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Megadeth
  Endgame :: 14 septembre 2009

Combien de fois les mots « retour aux sources » ont-ils été employés? Combien de fois ont-ils été employés à tort? En cette ère où la résurgence est chose commune et la promesse d’un retour aux racines se fait aussi fréquente qu’illusoire, est-ce que nos vieux amours ont encore autant de légitimité à tenter de nous servir cette infusion de métal en fusion pour lequel nous crions? Faites le tour, demandez à tout le monde, chacun aura sa version. Certains pardonneront la productivité d’Exodus au dépend de la qualité, d’autres excuseront l’accalmie dans la musique de Metallica alors que certains iront même jusqu’à défendre ce que Nuclear Assault produit aujourd’hui parce que Game Over était si bon! Pourtant, malgré quelques faux pas à la fin des années 90, tous devraient remercier Megadeth pour être resté intègre, à travers la controverse et les tendances oscillantes.


En effet, bien que l’album Risk ait été difficile à digérer pour les amateurs de Megadeth, est-ce que quelqu’un peut vraiment se plaindre que Dave Mustaine et sa bande l’ait vraiment laissé tomber? Entre l’inégalité de Cryptic Writings et le manque d’inspiration de The World Needs a Hero, il y a ce petit mouton noir nommé Risk qui fait office de creux dans la vallée des compositions de Megadeth. On peut ici parler de vallée puisque le groupe remonte la pente comme la flèche d’un indien apache chassant le bison depuis les premiers soubresauts engendrés par The World Needs a Hero et perpétués à travers de The System Has Failed et de United Abominations.


Voilà qui est une bien longue introduction à caractère historique à la critique d’un album qui ne pourrait être d’une plus grande actualité. Pourtant, avant de s’attarder à ce qu’Endgame vaut, il fallait bien donner une courte leçon d’histoire puisque c’est exactement ce que le nouvel album de Megadeth fait. Il regorge d'absolument tout ce que la carrière entière de Megadeth a eu à offrir d’une façon très mature et a peine prétentieuse, ce qui est spécialement notable pour le fameux Mustaine. Cela dit, il se peut que certains puristes crient à l’hérésie face à une telle affirmation en disant que le nouvel album ne sonne en rien comme Killing is My Business, mais ces pouilleux recherchent l’auto-plagiat et c’est tant pis pour eux… nous irons nous brasser la couette au prochain concert de Megadeth alors qu’eux téléchargeront les versions originales de Peace Sells…

 

L’image est claire? C’est pourtant simple, Endgame est ce que Megadeth sait le mieux faire. On parle ici d’un album de thrash technique et accrocheur mené par la guitare de Mustaine. D’ailleurs, il faudra consulter l’entraîneur personnel de Mustaine afin de connaître la routine du guitariste pour ne pas se faire de nœuds dans les doigts en jouant des riffs comme ceux de This Day We Fight ou Headcrusher. Ces deux titres nous ramènent tout droit à l’ère de Rust In Peace! Vous savez, le temps où vous écoutiez du Megadeth et rangiez votre guitare par découragement? Puisqu’on parle des vieux albums, nul ne pourra s’empêcher de penser à So Far, So Good, So What en entendant 1,320, qui ramène l’ambiance humoristique et satirique des hymnes aux gars de chars comme 502, par exemple!


Pour ce qui est du reste de l’album, on oscille à quelque part entre Countdown to Extinction et United Abominations. 44 Minutes est à Endgame ce que Die Dead Enough était à System Has Failed alors que The Hardest Part of Letting Go …Sealed With a Kiss est une version plus obscure de Promises. En somme, il y a des bons coups comme des mauvais… mais les bons coups laissent cependant de sévères ecchymoses. L’ensemble de l’album est agréablement bien rendu. En fait, il n’y a que deux choses qui clochent avec Endgame! Premièrement, Dave Mustaine parle beaucoup trop. Depuis The World Needs a Hero, rares sont les fois où nous l’entendons miauler comme dans la seconde partie de Holy Wars ou Take no Prisoners. Le deuxième accroc, et celui persiste depuis quelques albums déjà, réside dans les solos du second en commande de Dave Mustaine. En effet, Chris Broderick aura bien beau être un véritable docteur en guitarologie, il est toutefois à des années lumière de l’exotisme de Friedman ou l’excentricité de Chris Poland. Bien sûr, ses solos sont d’une grande qualité et démontrent bien l’étendue de ses aptitudes, mais on pourrait les comparer à la pitoune irrésistible rencontrée au bar… une fois l’histoire d’un soir consumée, on n’en retient absolument rien et on a hâte à la prochaine…

 

Tout compte fait, peu importe les attentes envers ce dernier venu dans la discographie de Megdeth, il serait drôlement difficile d’être déçu puisqu’il s’agit d’un album qui présente le meilleur de Megadeth alors que plusieurs croyaient que le meilleur était loin derrière.

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Critique par Fred Laroche
Note 8
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