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Warrel Dane
  Praises to the War Machine :: 30 mars 2008

C'est au début de la décennie 90, des cendres du groupe Sanctuary, que naquit la formation Nevermore. Malgré une période difficile pour le métal, la nouvelle formation aura vite fait de se faire remarquer avec le jeu de guitare du virtuose Jeff Loomis et la voix tout à fait unique de Warrel Dane. Après avoir prêté sa voix à pas moins de sept enregistrements avec Nevermore, le chanteur nous présente aujourd'hui son premier album solo, tel qu'il l'avait promis il y a déjà quelques années. Après ce moment d'attente et toute l'anticipation autour de cette parution, il est rafraîchissant de se rendre compte que Warrel aura su rencontrer les attentes de ses amateurs, et même plus.

 

D’abord, puisqu’il est inévitable que cet effort solo soit comparé aux albums de Nevermore, voyons comment Praise to the War Machine s’aligne avec le reste de la discographie sur laquelle a chanté Warrel Dane. Un peu perdu entre la structure traditionnelle de l’éponyme et la sombre pesanteur de Dreaming Neon Black, cet album se démarque très bien grâce à sa variété. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un effort particulièrement complexe, la musique proposée par Warrel Dane comporte beaucoup de nuances et exploite à merveille les influences avouées du chanteur.  Dès son ouverture, assurée par une excellente pièce intitulée When We Pray, on comprend qu’il est question d’un album fortement influencé par le métal plus sombre, soit le doom métal et le métal gothique.

 

Le rythme généralement modéré de l’album nous guide à travers 12 pièces de métal qui se résument exactement à ce que l’on pouvait s’attendre de la part du chanteur de Seattle. Avec Messenger, August ou encore Obey, Warrel Dane exploite un son plus pesant, avec des gros riffs, des guitares lourdes et un soutient de basse présent. De ces trois chansons, Messenger et August sont d’excellents morceaux qui s’écoutent très bien alors que la pièce Obey passe un peu plus inaperçue avec une carence en éléments accrocheurs. Aussi, à ce point, on comprend que l’emphase n’a pas été mise sur le côté technique auquel les amateurs de Nevermore pourraient s’attendre. Une autre dimension de l’album est présentée à travers les chansons When We Pray, Patterns et The Day the Rats Went to War, qui est d’ailleurs le point culminant de l’enregistrement. Pour ce deuxième trio, la vitesse demeure modérée mais l’accent se situe surtout au niveau des riffs et du dynamisme général de la section rythmique.

 

Comme c’est également le cas avec Nevermore, les reprises sur Praise to the War Machine valent amplement le détour. Bien que Lucretia (My Reflection) du groupe de rock gothique Sisters of Mercy soit tout de même assez fidèle à l’originale, la reprise de Patterns, de Simon & Garfunkel, quant à elle, est méconnaissable. Le reste de l’album propose un voyage très introspectif de façon trop décousue pour pouvoir parler d’un concept, mais n’empêche que les pièces restantes sont toutes propulsées par ce lyrisme passionné dont seul Warrel Dane est capable. Les paroles percutantes sont chantées avec une voix qui traduit les émotions les plus sombres et les plus  négatives à la perfection. Même si certains pourraient reprocher au chanteur d’être trop dramatique à l’occasion, il est remarquable. Your Chosen Misery, Brother et This Old Man se décrivent comme de lourdes ballades un peu comme il nous avait été offert en Tomorrow Turned Into Yesterday.

 

Praise to the War Machine est, en bout de ligne, une offrande très solide qui a tous les ingrédients pour avoir un bon impact sur la scène métal. Des pièces plus accrocheuses aux passages lourds, en passant par les reprises, il y a définitivement de l’excellent métal pour qui voudra bien y porter une oreille. D’une écoute à l’autre, la marque laissée par les chansons est changeante. La musique transporte l’auditeur à travers une gamme d’émotions variées rendant l’écoute de l’album très intéressante.


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Critique par Fred Laroche
Note 8
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