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Opeth
  The Roundhouse Tapes :: 25 janvier 2008

C’est dans le confort du Camden Roundhouse de Londres que l’illustre et unique prodige du « swamp metal », Opeth, a choisi de capter les échos sonores nécessaires à la production de leur deuxième album live, trois ans après Lamentations : Live at Sherpherd’s Bush Empire. Ce dernier était déjà un excellent reflet des capacités scéniques du groupe, mais accordait beaucoup d’importance aux chansons douces et envoûtantes de Damnation. The Roundhouse Tapes est beaucoup plus cru, rétrospectif et complet, surtout après la parution d’un album aussi grandiose et phénoménal que Ghost Reveries.

 

Le choix des chansons figurant sur l’album est ce qui frappe le plus. Faisant office à la fois de live et de best-of, The Roundhouse Tapes regroupe des morceaux choisis sur l’ensemble de la discographie du groupe. Le seul album qui n’est pas représenté est le brutal Deliverance ; une option judicieuse, si on se souvient que trois pièces ont figuré sur Lamentations.

 

Habilement construite, la liste des pièces donne un rythme parfait à l’œuvre. La rude When ouvre admirablement le spectacle avec une petite introduction simple et efficace. C’est Ghost of Perdition qui poursuit la montée, un titre maintenant bien connu qui figure parmi les plus grands « hits » du groupe, surtout chez les néophytes. Puis, le sympathique chanteur Mikael Akerfeldt introduit Under the Weeping Moon, une sublime création qui remonte au tout premier album d’Opeth, Orchid. Elle constitue un moment fort de l’album, puisqu’elle permet à une vieille chanson de renaître avec le son actuel du groupe. Suivra Bleak, qui constitue le premier climax du disque ; le clavier et la voix de Per Wiberg apportent une dimension éthérée à ce monstrueux succès. Après pareil assaut, la cadence descend avec la ballade progressive Face of Melinda, introduite à merveille par un interlude de guitares, à la grande satisfaction du public ! Enfin, c’est l’épique The Night and the Silent Water qui vient clôturer le premier volet de l’album.

 

Le deuxième disque de The Roundhouse Tapes est tout aussi bon. La tranquille Windowpane fait office d’ouverture, encore une fois présentée par les pitreries de Akerfeldt. Elle sera suivie par la brutale Blackwater Park ; elle n’atteindra toutefois jamais l’intensité de Bleak. Avant d’enchaîner avec l’ultime chanson du spectacle, Akerfeldt se paye encore une bonne séance d’humour en présentant les membres du groupe sur un amusant fond de « porn music ». Il faut admettre que le chanteur / guitariste est extrêmement habile pour interagir avec son public, et le fait sans exagérer. La table est donc mise pour que Demon of the Fall arrache tout sur son passage, dans un perpétuel contraste de douceur et de violence, de mélodies acoustiques et électriques, de chant harmonieux et de cris gutturaux.

 

Nous sommes donc à la merci du tourbillon envoûtant de sonorités death, black, jazz, heavy, progressives et rock. Le son du groupe demeure fidèle à ce qu’on connaît,

toujours enrobé de son inévitable aura ombrageuse au parfum de forêt d’automne. La production est naturellement impeccable, raboutant le grain un peu crasseux d’une prestation live et la chaleur des lampes d’amplification. Un excellent disque pour découvrir le groupe, pour se souvenir de chansons plus ou moins oubliées, ou tout simplement pour rocker méchamment dans un véritable marécage de génie musical.


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Critique par Jérôme St-Charles
Note 8.5
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  Auteur Jérôme St-Charles
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