Après plus de deux ans d’attente, deux changements de batteur, diverses spéculations commerciales et quelques cours échantillons à se mettre sous la dent, voici le nouveau joyau de Ron Jarzombek : Blotted Science - Machinations of Dementia.
Ici, Jarzombek est accompagné par Alex Webster de Cannibal Corpse et Charlie Zeleny de Behold... the Arctopus. Tout comme Jarzombek, ces deux musiciens font preuve d’une habileté exceptionnelle. Une telle capacité est hors du commun.
Sur « The machinations of dementia », la rapidité du métal extrême rencontre les rythmes éclectiques du jazz. On a droit à des bombardements de cordes et de peaux à des vitesses prodigieuses, mais aussi à des passages plus lourds et accrocheurs conservant un aspect hautement technique. L’ensemble ressemble énormément à Spastic ink. Par contre, monsieur Jarzombek a cumulé près d’une décennie d’expérience depuis les débuts de son défunt projet, alors attendez-vous à un résultat plus mature. L’influence de Webster se ressent énormément puisque celui-ci a collaboré à la composition. On remarquera donc de nombreux passages death métal ici et là, question de faire grimacer les coeurs tendres. Sa contribution est plutôt humble, mais entièrement valable.
Les prouesses techniques de ce trio de métal instrumental impressionneront même les mélomanes les plus critiques. La précision d’exécution est parfaite et le son est énorme. Vous ne trouverez aucune erreur sur cet album, même si vous vous y appliquez avec obsession. Remarquez d’ailleurs les signatures de temps rocambolesques. Surprenantes serait un euphémisme. Webster et Zeleny sont presque toujours synchronisés dans un tourbillon chaotique de rythmes saccadés tandis que Jarzombek s’occupe des mélodies principales. La plupart du temps, on peut entendre deux guitares distinctes alors considérez le contenu musical comme celui d’un quatuor. Le groupe ne contient que trois musiciens, mais chacun possède probablement huit doigts par main ou, peut-être, un troisième bras.
Blotted Science s’adresse aux amateurs de métal technique et de death metal. Leur musique pourrait être perçue comme une nouvelle vague de death metal sans grognements. Tant de mélomanes se plaignent des voix death et refusent de s’intéresser au style à cause d’elles. Le temps est venu pour eux de se régaler ou de se taire à jamais!
Le disque est imprimé sur l’étiquette de Ron Jarzombek(Ecletic electric). Celui-ci souffre donc d’une distribution très restreinte. Les contrats de distribution se négocient assez lentement, mais le disque est quand même disponible directement par monsieur J., alors les intéressés savent où aller pour se procurer ce bijou de musique progressive extrême. En cette ère de musique numérique téléchargée gratuitement, le marché est très compétitif et le choix de s’auto-produire était probablement le meilleur choix pour Blotted Science.
Le concept de « The machinations of dementia » tourne autour de divers troubles psychiques. Il semble un peu étrange pour un groupe sans parole d’avoir un concept, mais réfléchir à l’imagerie d’un orchestre est une excellente manière de visualiser la musique et d’y porter un intérêt plus profond. Consultez le livret de docteur Jarzombek pour savoir de quel trouble vous souffrez ou avez souffert.
Totalisant près d’une heure de musique, The Machinations of Dementia est probablement l’album le plus consistant qui m’est tombé sous la main depuis longtemps. Statistiquement parlant, la quantité de notes et de coups donnés sur cet enregistrement est prodigieuse.
Parfait!