Faire deux choses à moitié résulte toujours en quelque chose de moins bonne qualité que de ne faire qu’une chose comme il faut. Gus G. a bien compris cela et a décidé de se concentrer sur le groupe Firewind. Jusqu’à très récemment, je vous aurais dit que je regrettais beaucoup la perte de Nightrage tel que je l’avais connu. Je me vois cependant forcé de vous avouer que la dernière édition de Firewind, puisse-t-elle être stable, a beaucoup plus à offrir à la communauté métal, même si dans un style complètement différent.
The Premonition, cinquième album du groupe et deuxième avec Apollo Papathanasio derrière le microphone, est tout simplement excellent, pour ne pas dire parfait. Je n’arrive pas à croire qu’après la montée fulgurante du métal dans les années 80, le raffinement et la variété que le genre a connus et la qualité de composition de plusieurs formations, on se retrouve avec des groupes et des albums de ce callibre et qui demeurent dans l’«underground».
L’effort d’écriture pour cet album a été considérable et pratiquement tout le groupe y a participé. Ça s’entend d’ailleurs très facilement puisque chaque chanson a une signature et une saveur très distincte, ce qui résulte en une écoute infiniment agréable et diversifiée. En aucun cas on ne se cache derrière le style. Chaque utilisation de vitesse, lourdeur, complexité, rythme, ambiance, etc. est judicieusement choisie, non-abusive et positionnée afin de rehausser l’effet désiré.
Dans le domaine du power/prog, on a souvent affaire à des situations du genre « on ne réinventa pas la roue, mais ça va vite, c’est flashy et le tempo est incompréhensible ». C’est très bien, mais parfois on a le goût d’écouter des chansons et pas d’assister à un « workshop » de musique. Firewind répond à ce besoin de façon tout simplement magnifique. On a distillé tout ce qui existe de bon dans le heavy, hard rock, power métal et progressif, et réutilisé les essences dans ce qui ne peut être décrit que comme du métal.
Ajoutez à cela un flair inouï pour les mélodies et les bons refrains, une production sublime, de la guitare exceptionnelle et une reprise parfaite de Maniac (par Michael Sembello pour le film Flashdance) et vous avez un portrait plutôt fidèle de The Premonition. Le seul aspect qui me retient de lui accorder la note parfaite est le travail, excellent malgré tout, d’Apollo Papathanasio. C’est un excellent chanteur je vous l’accorde, mais j’aimerais qu’il adopte un jeu de voix contenant un peu plus de coffre et de grogne. En fait, j’aimerais une approche plus agressive tout en conservant le reste.
The Premonition est le digne successeur à Allegiance et espérons que la tendance va se maintenir et qu’un semblant de stabilité va s’installer au près de la formation. Il s’agit d’un autre exemple que certains musiciens et compositeurs ont encore la musique à cœur. Le marché est inondé de bon musiciens et de virtuoses, mais rarement sont-ils capables de mettre leur talent à profit tel qu’on nous l’offre chez Firewind.