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Dark Empire
  Humanity Dethroned :: 29 juin 2008

Une des facettes les plus stimulantes d'être un fanatique passionné de métal est découvrir des groupes qui passent en dessous du radar des amateurs un peu moins enthousiastes. Spécialement du côté américain, il semble qu'il y ait un fort mouvement pour le retour d'un métal un peu plus mélodique et exempt de clichés définis par les tendances actuelles. Suivant une structure mariant le thrash moderne et le métal progressif, la formation du New-Jersey Dark Empire fait partie de cette cuvée rare de groupes qui parviennent encore à pondre une musique originale dans cette ère où tout semble déjà avoir été fait.

Avec Humanity Dethroned, deuxième album du groupe, Dark Empire revient avec un produit qui démontre que l’expérience n’a rien à voir avec l’âge. En effet, malgré le jeune âge de la formation, on a droit à un métal dont le niveau de composition est de très haut calibre. De plus, Dark Empire semble définitivement avoir appris de l’expérience de leur premier album en nous en offrant un beaucoup plus mature et diversifié. Le haut calibre des jeunes musiciens de la formation et le créneau dans lequel ils oeuvrent pourraient ouvrir la porte à des prouesses plus démonstratives que mémorables mais, fort heureusement, cette voie semble avoir été évitée, et de très loin. Comme si Symphony X avait servi de canevas de départ, on entend un métal progressif très accrocheur, misant sur une structure relativement simple en la rehaussant d’une foule de textures qui en font une musique riche et originale.

 

Humanity Dethroned ouvre sur une pièce mélodique assez conventionnelle, qui fait d’ailleurs un solide pont entre le premier album du groupe et celui-ci. Eyes of Defiance est une chanson sur laquelle il est très facile d’accrocher. Un agréable solo mélodieux au début, de la variété dans les riffs, un rythme effréné qui offre quelques relâches dans les refrains, tous les éléments descriptifs de Dark Empire sont là pour établir clairement de quel bois ces américains se chauffent. Malheureusement, la première chanson suffit également pour mettre en évidence ce qui enlève toute l’originalité du groupe. En effet, peu importe à quel point ce jeune chanteur peut être talentueux, Jens Carlsson ne sera jamais plus qu’un clone de Hansi Kursh, de la célèbre formation Blind Guardian. Certes, sa voix fut la bienvenue au sein de Savage Circus, qui se voulait une alternative nostalgique à la tournure actuelle de Blind Guardian, mais dans Dark Empire, Jens ne fait rien d’autre que plonger l’auditeur dans la confusion. Il a pourtant une voix magnifique et elle est souvent mise à profit sur les compositions. Par exemple, une pluie d’éloges devrait lui être servie pour sa performance foudroyante sur No Signs of Life. C’est d’ailleurs dans cette pièce qu’il s’éloigne le plus des comparaisons avec son homologue allemand.

 

Avec Humanity Dethroned, Dark Empire prouvent qu’ils peuvent œuvrer à tous les tempos sans compromettre l’assaut pesant qu’ils visent à servir. Bien que les trois premiers titres de l’album se rangent plus du côté rapide, The Forgotten Sin ajoute du contraste avec ses progressions lourdes et son long interlude instrumental. Cette chanson, qui est la plus longue de l’album, est probablement la plus intéressante de tout le catalogue du groupe. L’écoute se poursuit avec Faded Dreams, qui pourrait très bien être distribué comme extrait radio de par son efficacité et sa simplicité. Le rythme regagne avec Salvation Denied et atteint son apogée sur Possessed (We Are One), qui comporte d’ailleurs quelques petits "blast beats" sournois.

 

Dans son ensemble, Humanity Dethroned est donc un solide effort qui démontre l’évolution, la compétence et le talent de composition d’un jeune groupe qui vaut définitivement le détour. On y retrouve une musique mature et sérieuse qui saura plaire aux amateurs de métal progressif bien exécuté et bien produit. La collision d’influences de toutes sortes rend l’écoute encore plus intéressante en alternant les passages thrash, progressifs et mélodiques en y ajoutant une pincée de death métal léger. Accrocheur à la première écoute avec ses mélodies et refrains mémorables, cet album comporte une bonne longévité avec toutes les subtilités et la diversité qu’il renferme. Si le groupe pouvait enfin trouver sa voix maintenant...

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Critique par Fred Laroche
Note 8
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  Auteur Fred Laroche
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