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Anima
  The Daily Grind :: 1 septembre 2008

La compagnie de disques Metal Blade semble avoir le flair pour dénicher la fine crème du courant actuel de death métal moderne. Avec les Black Dahlia Murder et les Whitechapel de ce monde, on remarque que la tendance du death métal américain est au mariage efficace entre la brutalité du death métal traditionnel et le dynamisme efficace du hardcore. Ces transitions, appelées ''breakdowns'', que rechignent les amateurs puristes les plus bornés, semblent drôlement plaire à l’ensemble des mordus de musique extrême. Étrangement, si la plupart des groupes de ce style sont de souche américaine, il aura fallu un groupe allemand pour nous arriver avec un produit qui se veut un fin mélange de brutalité, de mélodie et d’hameçons auditifs. Récemment signé sur Metal Blade, Anima offre son deuxième album, The Daily Grind, qui fera certainement certains remous sur le continent nord-américain.

 

Dès son ouverture, on se rend compte qu’Anima a l’intention d’être pris au sérieux. En effet, l’album débute très violemment avec Behind the Mask, une courte pièce qui comporte pas mal tous les éléments afin de bien représenter la musique du groupe. De par sa rapidité, ses riffs tantôt lourds, tantôt mélodieux, avec les nombreux changements de rythme et une voix qui oscille entre les basses gutturales et les cris aigus s’apparentant au black métal, ce morceau décrie une formule qui sera répétée pendant le reste de l’album. There is Something Vicious poursuit dans cette même lancée avec une redoutable efficacité. Sans réellement parler de haute voltige musicale, les jeunes membres d’Anima font preuve de beaucoup d’ingéniosité afin de garnir leurs riffs d’arrangements à plusieurs guitares ou d’harmoniques qui ajoutent de la pesanteur à une structure qui en aurait pourtant déjà bien assez.

 

Dans le département des performances individuelles, il faut immédiatement oublier les solos puisque les deux guitaristes sont loin de faire preuve de virtuosité dans ce département. Pourtant, la structure généralement complexe des compositions d’Anima démontre une très grande précision dans le jeu de guitare et, surtout, celui de la batterie. Finalement, la vraie vedette du groupe demeure le chanteur, Robert Horn, qui semble possédé d’autant de démons différents qu’il utilise de voix variées.

 

Vu les racines européennes du groupe, il est assez facile de s’attendre à une forte présence de passages mélodieux. Sur The Daily Grind, la mélodie est omniprésente dans les riffs qui pourraient rappeler, d’une façon assez subtile, ceux de At the Gates ou même quelques passages qui s’apparentent plus au black métal symphonique, sans le clavier. À l’exception de l’excellente A Wrong Person to Trust In, la mélodie n’est jamais réellement portée à l’avant plan dans un solo ou un duel de guitare, elle est tout simplement là, à travers la brutalité. Cet aspect est d’ailleurs peut-être ce qui nuit à la musique d’Anima. À la première écoute, il est bien difficile de voir une grosse différence entre les 9 morceaux proposés. Outre la pièce titre et A Wrong Person to Trust In, qui surprennent réellement, l’album manque peut-être un peu de variété. C’est précisément pour cette raison que les saccades sur The Daily Grind sont spécialement importantes puisqu’elles représentent les points de repère majeurs pour l’appréciation spontanée de la musique d’Anima. Avouons que The Daily Grind aurait grandement bénéficié de moments forts plus marqués puisqu’il est, somme toute, un album assez égal.

 

Comme la sauce à spaghetti dont toutes les familles semblent avoir la même recette sans que personne n’arrive au même résultat, le deathcore semble toujours avoir une nouvelle façon d’être présenté. Anima propose un mélange de quelques éléments dans lesquels excellent les plus grands noms du death métal actuel, en y ajoutant une délicieuse saveur européenne. Ce deuxième effort du groupe en est un qui risque d’intéresser beaucoup d’amateurs de Whitechapel, Black Dahlia Murder ou Suicide Silence. Un défoulement assuré.

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Critique par Fred Laroche
Note 7
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  Auteur Fred Laroche
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