Mais où est passé le rock glamour ? Comment une musique dans laquelle tout se doit d’être plus grand que nature peut-elle disparaître sans laisser l’ombre d’un espoir de refaire surface un jour ? Apparemment, elle ne peut pas ! La preuve nous est servie droit dans les dents avec Angel Down, le tout nouvel album de Sebastian Bach, plus connu pour sa participation au sein de Skid Row à la fin des années 80 et au début de la décennie du grunge. Le problème est que le rock auquel Sebastian Bach nous avait habitué dans les années passés semble avoir eu une adolescence bien difficile, parce qu’il a drôlement mal tourné, et ce n’est pas nécessairement une mauvais chose ! Avant de plonger dans l’album en tant que tel, une leçon d’histoire pour ceux qui n’auraient pas suivi le cheminement du chanteur depuis son départ de Skid Row est de mise.
D’abord, Sebastian Bach a entretenu une carrière plus ou moins prolifique sous son propre nom avec une formation plutôt instable. Malgré quelques bons efforts, ce n’est pas à travers la musique que Sebastian Bach est demeuré sous les projecteurs pendant près de 12 ans avant de nous offrir Angel Down. De nombreuses apparitions dans le feuilleton américain ‘Gilmore Girls’ et quelques participations à des séries de téléréalité auront suffi au chanteur pour conserver le statut de rockstar. C’est en 2005 que le nom Sebastian Bach refait surface dans la musique underground avec sa participation au projet de métal progressif Frameshift. Donc, deux ans après ce projet, le rockeur nous revient avec un album solo à tout casser !
Dans le but de forger un véritable album de métal, Sebastian a rassemblé une bande de poids lourds des plus colorés. Au départ, le guitariste Ralph Santola devait être de la partie mais ses obligations envers d’autres groupes ne le lui ont pas permit. Cependant, il aura tout de même contribué à l’album au niveau de l’écriture. C’est donc Johny Chromatic, Bobby Jarzombeck, Mike Chlasciak et Steve DiGiorgio qui accepteront de jouer sur le nouvel opus de Sebastian. La tâche de produire un album avec tous ces mastodontes ne pouvait pas être remise à n’importe qui. C’est donc à ce niveau que la vraie star de l’album est le producteur Roy Z, qui a fait un travail remarquable pour qu’Angel Down devienne un classique du rock.
L’ouverture de l’album est assurée par une pièce au tempo modéré mais d’une pesanteur peu commune. La chanson qui porte le nom de l’album est donc très représentative avec la brutalité de son assaut. Ceux qui passeront directement de 18 & Life à Angel Down n’en reviendront tout simplement pas. Évidemment, il fallait l’obligatoire chanson rapide au refrain accrocheur pour faire sauter sur place les foules dans les festivals d’été. C’est probablement pour cela que You Don’t Understand a été écrite. Comme s’il avait fallu se débarrasser des clichés dès le départ, on retrouve une excellente reprise de Back in the Saddle, d’Aerosmith, en troisième position sur Angel Down. La participation d’Axl Rose sur cette reprise la rend plutôt intéressante. D’ailleurs, sa participation s’étend aussi sur Love is a Bitchslap et Stuck Inside. La première étant une pièce typique de rock bien sale alors que Stuck Inside nous ramène dans un groove de métal très lourd. Il faut d’ailleurs souligner l’effort hypnotique de Steve DiGiorgio sur la basse sans frettes, qui ajoute énormément à l’ambiance entrainante de la pièce.
À partir de là, ça va de mal en pire… pour le mieux ! C’est toujours plus pesant, toujours plus gras. Le riff d’American Metalhead a probablement déjà été utilisé pour aplanir de l’asphalte tant il est lourd. Comme si ce n’était pas assez, Negative Light poursuit avec un enchaînement de riffs vraiment accrocheurs, entrecoupés d’un des passages les plus lourds de l’histoire du métal. Negative Light est définitivement une pièce qui va défier les influences du temps !
Bien entendu, il était inévitable d’entendre le maître de l’art de la ballade rock nous chanter une ou deux pièces plus tranquilles. C’est donc à cet effet que By My Side et Falling Into You se sont retrouvées dans ce pot de métal en fusion. Ces deux pièces se retrouveront sans doute sur les "Compilations pour passer un bon moment avec le sexe opposé" de tous les amateurs de métal.
Même avec des compositions à tout casser, Angel Down n’aurait pas été aussi fracassant sans la performance acrobatique de Sebastian Bach, qui semble avoir apprivoisé à merveille sa voix vieillissante. Il pousse les mêmes notes qui l’ont amené au sommet dans ses débuts de façon encore plus lourde et agressive qu’avant. Comme si les amateurs de rock attendaient impatiemment le retour du Messie pour sauver le rock, c’est sous la forme d’un ange déchu que Sebastian Bach vient saccager la place avec tout ce qu’il aura pu trouver de plus lourd.
Il y a de ces albums qui, quelques dizaines d’années après leur sortie, sont appelés à devenir des classiques du genre. À ce jour, Angel Down est un solide album de métal. Reparlons-en dans 10 ans !