Les amateurs de métal sont de très étranges créatures. En effet, bien que plusieurs n’hésitent jamais à lapider verbalement un groupe qui se répète de temps à autres en disant qu’il ne réinvente rien, d’autres louangent des groupes comme Vader pour sa grande authenticité et sa capacité à être continuellement égal à lui-même. Si AC/DC avait un homologue dans le death metal, ce serait sans aucun doute Vader. En effet, ce groupe polonais est l’un des premiers à avoir percé au sein d’une nation qui n’était pas reconnue comme l’un des plus grands exportateurs de musique et il sera parvenu à entretenir une carrière de trempe internationale pendant tout près de 20 ans. Après sept albums studio et quelques EP et enregistrements en spectacle, Vader est de retour avec son huitième album, Necropolis. Les amateurs du groupe savent à l’avance à quoi s’attendre et Vader rencontre une fois de plus ces attentes.
Le temps d’un roulement à la batterie et c’est parti, une demi-heure remplie d’intensité et de death metal bien rendu! L’album débute avec la pièce Devilizer et ce n’est pas de tout repos! Peut-être Vader a-t-il voulu se moquer du titre à succès de Britney Spears, Womanizer, en nommant cette pièce ainsi? Devilizer n’a pourtant rien d’un tube radiophonique rose bonbon destiné à atteindre le sommet des chartes! C’est du death, c’est lourd, c’est gras, c’est ça! Après cette ouverture plutôt modérée vient la pièce Rise of the Undead avec son cri d’introduction tout à fait typique à Vader. Rapidité, solos dépourvus de mélodie et saturés de tremolo, blast beat, tout y est! A ce point, on comprend que le niveau de musicalité de Vader n’a toujours pas augmenté. En fait, il se pourrait même qu’il ait légèrement diminué depuis Impressions in Blood. Necropolis est donc encore plus linéaire et minimaliste que les derniers efforts de Vader. Est-ce que cela en fait un mauvais album? Aucunement! Vader est justement ce genre de groupe qui fait des merveilles en ne grattant que quelques notes à une vitesse de train qui déraille. Cette approche donne naissance à des hymnes au headbanging d’une efficacité infectieuse. Par exemple, Never Say My Name, Impure et surtout When the Sun Drowns in Dark illustrent parfaitement le talent de Vader à tirer le meilleur d’un bon agencement de riffs simples mais diversifiés.
Tout au long de ses 30 minutes, Necropolis comporte quelques titres furieux mais l’ensemble demeure toutefois légèrement moins expéditif que des albums comme Litany ou Black to the Blind. Dans les plus rapides, il y a Rise of the Undead, We Are the Horde et brutale Blast. Le reste de l’album est plutôt modéré mais tout aussi intéressant. Ce qui est dommage en fait, c’est que sur la courte durée de l’album, Vader ait tout de même persisté à mettre deux pièces d’ambiance qui prennent à elles seules un dixième de son temps de jeu. Avouons que nous aurions volontiers pris une autre chanson! Outre ces deux longueurs, il y a aussi quelques passages un peu moins intéressants. Plus particulièrement, il y a Dark Heart qui est une pièce plutôt fade et peu mémorable comparativement à l’ensemble de l’album. En somme, le principal défaut de Necropolis est sa très courte durée qui rend réellement dommage de voir s’insérer des longueurs alors que l’album pourrait être si consistant! Pourtant, rien de tout ça n’enlève quoi que ce soit au fait que l’album renferme une fois de plus son lot d’incontournables!
Savez-vous ce qui est si exceptionnel avec Vader ? C’est qu’il n’arrivera jamais un moment où vous croiserez quelqu’un qui affirmera n’être fan que du vieux Vader. Personne ne dira jamais qu’il aimait le groupe avant qu’il ne devienne accessible puisque cela n’arrivera tout simplement pas. Vader est comme le vieux copain sur qui on peut toujours compter sauf qu’au lieu de nous amener aux danseuses, il nous saccage le visage avec du death metal brutal ! Sacrée vieille branche !