos.
En terminant, un bon pas en avant pour Vortex. L’album coule mieux, les paroles sont plus intéressantes, la qualité sonore est là et on ne s’ennuie pas. Un peu plus de diversité au niveau du jeu des guitares et tous les ingrédients seront là. Mais ne me prenez pas au mot ! Allez sur leur MySpace et faites-en la découverte.